Salle de Shoot : le Xème arrondissement à nouveau sacrifié sur l’autel d’une politique sociale minimaliste

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La première salle de shoot doit ouvrir dans un quartier déjà sinitré de Paris

Mise à jour du 6 aout 2012 : Le Conseil d’État vient de donner son feu vert à la plainte de l’association Parents contre la drogue qui conteste la décision du premier ministre de créer des salles de shoot.

C’est par une brève du Figaro qu’on apprend ce jour que l’association Parents contre la drogue a franchi un premier pas dans sa plainte contre la décision du premier ministre d’autoriser la création d’une salle de shoot. Celle-ci est censée ouvrir ses portes à Paris, au 39, boulevard de la Chapelle. Le Conseil d’État a reconnu, le 26 juillet, que l’association était «recevable à agir», même si la décision du premier ministre n’a été que «verbale» et reprise par l’AFP en février dernier. Les hauts magistrats ont par ailleurs estimé que la décision du chef du gouvernement n’était pas de nature réglementaire. Elle n’aurait, selon l’association plaignante, «aucune habilitation juridique». Le Conseil d’État a transmis le recours au tribunal administratif de Paris.

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Article d’origine :

Par Marie de Peretti, Vice présidente du Mouvement démocrate de Paris

Quelle mouche a donc piqué le Maire du Xème arrondissement?

C’est désormais officiel, la future salle de consommation de drogue dite « à moindre risques » sera implantée au 39 boulevard de la Chapelle, dans le 10e arrondissement entre Barbès et La Chapelle ; dans un quartier déjà socialement sacrifié, abandonné aux revendeurs en tous genres et tenu à l’écart de tous projets « d’envergures » de la Mairie de Paris. Le Tramway pour les 20ème, 19ème et 18ème arrondissements ; les voies sur berges rendues au piétons pour le centre de Paris ; un musée par ci par là mais pour le Xème arrondissement, en 12 ans de mandature de Bertrand Delanoë et sous la férule de Rémy Féraud, maire d’arrondissement à temps partiel : le centre d’accueil des mineurs sans papiers, la soupe populaire et une salle de shoot. Le Xème, quartier populaire aux portes du centre parisien, est enfermé dans un rôle de réceptacle unique de toute la misère parisienne, sacrifié sur l’autel d’une politique sociale qui tend à concentrer l’essentiel des problèmes dans nos quartiers.

Nous avons bien retenu les termes de « salle expérimentale» et de « santé publique » au travers des divers discours d’élus annonçant sans trompette la salle de shoot. Mais est-ce que toute expérience qui concernent des cobayes, fussent-ils « volontaires » par défaut, ne mérite pas que l’on s’arrête un peu sur la question ? Puis d’ailleurs, qui seront les cobayes de cette « expérience » ? Les personnes à conduites addictives, les familles du 10ème arrondissement ou encore les narcotrafiquants qui ont pignon sur rue ? Et puis surtout pourquoi avoir choisi cet arrondissement ? J’ai envie de dire cet arrondissement « encore » ?

Tout d’abord arrêtons-nous un instant sur la définition de « santé publique », bien que non exhaustive ici : « La santé publique serait l’art et la science de prévenir les maladies. » De ce point de vu nous comprenons que ce sont les personnes à conduites addictives qui seraient concernées. Cependant une campagne de santé publique ne fait-elle pas appel à un programme de sensibilisation, de sorte à réellement informer et recueillir l’adhésion de TOUTE la population concernée par un tel projet ? En son absence, faut-il comprendre que les réunions publiques organisées par Monsieur le maire ont vocation à combler cette carence ? Dans ce cas ce n’est plus de santé publique dont il faut parler, mais de santé politique !

On fait semblant d’oublier, d’effacer, les difficultés concentrées dans ce quartier de la Gare du Nord : prostitution, jeunes clandestins en déshérence, insécurité réelle et ressentie, pauvreté et insalubrité. On fait semblant d’oublier tout cela seulement parce que M. Delanoë a décidé que c’est dans ce quartier que seraient « les besoins »… Mais de quels besoins s’agit-il exactement ?

