Bouteflika, une page se tourne en Algérie

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Abdelaziz Bouteflika

article mis à jour le 16/12/2014

Le président Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé ce mardi 16 décembre 2014  à Paris, a appris elwatan.com de sources sures.

Il a été transporté en urgence par avion médicalisé dans la matinée. L’avion a atterri à l’aérodrome de l’aéroport de Bourget ( Paris). Le chef de l’Etat algérien serait, par la suite, transféré à l’hôpital Val-de-Grâce.

C’est la deuxième fois en un peu plus d’un mois que Bouteflika se fait soigner en France, après son hospitalisation dans une clinique à Grenoble, le 13 novembre dernier.

Le site Maghreb confidentiel avait rapporté que l’avion de Bouteflika est arrivé ce mardi en France.

C’était le déjà  le 27 avril 2013 que le chef de l’État algérien, âgé de 76 ans et au pouvoir depuis 1999, avait  été frappé par un “léger accident vasculaire”, provoqué par un caillot qui boucherait une artère et bloquerait la circulation du sang. Il a aussitôt été transféré à l’hôpital militaire du Val de Grace, à Paris, pour y subir des examens complémentaires. Le Val de Grace, c’est l’hôpital pour les VIP politiques français et étrangers proches de la France; c’est d’ailleurs ici que s’était éteint Yasser Arafat, probablement victime d’un assassinat par empoisonnement.

Au lendemain de l’hospitalisation en France du président algérien, son médecin assurait que son état de santé “évoluait bien”. Abdelaziz Bouteflika devait seulement poursuivre ses examens en France et se reposer, pour “récupérer de la fatigue occasionnée”. rapidement, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, avait rassuré le peuple qualifiant l’hospitalisation du chef de l’Etat d’ “accident de santé minime” … Pour autant l’hospitalisation se prolonge et surtout pas une seule image du Président n’a filtré pendant depuis son départ pour Paris… Il a purement et simplement disparu de la sphère publique algérienne. Dès lors les médias s’interrogent légitimement sur l’état d’Abdelaziz Bouteflika. Selon des spécialistes médicaux cités par la correspondante de FRANCE 24 Leïla Beratto, l’accident bénin du 27 avril pourrait avoir été suivi d’un AVC plus grave. “Cela peut arriver quelques heures plus tard, quelques semaines plus tard, ou même jamais, précise la journaliste. Mais cela pourrait être mortel ou paralyser gravement le président algérien.”

Plus le Gouvernement algérien semble s’acharner à minimiser la gravité de la situation, plus le peuple algérien est en droit de se demander si Abdelaziz Bouteflika est encore vivant ou plus simplement s’il est encore en état d’assumer ses responsabilités de chef de l’Etat.

Abdelaziz Bouteflika avait été opéré fin 2005 à Paris “d’un ulcère hémorragique au niveau de l’estomac”. Longtemps tenue secrète, cette hospitalisation avait été révélée et commentée un an plus tard par le président qui avait alors expliqué “qu’il avait été très, très malade” mais qu’il s’en était “sorti de manière absolument fabuleuse”. “Il faut cesser de parler de ma santé”, avait-il prévenu. Un vœu pieu puisque depuis cette date, l’état de santé du président Bouteflika fait régulièrement l’objet de commentaires dans les journaux algériens. Le quotidien algérien “El Watan” n’a d’ailleurs pas hésité à s’interroger directement sur la capacité du chef de l’État à gouverner. “Beaucoup d’observateurs estiment que le troisième mandat de Bouteflika était un ‘mandat de trop’. Terriblement diminué depuis 2005, le président affiche une posture presque pathétique de devoir sourire, même forcé, devant les caméras quand il est contraint par ses obligations protocolaires, signe que l’homme, connu pour son incroyable énergie, n’est que l’ombre de lui-même, il a pratiquement arrêté tout déplacement à l’étranger mis à part pour aller se refaire une petite santé… “

L’homme qui a obtenu un 4ème mandat n’est plus que l’ombre du héros de la guerre d’indépendance, de défenseur de la démocratie militariste algérienne qui fini par prendre le pouvoir en 1999 et mettra un terme à la discorde nationale entre laïques et islamistes, discorde qui plongea le pays dans les affres de la guerre civile avec son cortège de massacres et de mystères. 10 ans plus tard, au terme d’un coup d’Etat constitutionnel qui supprime la limitation du nombre de mandats, Bouteflilka se maintient à la tête du pays avec un score digne des républiques les moins démocratiques et comme d’autres avant lui il emprunte la voie périlleuse du vieillard malade que seuls son trône et sa couronne semblent encore préserver de la mort.

