Sida, s’il suffisait d’aimer

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Donnez contre le Sida

Il y a six mois, Christian, 21 ans, a appris qu’il était porteur du VIH.  Christian raconte au journal Métro qu’il a poussé la porte du laboratoire “par hasard”, suite à “un pépin de santé”. “Pourquoi me faire dépister ? Jamais je ne pensais pouvoir être touché un jour, raconte-t-il. Pour moi, le sida c’était une maladie d’un autre temps pourtant le sida ne fait pas partie du passé. J’en suis la preuve vivante“.

Le Sida n’est pas mort. Il court encore nos rues mais d’une certaine manière nous nous sommes habitués et de trop nombreuses personnes veulent finalement faire comme s’il n’était plus là.

Comme des petits enfants ils ferment les yeux se disant que s’ils ne peuvent le voir, lui non plus ne s’arrêtera pas sur eux. Et pourtant il suffit d’une seule petite erreur de jugement pour que leur vie soit totalement chamboulée.

Aujourd’hui il nous faut mener deux combats antinomiques : rappeler la dangerosité du sida, dire et redire que c’est une maladie assassine a bien des égards mais dans le même temps il nous faut lutter contre un terme abject la “sérophobie” qui mène à l’exclusion sociale des malades du sida.

Oui on peut vivre avec le sida, presque normalement… et c’est le presque qui peut être important dans cette histoire car outre la longue période d’acceptation de la maladie, il faut trouver le traitement adéquat, partager l’information avec ses plus proches, repenser sa sexualité, sa vie conjugale et vivre non seulement avec son traitement mais aussi avec les symptômes d’une maladie chronique et potentiellement mortelle. Il faut apprendre à supporter le regard des autres, leurs peurs et incertitudes car aujourd’hui encore un malade du sida n’est pas un malade comme les autres.

Certains pays interdisent encore aux porteurs du VIH l’accès à leur territoires semblant créer ainsi des camps retranchés bien affligeants tant dans le principe que l’efficacité pour lutter contre une pandémie. Toujours dans Métro, Michel, séropositif depuis 27 ans raconte : “Au début, certains médecins refusaient de me recevoir.  Heureusement, les choses ont évolué. Mais ce n’est pas une maladie classique. Dans la tête des gens, elle est liée au sang, au sexe, à des conduites fautives“. Et le témoignage de Christian rappelle qu’en 2013, les fausses croyances perdurent : “Lors d’une soirée chez des amis, une personne a refusé de me serrer la main. Je sais que je ne vais pas mourir tout de suite mais je vais vivre avec le regard des autres toute ma vie.

En 2011, environ 6100 personnes avaient découvert leur séropositivité . L’île-de-France, la Côte d’Azur et la Guyane restent les régions les plus touchées. Environ 30.000 personnes vivent avec le VIH et l’ignorent encore ce qui représente une véritable bombe à retardement. 

La moitié des diagnostics d’infection VIH est tardive, en d’autres termes la moitié des patients diagnostiqués sont porteurs depuis plusieurs mois du VIH. Il devient à ce titre urgent d’autoriser en France les tests d’auto-diagnostic. 

Les personnes diagnostiquées précocement sont le plus souvent jeunes, contaminées par un rapport homosexuel, alors que les personnes diagnostiquées très tardivement sont souvent plus âgées et contaminées lors de rapports hétérosexuels.

En ce qui concerne les modes de contamination, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont 2.400 à avoir découvert leur séropositivité en 2011. Les homosexuels restent donc la population la plus exposée en France. En 2011, il y a eu 3500 découvertes de séropositivité chez les hétérosexuels: 2400 nés à l’étranger (dont une majorité de femmes, 1400) et 1100 nés en France (donc une majorité d’hommes, 600).

Enfin, le sida ne représente plus qu’un quart des causes de décès des patients infectés par le VIH en France, sauf en Outre-mer où cette proportion reste de 36%. Les patients décédant désormais de causes diverses quand leur infection est contrôlée, une prise en charge multidisciplinaire et en particulier en ce qui concerne les cancers, apparaît ainsi indispensable. [source VIH.org article de Charles Roncier]

Alors rappelons un certains nombre de vérités sur la transmission du sida trop souvent oubliées. Parlons SEXE :

– il suffit d’UN rapport sexuel pour être infecté ;

– être “actif” dans un rapport homosexuel ne protège PAS du sida;

– être circoncis ne protège PAS du sida;

– être fidèle à son partenaire et avoir des rapports non protégé avec lui ne protège PAS du sida si lui (le partenaire) n’est pas fidèle;

– le Sida PEUT être transmis par une simple fellation à celui ou celle qui pratique la fellation avec ou sans éjaculation;

– la Sida se transmet par rapport entre un fluide et une muqueuse… il peut y avoir du “fluide” sans éjaculation et un simple “frottement” sur certaines zones telles que le vagin ou l’anus peut transmettre du fluide sans pénétration à proprement parler.

