A Paris la chasse au Modem est lancée

Share
Marielle de Sarnez

Depuis mars dernier on sait que Marielle de Sarnez fera son retour dans la capitale à l’occasion des élections municipales. En 2008, elle avait conduit la liste Modem aux municipales parisiennes et avait d’ailleurs été la seule élue du parti au conseil de Paris, démissionnant deux ans plus tard pour se consacrer à son seul mandat de député européen.

Le bras droit de François Bayrou se lance donc dans ce qui s’apparente à une mission de sauvetage car, force est de le constater, le MoDem a perdu de sa superbe électorale à Paris. En 2008, un an après le score spectaculaire de François Bayrou aux élections présidentielles (20 % à Paris), une partie de la campagne avait tourné autour de son choix pour le second tour. Marielle de Sarnez avait refusé la main tendue de l’UMP mais n’avait pas réussi à convaincre Bertrand Delanoë de s’allier avec elle malgré un peu plus de 9 % des voix au 1er tour. C’est ainsi que le sort des candidats démocrates avait un peu varié selon les arrondissements. Il a ainsi manqué moins de 100 voix aux listes modem pour s’imposer au second tour dans les 1er, 6ème et 12ème arrondissements mais ils étaient bien présents dans les 5ème, 7ème et 14ème arrondissements. Depuis, c’est évident, le Modem décline dans la capitale : 8,31% aux européennes de 2009, 3,96% aux régionales de 2010 9,34 aux présidentielles de 2012 et 3,24 % aux dernières législatives.

Pour autant le Modem veut sentir le vent tourner et tirer enfin un profit électoral d’une cote de popularité qui reprend des couleurs. La plupart des électeurs reconnaissent aujourdhui, plus ou moins ouvertement, la justesse des propositions de François Bayrou et ce dernier fait désormais parti des trois seules personnalités politiques que les français jugeraient “compétentes” pour reprendre Matignon. Au siège de la rue de l’Université les choses sont claires : “On a des élus sortants, on une approche spécifique, on a un électorat. On a toute légitimité de défendre notre point de vue auprès des parisiens” explique Jean-François Martins, qui a succédé à Marielle de Sarnez au conseil de Paris en tant qu’élu du 14ème arrondissement.

Aujourd’hui créditées de 6,5 % à égalité avec Les Verts (6 %) et le Front de Gauche (6%) mais  devant l’UDI (5 %) et le FN (5 %) les listes du Modem doivent répondre à une question simple : avec qui faire campagne ?

le temps du choix viendra pour le Modem

Le Modem a perdu la plupart de ses cadres de centre droit qui ont rejoint l’UDI de Jean-louis Borloo à l’image d’Eric Azière, conseiller politique de Bayrou ou de Stéphane Cossé, éphémère président de la fédération Modem de Paris qui a mal vécu la campagne des législatives où, candidat dans un arrondissement de droite, tous les électeurs lui reprochaient le vote Hollande prôné par Bayrou un mois plus tôt. Pour autant tous les liens n’étaient pas coupés avec la formation de Centre droit et il se disait dans le petit milieu centriste parisien qu’un accord était signé entre le Modem et l’UDI pour des listes communes dès le 1er tour de scrutin aux municipales et aux européennes de juin 2014… Un accord qui en fait était “personnel” entre Marielle de Sarnez et Yves Pozzo di Borgo, sénateur, élu du VII ème et président du groupe UDI au conseil de Paris. Le problème c’est que Pozzo di Borgo a perdu l’élection interne de Président de l’UDI-Paris au profit de Patrice Gassenbach adversaire historique du Modem et tenant d’une alliance totale et dès le 1er tour avec l’UMP et surtout sans le Modem.

Pendant que l’UDI règle ses petites affaires internes les choses avancent dans d’autres coulisses et Marielle de Sarnez avance ses pions avec un seul et unique objectif : obtenir des élus quoi qu’il en coute car il en va de la survie du mouvement à Paris et plus largement en France. Le Modem doit retrouver le chemin des responsabilités et offrir des espérances à ses cadres. Pour ce faire, sa chef de file parisienne ne ferme aucune porte et discute discrètement directement avec l’UMP et plus particulièrement NKM qui est “modem compatible” pour une responsable de droite. C’est ainsi qu’à minima un pacte de non agression serait “signé” entre les deux femmes, De Sarnez restant dans le 14ème et NKM allant dans le 9ème avec, le cas échéant, des fusions de listes entre les deux tours.

Il s’agirait d’un véritable retournement d’alliance pour le mouvement démocrate qui après avoir participé à la chute de la maison Sarkozy pourrait s’allier avec son ancienne porte parole afin d’obtenir des sièges à Paris. Une telle perspective n’enchante guère le parti socialiste et sa candidate Anne Hidalgo qui sait pertinemment que le tournant à droite du modem parisien est idéologiquement contre-nature mais qu’il est la conséquence directe du mépris appuyé que Bertrand Delanoë a exprimé depuis 2008 à l’égard du mouvement centriste, fermant une à une toute les portes difficilement entre-ouvertes par Marielle de Sarnez.

La candidate socialiste a lancé une contre offensive le 12 juin en ouvrant la porte des alliances au second tour avec le Modem.

“Je souhaite une équipe progressiste, de gauche, écologiste à Paris”, a déclaré la première adjointe au maire de Paris, “le MoDem fait partie des progressistes et pas des conservateurs”. Elle a rappelé qu’en 2008 il n’y avait pas eu d’alliance au second tour avec le MoDem car cela avait buté sur “deux points”, dont le budget. “On verra” pour cette élection si c’est possible, a ajouté la candidate PS. Alors bien sur, Anne Hidalgo semble oublier qu’en fait la seule raison pour laquelle il n’y a pas eu d’alliance en 2008 entre PS et Modem c’est parce que Bertrand Delanoe avait exigé que Marielle de Sarnez annonce avant le 1er tour qu’elle le soutiendrai au second et cela avant même toute négociation sur le programme …

Le président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris, l’inénarrable et très “rentable” Ian Brossat, a dénoncé dans un communiqué mercredi la “danse du centre […] mortifère pour la gauche”  précisant que “depuis 2008, l’unique élu du MoDem n’a soutenu aucune des avancées progressistes voulues par la gauche parisienne […] Les communistes avec le Front de Gauche entendent faire de la prochaine mandature un levier pour de nouvelles conquêtes sociales en matière de logement, de services publics -autant d’exigences incompatibles avec les positions défendues par le MoDem”… Le dit élu au conseil de Paris Jean-François Martins, a pour sa part rappelé avoir voté plusieurs des projets emblématiques de la majorité municipale, comme “l’aménagement des voies sur berges, le plan climat, le plan déplacement”. Il a aussi voté des vœux en faveur du mariage pour tous ou du droit de vote des étrangers extra-communautaires… ce que Ian Brossat sait par ailleurs pertinemment…

Quoi qu’il en soit le Mouvement démocrate sait qu’il ne gagnera pas cette élection et qu’il lui faudra faire un choix stratégique d’alliances pour exister à Paris et que ce choix aura un impact national en vue des européennes du mois de mai.

4 thoughts on “A Paris la chasse au Modem est lancée

  1. via G+
    Ils sont cons. Pourquoi partir à la chasse au modem alors qu’il y a tant de boutiques Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free à Paris.

    OK, je sors –> [ -]

Répondre à Pierre G Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *