J’ai rencontré une Grande OEuvre Délirante Originalement Romanesque Récemment Ecrite

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Goedorre

Paris, ses rues, ses places, ses monuments, son métro et surtout… ses théâtres. Vous allez me dire pourquoi ses théâtres et bien probablement parce que la ville lumière compte un nombre incroyable de ces endroits où des gens se réunissent par dizaines, par centaines et même parfois par milliers pour assister, à nouveau, à un spectacle écrit il y a des siècles; ou pour participer à un nouveau spectacle, une création originale menée par quelques aventuriers de notre société contemporaines, des fous furieux qui persistent à vouloir gagner leur vie en enchantant celle des autres, ou en tout cas leurs soirées.

Je me suis rendu dans l’une des 200 salles de spectacles que compte la capitale, afin de découvrir l’un des 500 spectacles présentés chaque semaine aux spectateurs parisiens. La salle c’est le Brady 39 Boulevard de Strasbourg dans le Xème arrondissement. Le spectacle c’est en quelques mots : une Grande OEuvre Délirante Originalement Romanesque Récemment Ecrite ou en un seul mot GOEDORRE.

Le titre résume à lui seul l’ensemble de la pièce écrite par Jean-Michel Arthaud  et mise en scène par Nicolas Gille. Un immense délire qui nous projette dans un royaume sans nom dirigé par un vieux roi quelque peu lubrique et sa reine barbue. Ce dernier point n’est certes pas un élément essentiel du scénario mais une constatation de premier rang … aucun doute la reine à le poil,de la barbe, blond ! Quoi qu’il en soit le pitch est court : La reine et le roi sont inquiets; en effet, depuis la disparition de leur fils aîné, c’est à Théophraste, le cadet, que reviendra la tâche de gouverner le royaume à la mort de son père. Or, en tout état de cause, ce cadet là est un jeune à tous points de vue charmant mais intellectuellement et sentimentalement bloqué au stade de la pré-adolescence. Il convient dès lors de le dégrossir en l’envoyant à l’aventure avec son cousin, le chevalier au pectoraux saillants et au regard de braise tout de noir vêtu, que sans rien déflorer de l’histoire ni des acteurs vous reconnaîtrez comme étant  : le méchant ! (à prononcer avec un joli accent québécois)

A partir de là, chers lecteurs, il faut simplement se laisser aller, ne surtout plus réfléchir et simplement accepter de se laisser transporter dans plusieurs dimensions, celle d’un royaume magique peuplé de sorcières, de monstres, de princesses et de gardiens bien allumés; celle d’une troupe d’acteurs nord-américains perdue dans les bas-quartiers de Paris; celle d’un metteur en scène qui se transforme en une quinzaine de personnages différents peut être simplement pour montrer toute l’étendue de son talent tout en pouvant abuser, au gré du texte, de son partenaire le chevalier noir ! Ces trois énergumènes nous emmène en plein délire et l’on se laisse porter sans aucune retenue!

Le soir où mes comparses et moi même sommes venus, ils étaient donc trois en scène : Nicolas Gille, Ari Sellem et Thibaud de Montjoye. Ce sont de vrais “acteurs”, ca vaut la peine de le préciser puisque ce n’est pas toujours le cas. Et chacun dans son domaine aura été excellent. Pour commencer, non, Thibaud de Montjoye n’est pas qu’un beau gosse et cela même si chacun aura compris dans al salle  la stratégie du metteur en scène obligeant son acteur à se trimbaler la moitié du temps torse nu ! Son calme et sa voix grave en font le miroir déformant d’Ari Sellem, incroyable boule d’énergie qui m’a toute la soirée impressionné ! Reste Nicolas Gille dont je ne devrais pas parler puisqu’on ne parle pas de ses amis quand on fait un compte rendu comme celui ci ! Et bien je vais quand même le faire car depuis quelques années j’ai vu la plupart de ses spectacles et ce serait scandaleux de ma part si je ne disais pas qu’à chaque fois et bien c’est meilleur que la fois précédente. On a toujours tendance à croire que la première fois est la meilleure mais Nicolas semble en être le contre exemple : il faut y revenir régulièrement. Il se lâche avec un bonheur évident dans Goedorre changeant de personnage comme vous pourriez changer de caleçon, sans effort ni aucune retenue, s’amusant autant qu’il nous amuse !

Vous l’avez compris nous avons passer une excellente soirée alors il ne vous reste plus qu’à laisser votre sérieux aux vestiaires et de courir voir Goedorre au théâtre le Brady jusqu’au 27 juin tous les jeudi à 21h30 ou … à Avignon au théâtre la Petite caserne tous les jours du 8 au 31 juillet à 15h45 ….

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