Au coeur de la haine il y a toujours un peu d’espoir… quand un roi de l’homophobie fait son coming out

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Homen : jeune homme anti-gay qui aime se balader à poil dans les rues de Paris

A quelques jours de la Gay Pride le déchainement de haine de quelques excités n’en finit malheureusement pas. Ils n’en reviennent pas de leur défaite législatives et attendent l’heure de la revanche, dans la rue, dans les urnes. Ce fanatisme anti égalité des droits a pris la forme d’une communication institutionnelle sur l’incarcération de Nicolas, jeune militant anti gay condamné à deux mois de prison ferme pour participation délictueuses à un attroupement, entrave à la circulation, et avoir donné une fausse identité afin de mettre en échec le casier judiciaire. Le jeune homme proclamé automatiquement “prisonnier politique” de l’année serait ainsi la victime d’une dictature homo-socialiste qui aurait laissé s’abattre une chape de plomb rose vif sur la République catholique de France. Pour un peu le Gouvernement envisagerait de remplacer la Marseillaise par YMCA et le drapeau tricolore par celui arc-en-ciel de la cause LGBT. Aux armes citoyens, la droite s’en va t’en guerre contre ces lois iniques et scandaleuses qui permettent de mettre en taule des jeunes hommes pleins de sève hétérosexuelle et à l’esprit apaisé par la juste parole de l’Église.

C’est bien sur oublier un peu vite que la loi qui a justement permis la condamnation de notre brave Nicolas a justement été initiée, défendue et votée par ces mêmes députés qui poussent désormais des hurlements de Spartacus brisant ses chaines, par ce même député de la Drôme, l’ignoble petit homme au pull jaune poussin qui va, drapé des couleurs de la République, visiter le dit “prisonnier politique” dans les geôles infâmes de la gayttitude gardées par la Gorgone Taubira. Mais Quid alors de l’application de la loi? est ce que cela a encore ne serait ce qu’un sens infime?

Heureusement le preux chevalier des avocats-rois des réseaux sociaux, Maitre Eolas, est là pour nous expliquer le pourquoi du comment un “jeanne d’Arc” moderne peut se retrouver au piloris de la République:

“Nicolas B a été en fait interpellé  le 25 mai, lors d’une manifestation non déclarée sur les Champs Elysées, au cours de laquelle il a participé à un blocage de la circulation sur les Champs Élysées, ayant nécessité l’intervention des gendarmes. Vidéo ici, on m’indique que Nicolas B. serait le jeune homme en short rose (en face du Queen, est-ce bien raisonnable ?). Il a été interpelé pour participation délictueuses à un attroupement, entrave à la circulation, et avoir donné une fausse identité afin de mettre en échec le casier judiciaire. […]

Aux Etats-Unis ils assument le message

Le dimanche 16 juin au soir, le président de la République était l’invité d’une émission de M6 […]. Une fois que la manifestation se disperse, un groupe de jeunes se dirige vers les Champs Élysées pour une manifestation impromptue. Parmi eux, Nicolas B. La police a manifestement reçu des instructions très strictes : pas de bordel sur les Champs. L’Élysée est à deux pas, et le préfet de police garde un mauvais souvenir de débordements de supporters. Les manifestants, pas très discrets, sont rapidement repérés et interpelés sans ménagement pour un contrôle d’identité (à ma connaissance, aucun n’a été placé en garde à vue hormis Nicolas). Voici des images de la manif et des interpellations.

Celle de Nicolas ne va pas aussi bien se passer. Poursuivi par 3 policiers, […] Il va se réfugier dans une pizzéria des Champs-Élysées où de la casse va se produire : tables renversées, vaisselle brisée, etc.. Il va selon les policiers se débattre lors de son interpellation et sera interpelé pour dégradations volontaires (les dégâts dans le restaurant) et rébellion : le fait d’opposer une résistance violente à un dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions pour l’application des lois. Il est placé en garde à vue pour ces deux délits. Or depuis la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, première loi sécuritaire voulue par Nicolas Sarkozy, une foultitude de délits donne lieu à prélèvement ADN, dont les dégradations volontaires, alors qu’avant, ce n’était que les crimes les plus graves et les délits sexuels. La même loi a étendu l’obligation de prélèvement aux fin de conservation des seuls condamnés aux personnes simplement soupçonnées d’avoir commis un des nombreux délits désormais concernés. Hervé Mariton et Marc Le Fur, qui ont annoncé leur intention d’aller visiter Nicolas B. en prison, en profiteront pour lui expliquer pourquoi ils ont voté cette loi à l’époque. Nicolas B. va refuser de se soumettre à ce prélèvement. Ce faisant, il commettra un délit que la même loi de 2003 a aggravé, en portant les peines de 6 mois à un an de prison et en excluant leur confusion. Merci qui ?