Pourquoi l’assourdissant silence du gouvernement algérien

Comme dans tous les pays où la démocratie est d’abord un mot murmuré sur les lèvres d’un peuple avide de liberté et de justice, les notables, dirigeants corrompus qui se nourrissent sur le dos de la population ont entamé la longue procédure de désignation du prochain visage de l’Algérie, ce visage qui sera donné au peuple pour qu’il le couronne à coups d’urnes pré-remplies, bourrées comme depuis si longtemps par les sbires du FLN.

En 1999 déjà, et malgré l’hostilité d’une partie de l’armée, c’est le chef de cette clique qui dirige l’Algérie dans l’ombre depuis des décennies, le général Toufik à la tête d’une poignée de 5 étoiles qui avait coopté le civil Bouteflika, après la démission surprise de l’ancien président le général Liamine Zeroual. Abdelaziz Bouteflika devient alors président dans un scrutin sans enjeu. Des posters et des affiches géantes de l’élu sont placardées partout, dans la tradition du nationalisme panarabe et du culte de l’image, où les autocrates syriens, égyptiens, irakiens ou tunisiens sont omniprésents sur les murs des villes et campagnes. Pourtant, Toufik, le véritable artisan de l’arrivée de Bouteflika et d’un régime islamo-conservateur à tendance nationaliste et libérale reste dans l’ombre et n’apparaît jamais. Véritable État dans l’État, le DRS, les renseignements militaire, a la mainmise sur tout en Algérie, le champ politique et économique mais aussi sur la scène médiatique, contrôleur en chef des images qui passent à la télévision, répartiteur d’agréments pour les journaux et distributeur de publicité par l’intermédiaire d’un bureau officiel au siège du DRS.

Il est investi de tous les pouvoirs, lutte contre la subversion, contre-espionnage, contrôle et surveillance des opposants, cadres et militants, possède des armes, un budget opaque et la prérogative judiciaire, pouvant poursuivre n’importe qui, tout en continuant selon la ligue des droits de l’homme à pratiquer la torture. Ses agents et «conseillers» sont partout : un représentant dans la haute hiérarchie de chaque ministère, entreprise publique ou administration, dans les comités de supporters et même dans le comité d’organisation du festival de la bande dessinée d’Alger. C’est au DRS que se décide de tout en Algérie et notamment c’est là qu’on discute ardemment aujourd’hui de l’annonce de la disparition ou de l’empêchement du Président; annonce qui ne sera faite qu’une fois qu’ils seront tous d’accord sur le nom du successeur…

France 24 rappelle que si leur président a reçu des soins dans un grand hôpital parisien, les malades algériens, eux, se sentent abandonnés. Quelques manifestants se sont rassemblés devant l’hôpital Mustapha Pacha, à Alger, le seul, dans tout le pays, à soigner ceux qui souffrent d’un cancer. Ils disent manquer de structures d’accueil et de prises en charge médicales. “L’état de santé du président ne m’intéresse pas !, s’écrie un des manifestants. Qu’il soit en bonne santé ou pas peu importe ! De toute façon, ils ne se sont jamais intéressés à nous”… Le journaliste pense alors que l’algérois en colère fait “référence à ceux qui se sont succédé jusqu’à présent à la tête de l’exécutif”... mais il se trompe : il fait référence à ceux qui en sous mains dirigent le pays depuis plus de 20 ans, ceux qui ont chassé Chadli Bendjedid, fait assassiner Boudiaf et pousser à la démission Zeroual. En Algérie les yeux se tournent vers les vrais dépositaires du pouvoir et leur chef Mohamed Mediène alias Toufik.

Qu’importe il reviendra  au peuple Algérien de se préparer à conquérir démocratiquement cette liberté si longtemps attendue.

