Man of Steel : des muscles, de la sueur, de la poussière et un superman qui retrouve ses origines

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De tous les superman de l'histoire, Henry Cavill est à l'image du mâle fantasmé du XXIème siècle

Superman est de retour sur nos écrans et il faudrait frôler l’autisme pour ne pas en prendre conscience ! N’écoutant que mon courage j’ai traversé le canal Saint Martin pour m’engouffrer dans une salle obscure afin d’observer en détails les efforts fournis par Henry Cavill en salle de sport… mais ne sautons pas les étapes …

Superman n’est pas un super-héros … il est l’incarnation du super-héros, icône culturelle de la nation à la bannière étoilée

Créé en 1932 par l’écrivain américain Jerry Siegel et l’artiste canadien Joe Shuster alors même que les Etats-Unis sont plongés au plus profond de la plus grave crise économique et sociale du XXème siècle, le personnage de Superman est essentiel dans l’histoire culturelle américaine et dans la sociologie même des États-Unis. Pour Umberto Eco, il est “le héros positif qui doit incarner, au delà de toutes limites, les exigences de puissance que le citadin nourrit sans pouvoir les satisfaire“. Pour autant, Superman va bien au delà de nos fantasmes de post adolescents : il est le symbole du “bien”. Guide d’une population terrienne en déshérence il est la réincarnation moderne d’un Jésus en collant moulant et slip rouge. Beau et gentil à bouffer du foin Superman ne maitrise pas le second degré, il n’a pas de part d’ombre et la seule question existentielle qu’il sera amené à se poser sera : dois je sacrifier la femme que j’aime (et oui Superman est hétérosexuel !) pour sauver l’humanité ? Question à laquelle il ne répondra jamais car on vous l’a dit, Superman peut tout faire donc à chaque fois il sauve les deux !

Dans les années 30 perdues par la corruption et la violence ce héros viendra symboliser les Etats-Unis dans toute leur splendeur. Des États-Unis où le gris n’existe pas. Il n’y a que deux camps : les bons et les méchants. C’est dans ce monde là qu’apparait Superman et c’est dans le suivant, celui des années 50 que sa popularité explose grâce à l’apparition de l’Empire du mal … l’URSS. Plus que jamais le monde est bipolaire, plus que jamais les américains se projettent en Superman, protecteur du Monde libre.

En 2013, Man of Steel s’inscrit dans la continuité du Superman des années 30

Zack Snyder, le réalisateur auquel on doit également 300 ou “Watchmen – Les Gardiens” avait prévenu les fan de Superman : il s’agissait de revenir à l’origine du mythe et de remettre tout à plat, de ne rien s’interdire… Alors autant le dire tout de suite, il ne s’est rien interdit mais il n’a pas changé grand chose non plus. Les fans du super héros ne devraient pas être déçus. Le premier degré n’est pas trahi par une quelconque volonté de profondeur ou de perspectives … Des méchants vraiment méchants, des gentils vraiment gentils (mais alors vraiment), des batailles de coups de poing dans la gueule que même Stallone est impressionné, des star dans tous les rôles secondaires, un bisou avec la langue mais pas en gros plan et l’Amérique profonde qui kif Sarah Palin qui en redemande à grands coups de “yeaaaaaaah”

En fait Zack Snyder prend le contrepied absolu de Christopher Nolan et de ses Batman. Les personnages sont vides et les quelques dialogues qui ont survécu sonnent tellement creux qu’ils résonnent encore dans mes oreilles … “je sais faire des choses que les autres hommes ne savent pas faire” et voici que toute la salle glousse alors que les yeux de braise du beau Henry Cavill cautérisent les plaies de la surprenante Amy Adams … fantasme ou moquerie personne ne le saura …

On a beaucoup de regrets à la sortie de ce film dont le scenario a  été soit bâclé à l’écriture soit sacrifié au moment du montage. Cette mode actuelle du flashback permanent est agaçante  comme toutes les modes quand elles ne sont pas maitrisées par l’auteur mais visent plus prosaïquement à masquer des trous béants dans une histoire et là, franchement, heureusement qu’on connait déjà tous les détails de la jeunesse de Clark sinon on risquerait d’être un peu pommés. Tout est fait dans ce film non pas, comme ce fut annoncé, pour reprendre l’histoire à son origine, mais plutôt comme s’il s’agissait d’un résumé mal ficelé de tout ce que l’on sait déjà. La comparaison dans le domaine avec Spiderman est particulièrement cruelle pour Superman.

Pour autant tout ne sonne pas faux dans le travail de Snyder. Ce qu’il n’a pas réussi à faire passer dans le scenario est une franche réussite dans la réalisation. L’ambiance sombre, humide et somme toute très triste semble tout droit sortie de l’imaginaire d’un habitant du Nord de l’Angleterre. Le portrait du cœur de l’Amérique est une vrai réussite et atteint ses objectifs. La terre est difficile, le monde est un espace de conflits, d’injustice et de pauvreté mais le peuple est bon, nourrit aux vraies valeurs de l’Amérique : travail, espoir et prières.

La vraie réussite du film réside dans son casting

On l’a dit Amy Adams qui interprète Lois Lane est vraiment surprenante. Elle est peut être celle dont le jeu sonne le plus vrai, incarnant le seul personnage potentiellement intéressant, intellectuellement parlant. A ses côté Henry Cavill ressemble un peu à un adolescent ayant abusé de stéroïdes. Alors autant vous le dire dès maintenant, je ne serai jamais méchant avec le bel Henry parce qu’avec son sourire enjôleur et sa fossette rebelle, je n’arrive pas à lui trouver de défaut. Alors peu importe si il surjoue un tantinet. Peu importe s’il ressemble parfois à un acteur en devenir, très satisfait de ses progrès … Henry on n’y touche, on le savoure … Je me permettrai néanmoins de regretter sa transformation physique en publicité vivante pour la créatine et le Club Med Gym … Mais que diable ont ils fait de notre beau Duc de la série Les Tudors ??? parce que la transformation est disons le absolument massive et donne à ce Superman un petit quelque chose d’adulte, de vrai mâle, que les autres n’avaient pas… mais bon on vous l’a dit il y a deux ans déjà : le poil est de retour !

Henry Cavill dans les Tudors en 2007
Henry Cavill dans Superman en 2013
Henry Cavill dans les Immortels en 2011

5 thoughts on “Man of Steel : des muscles, de la sueur, de la poussière et un superman qui retrouve ses origines

  1. @itsgoodtobeback moi-même je suis pressenti pour le prochain #JamesBond …. intelligence vive, charme, sportivité, modestie…of course.

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