Il y en a tant qui sont restés en suspend dans ce quartier, que la consommation de drogue apparait non pas comme un besoin, mais comme une conséquence de l’abandon dans lequel est laissée la majorité des habitants du 10ème. Pas de grand plan d’urbanisme, pas d’accès à la culture populaire, pas d’accès prioritaire aux terrains de foot de la capitale pour nos jeunes, pas assez de places de crèche pour les familles, explosion de la mono activité commerciale …. Un quartier de plus en plus sale, des adolescents toujours plus nombreux à se prostituer aux abords des gares ; des logements insalubres où s’entassent de pauvres gens exploités ; des très jeunes enfants qui rentrent seuls de l’école parce que dans ce quartier peu de familles ont les moyens de s’octroyer des services trop onéreux pour leurs revenus ; des personnes âgées isolées qui tentent tant bien que mal de préserver leur autonomie dans un quartier qui les ignore ; deux hôpitaux saturés qui ne pourront pas assumer une charge supplémentaire ; deux gares où  commerces illicites entretiennent largement l’économie souterraine  …

Sur quelle planète vivent donc Messieurs Delanoë et Ferraud ? Eux qui osent dire qu’ils «  aiment » tant leur ville et respectent leurs administrés, sans même savoir ce qu’ils vivent au quotidien. Les deux élus voulant faire prendre des risques supplémentaires aux habitants, au seul titre d’une bonne conscience bobo qui tourne à la mascarade quand des quartiers entiers sont vidés de leur population authentiqueà coup d’explosion du prix au m2 sans aucune volonté de la ville d’y développer une politique de construction de logements sociaux. Peut êtrela majorité de ceux qui résident dans ce quartier sont-ils indignes d’intérêt, puisque sans les consulter au préalable, le Gouvernement à lui-même donné son feu vert pour cette « salle de shoot expérimentale ». Certes Rémy Féraud a bien réuni les associations financées et parfois fondées par ses soins et totalement affiliées au parti socialiste mais la population, elle, c’est dans les médias qu’elle apprend la nouvelle : Est-ce cela respecter les autres, et se rendre respectable ? Non, cela ressemble étrangement à du mépris !

les mensonges de la mairie de Paris sur la localisation de la salle

Ce que nous demandons ? De la considération pour la population, de la cohérence dans les actions publiques et l’arrêt d’un matraquage social du Xème arrondissement loin d’être au service de ses administrés.

Nous sommes favorables à l’expérimentation des salles de shoot mais pas n’importe où, et surtout après étude minutieuse des risques encourus pour la population. D’autres emplacements peuvent être étudiés par exemple dans le 3ème où il n’y a pas moins de consommateurs de drogues et sans aucun doute une population moins vulnérables. Ou encore près de l’HEGP sans doute mieux disposé par sa capacité à accueillir des patients supplémentaires.

Rémi Féraud, maire du 10e affirme sans même sourire : « L’endroit a deux avantages : il permet à Gaïa de travailler dans de bonnes conditions, et permet d’ouvrir une salle en s’éloignant des habitations, des écoles et des commerces, ce qui faisait partie des demandes exprimées durant la concertation ».  Je vous engage à aller faire un tour sur Google map et à regarder : les habitants de la rue de Chartres, juste en face ou encore les propriétaires de la boucherie du grand marché. Ceux là apprécieront d’être rayés de la carte par un maire qui semble ne connaitre de son arrondissement, que sa mairie et ses réunions « meet the people », deux ou trois fois par ans, escorté par une ribambelle de militants du parti socialiste.

Alors c’est vrai, une politique publique nécessite du temps pour la concertation, du temps pour la décision et du temps pour une mise en œuvre réfléchi, et pas seulement dans des salons loin du terrain. Et surtout, surtout AVEC les premiers concernés ! Prenons le temps d’agir avec responsabilité. Prenons le temps d’agir en tenant compte des besoins réels des parisiens, et non seulement en fonction de besoins aménagés au service de vos objectifs personnels sans plus d’analyse Messieurs les maires. Pendant ce temps continuons à aider les clients des narcotrafiquants à ne pas se surinfecter en leur fournissant du matériel à usage unique et les conseils avisés de soignants. Nous proposons donc, un camion mobile aménagé pour la circonstance qui circulera dans tous les quartiers de Paris.

Ce que nous voulons d’abord, Monsieur le Maire du 10ème, c’est que vous soyez vous et le maire de Paris solidaires de la population de Barbès et de La Chapelle en passant par Stalingrad, en vous impliquant contre ces dealers qui proposent de la drogue à nos enfants dès la sortie de l’école primaire. Parce que cela nous semble être la priorité en santé publique, ici dans cet arrondissement. Parce que cela contribuerait à nos besoins factuels que l’absence de vos statistiques actualisées ne démontrera jamais. Ces besoins d’humains qui vivent 24h/24H dans ce quartier et non pas seulement les cobayes désignés d’office par on ne sait quel expert de génie, selon un protocole de salle expérimentale qui reste à définir.

17 thoughts on “Salle de Shoot : le Xème arrondissement à nouveau sacrifié sur l’autel d’une politique sociale minimaliste

  1. via g+
    Il faudrait plus d’information pour le public des le plus jeune âge et parler du danger de la drogue du tabac le sida et faire des lois plus sévère pour les personnes qui conduisent en état d’ébriété drogue ou faire des SMS

  2. via G+
    Le principe est de prévenir des risques infectieux. Participer à l’action ne veut pas dire juger la légalité de la drogue ou pas, c’est juste..prévenir devant des états de faits. C’est pas parce que c’est interdit que le risque n’existe pas.

    1. via G+
      Rafika l’interdiction a la française on interdit mais on met en place des salles de shoot.
      Moi pour donner un exemple similaire la prostitution est interdite en france mais on taxe les prostituées pourquoi ne pas remettre les maisons close pour la sécuritée des prostituées et pour l’hygiéne préservatif balancé dans la nature
      Tout ça pour dire si c interdit c interdit 

      1. via g+
        e serais assez pour ce principe Franck..Rouvrir les maisons closes pour le même souci ( contrôle de l’hygiène et vérification des risques de contamination). Un principe de précaution…plutôt qu’une loi qui fera de toutes façon des polémiques. Il n’est pas interdit de prévenir des risques…

  3. via G+

    Est alors en france on peut vendre en toute l’egalitee les apparielles pour utiliser toute les drogues qui sont interdit de consomation en france j’ais vue sa dans plusierres magasins a lyon. Maintenant qu’ils ont créer la premiere salle de shoot a paris , ils on plus qu’a la legaliser comme ça il toucherons leur crom sur la vente…

  4. via twitter
    je suis pas d’accord avec ton analyse, justement c ds un quartier comme celui la que ce type de salle peut être utile

        1. de toute façon on a pas le choix faudra gérer la vie quotidienne avec mais c’est évident que ca ne va pas faire du bien au quartier

          1. je vois pas en quoi ça lui ferait plus de mal… plutôt que le faire dans les espaces publics ou les squats, c’est plutot positif et ceux qui viendront seront ceux qui se sentent en insécurité dans leurs lieux habituels dc +susceptibles de vouloir arréter ca créera une relation de confiance avec, indispensable pour pouvoir les aider.

          2. tout à fait, mais bon c’est déjà pas un quartier très sur
            c’est compréhensible, mais ce reste le meilleur moyen pour lutter contre l’usage des drogues dures

          3. ouais ben disons que quand tu habites dans le quartier tu as une vision disons différente 🙂

      1. fournir des seringues propres et régulièrement peut se faire sans une salle de shoot installée dans du dur il y a justement le système de bus pour ca

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