En d’autres termes le SEUL et UNIQUE moyen de se protéger du Sida est de mettre un préservatif pour l’ensemble des rapports sexuels, fellation inclue, et de vérifier que ce préservatif n’est pas périmé (augmentation du risque d’explosion) et qu’il est d’une taille adaptée, ni trop grand ni trop petit (risque de glissement ou d’explosion).

Le sida n'a pas de visage (note de l'auteur je ne connais pas ce modèle et ne sais rien ni de sa sexualité ni de sa santé ceci n'est qu'un exemple de "bogosse")

Faites un effort pour vous même et pour les autres et surtout quand on parle “sexe” ne faites confiance qu’à vous même. Quand vous croisez, Mesdames et Messieurs, l’homme de vos rêves beau, musclé au sourire dramatiquement superbe et qu’au moment le plus excitant il vous glisse à l’oreille “t’inquiète pas c’est la première fois, je me protège tout le temps” alors même qu’il essaye de conclure sans préservatif n’oubliez pas que 30 000 personnes vivent dans ce pays avec le VIH sans le savoir.

Et si par malheur vous avez craqué, ou si c’est la capote qui a craquée, alors pas d’hésitation ni de honte mal placée… allez dans les 24h, mais le plus tôt possible,  aux urgences de l’hôpital le plus proche, expliquez ce qui s’est passé et prenez le traitement d’urgence car dans la plupart des cas (l’immense majorité) il est efficace et il vaut mieux quelques semaines d’enfer médicamenteux que de passer le reste de sa vie sous traitement. Et si ça recommence quelques semaines plus tard alors il est temps de vous interroger sur votre rapport au sexe …

Une dernière chose, si vous le permettez, ce weekend c’est le sidaction.

C’est le moment de penser aux autres et de participer à l’effort collectif contre  cette saloperie alors soit vous appelez le 110 ou allez sur le site du sidaction et faites un don selon vos moyens, même 10 euros. Pensez qu’un don de 45 € permet de sensibiliser 100 personnes aux risques de transmission du sida alors qu’un don de 80 € permet de financer une journée de travail d’un jeune chercheur. En plus vous pouvez déduire 66% du montant de votre don de vos impots. Ainsi si vous donnez 80€ vous pourrez déduire 54€ de votre impôt sur le revenu… cela ne vous aura coûté que 46€.

 

 

10 thoughts on “Sida, s’il suffisait d’aimer

  1. Bonjour, je me permet de nuancer:
    “faire de la prévention à coup de menaces alarmantes comme quoi au moindre rapport bucco-génital on peut se retrouver malade, que sais-je, enceinte, avec des bubons sur les oreilles et des dents de vampire, attire sur la sexualité et les malades un voile supplémentaire de crainte et de méfiance. Évidemment qu’on peut choper cette saloperie par une fellation, mais quoi ? Le placarder au nom de la prévention sur tous les messages est-il une nécessité ?”
    car:
    – non
    on ne tombe pas enceinte ni choper des dents de vampires etc. en baisant sans capote
    = probabilité nulle

    mais:
    – oui
    on peut choper cette merde (et d’autres) dès la 1ère pipe ou autre contact.
    = probabilité PAS nulle.

    C’est justement toute l’utilité d’une communication objective visant à contrer la peur face aux malades de MST. Perso’ j’y adhère, et ça ne m’a pas empêché d’accueillir à ma table (en toute conscience) des gens qui sont morts du VIH actif deux semaines après.
    C’est la méconnaissance qui engendre la peur.
    Cordialement.

  2. J’insiste encore sur le sens de mon propos. Si je m’enfonce seul dans mes arguties scabreuses, c’est parce que je ne parviens pas à distinguer votre intention que j’ai comprise bonne chez vous et dans votre article de la tonalité encore et toujours alarmante, qui oui, attise les peurs et de facto nourrit l’exclusion, et que je veux en revanche pointer du doigt. Je m’explique : marteler une affirmation sans nuance que “le Sida PEUT être transmis par une simple fellation à celui ou celle qui pratique la fellation avec ou sans éjaculation” attise la peur. Pourquoi ? C’est pourtant l’épiphénomène de la contamination ! Alors oui je serais inconscient de dire : “c’est tellement infime, taisons-le”, d’où mon argumentaire chancelant. Mais sur votre tonalité j’insiste et reviens : vous vous faites l’écho d’un message effrayant qui, que vous le vouliez ou non, fait accroître la peur des gens au moindre contact avec la peau de l’autre, et provoque donc, dans l’inconscient collectif, le rejet volontaire ou pas des porteurs du VIH (je ne reviens pas sur la nuance plus médicale qu’importante entre porteurs du VIH et atteints du Sida). Car quoi ? Aviez-vous peur du loup pour ce qu’on vous en avait dit de mauvais quand vous étiez petit ou pour les dommages qu’il cause chaque année à l’espèce humaine ? La phobie du loup est irrationnelle car les apôtres de la prudence en ont fait l’exemple symbolique du danger et du mal. Ça n’enlève en rien qu’il est un animal potentiellement dangereux, mais vous en avez peur plus que de raison à cause de ce que l’on vous en a dit et il est injustement en voie de disparition aujourd’hui. Donc, même si le fond de votre message est bon : n’excluons personne, le SIDA n’est pas vaincu et arrêtez l’exclusion, je maintiens que le climat de peur et de mise en garde que vos écrits entretiennent est exagéré, que cette exagération provoque des craintes irrationnelles, lesquelles contribuent à l’exclusion des malades. Il serait d’ailleurs presque, en termes de morts causées, plus rationnel d’avoir la phobie de notre actuel ministre des Affaires étrangères que de la fellation… Mais là encore, le scabreux de mes arguties risqueraient d’en indigner plus d’un et nous éloignerait définitivement de notre propos.
    Qu’il soit bon ou mauvais dans ses intentions, l’Homme reste irrémédiablement homini lupus…

  3. Bref, la seule que je veuille dire et je m’enfonce dans les arguments plus ou moins heureusement formulés : vous êtes à mon sens extrêmement alarmants et contribuez d’une autre manière à stigmatiser les malades. Voilà ce que je voulais simplement dire.

    1. je crois que vous avez une lecture très partiale de l’article : vous dites “protégez-vous le plus possible, sans oublier de vivre, comme pour toute chose, avec précaution” et je dis “utilisez une capote pour les fellations” car, et vous avez raison, même si le risque est moindre, il existe, surtout pour celles et ceux qui ont de nombreux partenaires. Vous semblez trouver cela abusif que de le dire mais devrais je alors dire ” il s’agit peut-être de prendre des précautions nécessaires” ce qui me semble vouloir dire exactement la même chose sauf que là ce sont vos mots … Vous dites “je vous encourage à vous familiariser avec la maladie pour la savoir aujourd’hui à la fois extrêmement bien contrôlée, tout en la sachant toujours meurtrière.” et moi j’écris “Oui on peut vivre avec le sida” je crois avoir même écrit plusieurs articles en ce sens sur ce blog mais cela ne m’empêche de m’alarmer quand on constate qu’1 garçon sur 4 et 1 fille sur 5 auraient un premier rapport sexuel non protégé. J’ai le sentiment que vous avez pu penser que ma vision de l’utilisation de la capote était une forme de défiance à l’égard des porteurs du VIH quand à mes yeux l’utilisation du préservatif est un acte de sagesse pour soi et d’amour pour son partenaire qu’il soit ou non porteur du VIH et qu’il sache ou non s’il en est porteur. Il n’y a pas une once d’exclusion ou de stigmatisation là dedans bien au contraire ce qui peut paraitre évident à ceux qui me connaissent un tant soit peu mais ce sont là les aléas de la vie des blogueurs qui comme moi écrivent sous pseudo