Et le plus beau est que finalement, le parquet renoncera aux poursuites pour dégradations, faute de preuve : il était impossible de faire la part entre ce que Nicolas avait détruit et ce que l’intervention des policiers a abimé. In dubio pro reo : Nicolas est blanchi de cette accusation. Et bien peu importe : depuis la loi de 2003, le simple fait d’avoir été un bref instant soupçonné le mettait dans l’obligation de se soumettre à ce prélèvement. Merci qui ?

Et cerise sur le gâteau, Nicolas va redonner Nomdemaman seul comme identité, ce qui n’est pas son vrai nom, qui légalement est Nomdepapa. Avec par dessus le marché le fait que ce jeune homme était déjà passé en comparution immédiate pour des faits similaires trois semaines plus tôt, et voilà une comparution immédiate décidée.” Vous retrouverez l’ensemble de l’article de Maitre Eolas dans son merveilleux journal qu’il faut lire et relire absolument !

La loi et rien que la loi, voici donc la réalité de cette histoire ridicule qui transforme un jeune adepte de la mèche rebelle du XVIème arrondissement en Nelson Mandela de la République homophobe, glorifié par ceux là même qui ont mis en place l’outil répressif dont il est la victime consentante et relativement stupide.

Publicité d’Exodus sur son programme de transformation des homosexuels

De l’autre côté de l’Atlantique les haineux perdent un combattant de poids en la personne d’Alain Chambers, président de l’association chrétienne Exodus International qui mène depuis 40 ans une lutte implacable contre l’homosexualité.

Parce qu’il ne doute de rien le président de la dite association s’est lâché (enfin) en une phrase prononcée la semaine dernière : «Toute une vie de honte est enfin terminée, je m’accepte enfin en tant qu’être humain. Comme le fait ma famille. Comme le font mes amis. Et comme le fait Dieu.» L’association s’était donnée pour mission de soigner les homosexuels pour les remettre dans le sens de la volonté divine : un pénis ne peut être en couple qu’avec un vagin, vision quelque peu simpliste de cette notion merveilleuse qu’est “l’amour de Dieu”.

Dans une étonnante lettre d’excuse à la communauté LGBT, Alan Chambers a non seulement reconnu son homosexualité mais a également expliqué qu’il était profondément désolé pour la souffrance et la peine que lui, l’organisation Exodus et l’Eglise en général ont pu causé à tant de gens : «Plus que tout, je suis désolé que tant de personnes aient interprété le rejet par de la part de chrétiens comme un rejet de la part de Dieu.» Dans le communiqué annonçant la fermeture de l’association, Chambers annonce la création d’une nouvelle organisation, appelée Reduce Fear, qui vise à transformer les Eglises en communautés «sûres et accueillantes pour tout le monde» et se consacrera «au dialogue entre la communauté LGBT et les personnes hostiles à l’homosexualité».

Sharon Graves, directrice du secteur religion pour l’association gay Human Rights Campaign, a indiqué que la fin de cette organisation allait épargner aux générations futures «un traumatisme psychologique et spirituel». Les voies du Seigneur sont donc impénétrables et dans quelques années nous lirons peut être le communiqué alambiqué où Frigide Barjot et Christine Boutin nous annonceront leur union débordante d’amour…

3 thoughts on “Au coeur de la haine il y a toujours un peu d’espoir… quand un roi de l’homophobie fait son coming out

  1. via FB

    LA PEDOCRATIE S’ETABLIT AU COURS D’UN COMBAT CONTRE L’EGLISE, LA MOSQUEE MAIS PAS LA SYNAGOGUE

    On voit trés clairement qu’ils présentent TOUJOURS leurs adversaires comme cléricaux, et en premier lieu l’Eglise, incarnation de la réaction homophobe opposée à l’égalité.

    C’est pourquoi demander à l’Eglise institutionnelle de se mobiliser plus contre le mariage homo est une erreur.

    C’est au contraire en s’élargissant au delà des milieux catholiques qu’elle pourra résister à la pédocratie. Il y a des opposants non catholiques à la GPA, ou à la bataille arc en ciel et ce sont vers ceux là qu’il faut aller.

  2. Son avocat, Me Benoît Gruau (lire son interview sur valeursactuelles.com), conteste les motifs tant de son arrestation que de sa condamnation : « Nicolas a été arrêté alors qu’il n’avait commis aucune infraction. De même, rien n’est prouvé sur la rébellion. […] Sur des images vidéo mises à disposition du tribunal, Nicolas apparaît comme très calme, ce qui rend douteuses les accusations de rébellion. » Un mandat de dépôt l’a conduit immédiatement à Fleury-Mérogis.

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