Les présidents de la République Algérienne démocratique et populaire :

1962-1963 : Ferhat Abbas (démission du fait de désaccords avec son Premier ministre et successeur)

1963-1965 : Ahmed Ben Bella (renversé par un coup d’Etat)

1965-1978 : Houari Boumédiène (période de dictature qui prend fin avec la mort naturelle du Président)

1978-1979 : Rabah Bitat (assure l’intérim 45 jours)

1979-1992 : Chadli Bendjedid (candidat de l’armée, il est le militaire le plus gradé et le plus ancien dans le grade … il est renversé par les généraux “janvieristes” qui veulent empecher l’accession au pouvoir des islamistes)

1992 : Abdelmalek Benhabylès (assure l’intérim pendant 3 jours)

1992 : Mohamed Boudiaf (désigné par les militaires il est assassiné 5 mois après sa désignation)

1992-1994 : Ali Kafi (désigné par l’armée il doit démissionner 1 an et 6 mois plus tard sur injonction militaire)

1994-1999 : Liamine Zéroual (désigné en 1994, élu en 1995 il est poussé à la démission par l’armée 4 ans plus tard)

depuis 1999 : Abdelaziz Bouteflika (proche de Houari Boumédiène, candidat de l’armée élu en 1999, 2004 et 2009)

en italique des extraits d’articles de France 24

15 thoughts on “Bouteflika, une page se tourne en Algérie

  1. Ferhat Abbes n'a jamais été président de la république entre 1962 et 63 , par contre il a été président du GPRA de 1958 à 1960 ( sauf erreur de ma part dans les dates) Benhabylès n'a jamais exercé les 3 jours d'intérim en 1992, l'intérim lui était destiné mais il a fait valoir que le seul cas où le président du conseil constitutionnel qu'il était pouvait assurer l'intérim de 45 jours c'était le cas du décès du président ce qui n'était pas le cas. amicalement

  2. via facebook
    Si Enrico Macias parti lui rendre visite, s’est prononcé sur son état de santé le qualifiant de préoccupant et de grave alors que de l’autre coté une infirmière d’origine Algérienne l’ayant assisté durant les soins nous assurait de la stabilité l’état de santé du président, les Algériens doivent nécessairement comprendre qu’il y a manoeuvre politicienne de haut vol où l’odeur du mossad, des services Français et de certaine factions mafieuses Algériennes est en plein “concussion” pour décider du type de désordre à injecter dans notre pays.
    Mon espoir est de voir tous les Algériens unis comme les doigts de la main pour déjouer les complots qui se trament!

      1. via facebook
        c’est le cyclone qui la traverse mon ami. Espérons qu’il n’y ait pas de dégâts!

    1. via facebook
      Boutef n’a pas quitté l’hôpital, il a été transféré vers un autre hôpital, les invalides. C.est un hôpital dédié à accueillir les “grands blessés” de guerre de l’armée Française (boutef petit soldat français désormais)+ mouroir pour vieux militaires caduques (expression officielle, elle n,’est pas de moi). D’où le nom invalides.

  3. via Facebook Le président Bouteflika, s’il n’est pas au purgatoire pour son problème de santé, il l’est d’ores et déjà politiquement.
    Il semble qu’il y a un sérieux empêchement à ce qu’il revienne au pouvoir. Souhaitons simplement que ce ne soit pas le signe funeste connu ça et là comme déclencheur des dégâts et terreurs qui horrifient l’humanité toute entière!

  4. via Facebook
    croyez vous facile le travail d’un pre”sident ici ou ailleur par contre le travail de critique est tres facile pour faire kelke chose de bien pour son pays prenez de la graine des americains et leurs patriotismes ke chacun remplissent son devoir envers son pays et ebvers son frere algerien et ensuite seulement ensuite ki peu se permettre d(etre un bon critique le president a fait se qu’il a pu en verra se qu’il fera selui ki viendra apres il y aura tjour des critiques malveillants pour soulever un peuple a s’entre tuer

  5. via facebook
    Il n’y a plus rien à souhaiter. L’homme est au purgatoire. Puissent les Algériens en général, les pauvres en particulier et tous les malades morts pour ne pas avoir eu la moindre chance d’un soin humain, lui pardonner!!!!

    1. via facebook
      ne jamais se réjouir des malheurs des autres quelque soit la personne, souhaitons lui un bon rétablissement en tant que Musulman croyant !

  6. via facebook
    Souhaitons lui un bon rétablissement afin qu’ils fasse changer les choses !!!

    1. via facebook
      Hakim je comprend que tu aimes le pays l’ALGERIE comme nous tous,mais ne cachons pas le soleil avec un tamis(manghettouch echems bel gherbal) wach dar pendant 14 années au pouvoir pour espérer qu’il puisse faire quelque chose maintenant?

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