  4. Merci de laisser chacun libre de penser ce qu’il retire de votre article et de sa perception de la maladie. Je redis et j’insiste, car là n’a pas été perçu le sens de ma phrase, que faire de la prévention à coup de menaces alarmantes comme quoi au moindre rapport bucco-génital on peut se retrouver malade, que sais-je, enceinte, avec des bubons sur les oreilles et des dents de vampire, attire sur la sexualité et les malades un voile supplémentaire de crainte et de méfiance. Évidemment qu’on peut choper cette saloperie par une fellation, mais quoi ? Le placarder au nom de la prévention sur tous les messages est-il une nécessité ? Quand adjoindrez-vous des pourcentages, pour dire aux gens que le risque est extrêmement faible ? Soyez honnêtes jusqu’au bout plutôt que de jouer des psychoses. Quand je vous lis, j’ai presqu’envie de ne pas embrasser un porteur du VIH. Or, je suppose que votre message était plus de ne pas en avoir peur. Donc non je ne suis pas agressif, je suis juste fatigué qu’au nom de bienveillance, on accroisse la peur des gens en l’alimentant d’approximations alarmantes. Vous l’avez même copié dans votre commentaire, le risque est beaucoup plus faible. Il ne s’agit pas du coup de sucer à tout va, il s’agit peut-être de prendre des précautions nécessaires, d’être conscient du mal causé par cette maladie, et d’espérer un jour la vaincre. Point. Oui vous pourrez tous la choper au hasard d’une piqûre malheureuse, d’une transfusion fabiusienne, ou d’un rapport inconsidérément non-protégé. Faites gaffe, n’ayez pas peur d’être contaminé à chaque frôlement de mains, et protégez-vous le plus possible, sans oublier de vivre, comme pour toute chose, avec précaution. Si je ne suis pas partisan de la banalisation, je vous encourage à vous familiariser avec la maladie pour la savoir aujourd’hui à la fois extrêmement bien contrôlée, tout en la sachant toujours meutrière. Mais soyez aussi pédagogues dans votre message que vous ne le seriez à l’égard de la traversée d’une chaussée. Arrêtez de dire qu’il ne faut pas la traverser, mais plutôt permettez aux gens de ne pas en avoir peur, seulement de bien regarder à droite, à gauche, et de traverser sur les passages cloutés. Vous verrez, la psychose sera moindre, et peut-être, la protection plus banalisée.

  5. via facebook
    Encore un excellent article où tout est dit ! C’est bien de rappeler la prévention des conduites à risques sans détour !

  6. Et évitez les amalgames porteurs du VIH et atteint du sida. Le sida est la phase active de la maladie. On peut ne pas en subir ses affres et être porteur.
    J’arrête de jouer les trouble-fêtes car je sais que ce post se voulait bienveillant. Attention, toujours, aussi aux formulations…

    1. Donovan l’agressivité de vos propos me semble au mieux mal dirigée. une fellation peut transmettre le sida c’est du moins ce qu’affirment les sites tels que AIDES ou affection.org qui ne peuvent être traités comme des ennemis de la cause comme vous semblez me considérer je cite : “Pour les contacts bouche-sexe ou bouche-anus sans préservatif (fellation, anulingus, cunnilingus), les risques de transmission du VIH ne sont pas nuls mais ils sont beaucoup plus faibles. Ces risques sont liés aux possibilités de contacts entre des liquides corporels susceptibles d’être contaminant (sperme et liquide séminal, sécrétions vaginales ou anales) et des muqueuses (intérieur de la bouche, tube digestif). Ils sont aggravés lorsque les muqueuses ou la bouche comportent des lésions (il est donc déconseillé de se brosser les dents juste avant ou après un rapport bouche/sexe).” Ces risques existent et permettez moi de dire et de répéter que de conseiller aux gens d’utiliser une capote pour une fellation n’est pas la négation de la sexualité bien au contraire c’est sa préservation … Pour le reste les termes que j’utilise sont probablement scientifiquement impropres ou inexacts et je m’en excuse platement mais ce sont ceux que l’on utilise dans la vie de tous les jours et cet article s’adresse aux gens qui comme moi peuvent se poser des questions chacun étant libre d’y apporter ses propres réponses et de faire ses propres choix. Si vous lisez cet article honnêtement et les autres sur la même thématique vous comprendrez mon étonnement PROFOND sur la nature de votre commentaire… vous vous tromper de cible

  7. Attention aussi à la psychose : une fellation peut transmettre le Sida, tout comme lécher la cuillère d’une personne qui saigne de la bouche alors qu’on saigne soi-même. Sans banaliser la maladie, on a très très peu de chance de chiper quoi que ce soit si l’on observe des règles de prudence minimales et nécessaires. Donc avant de tuer toute forme de pratique sexuelle à coup d’avertissements effrayants qui continuent d’exclure aux passage les séropositifs, merci de ne pas comporter qu’une fellation peut transmette le sida. Oui elle peut la transmettre, mais vous avez clairement plus de chance de mourir écrasé par un bus ou d’attraper un Canaveral avant vos 50 ans. Cet avertissement m’a profondément choqué.

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