Pierre Mauroy, statue du commandeur du socialisme français s’est éteint

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Pierre Mauroy est décédé le 7 juin 2013

C’est son successeur à Matignon, Laurent Fabius qui l’a annoncé à la presse : Pierre Mauroy est mort à l’age de de 85 ans. Sénateur du Nord pendant 19 ans, maire de Lille pendant 28 ans jusqu’en 2001, Pierre Mauroy restera comme le premier Premier ministre socialiste de la Vème République; l’homme des grandes réformes des débuts du premier septennat de François Mitterrand. Si pour la droite il s’affiche comme celui qui fit rentrer des ministres communistes au Gouvernement en pleine guerre froide, pour les Français il doit être celui qui mit en musique la dernière grande période de réformes que la France a connue : les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, la décentralisation, les nationalisations, la création de l’impôt sur la fortune, la retraite à 60 ans, la dépénalisation de l’homosexualité, l’abolition de la peine de mort, le remboursement de l’IVG et la libéralisation des médias audiovisuels… tel est le bilan de Pierre Mauroy.

Quel autre Premier ministre français peut s’enorgueillir d’une telle vague de réformes? en un mot : aucun … après lui. 

Mais Pierre Mauroy n’est pas né à la politique en 1981 : secrétaire général de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en 1966, il a connu une ascension fulgurante au sein d’une gauche française condamnée à l’opposition depuis le retour du Général de Gaulle en 1958. Il ne profitera pas longtemps de sa position puisque 3 ans plus tard la SFIO est victime du résultat désastreux de son candidat aux élections présidentielles (Gaston deferre se classe 4ème derrière les gaullistes, les centristes et les communistes. François Mitterrand reprend la main sur le mouvement en créant le Parti socialiste.  Pierre Mauroy refuse est battu d’une voix par Alain Savary et doit quitter ses fonctions de secrétaire général. Au congrès d’Épinay il est le seul à pouvoir affronter François Mitterrand mais il préfère le rejoindre. C’est à cette époque qu’Augustin Laurent maire de Lille le désigne comme dauphin. Il lui confie en 1973 la mairie que Pierre Mauroy abandonnera en 2001 à Martine Aubry. C’est comme ça dans le Nord, on ne se succède pas… on se coopte !

Pierre Mauroy et François Mitterrand en 1971

Député Maire puis Président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais Pierre Mauroy se retrouve à la tête de la puissante fédération socialiste, un faiseur de roi que François Mitterrand saura amadouer et utiliser pour abattre Michel Rocard dans un incroyable jeu de dupe. En 1979, le maire de Lille rejoint Rocard dans son opposition à Mitterrand mais il le lâche dès que Michel Rocard franchit le Rubicon et annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 1981.  Porte parole du candidat de toute la Gauche, il en devient naturellement le Premier ministre.Après un train de grandes réformes, ce que l’on appellera l’été rose de la France il devra faire face à l’explosion du chômage, de la dette et de l’inflation, conséquences directes de la crise économique (déjà) mais aussi d’une politique économique calamiteuse. Pierre Mauroy ne survivra pas longtemps aux grandes manifestations contre la réforme de l’école privée sous contrat. En 1984  François Mitterrand accepte sa démission et nomme Laurent Fabius  Premier ministre.

Homme d’influence au sein du parti il se retire de la scène publique à compter de 2001 et ne réapparaitra sous les projecteurs qu’en 2010 lorsqu’il sera condamné à 20 000 euros d’amende avec sursis pour abus de confiance dans le cadre d’une affaire d’emploi fictif à la mairie de Lille, seule ombre dans la vie publique d’un homme qui participa à changer notre pays.

 

 

 

 

4 thoughts on “Pierre Mauroy, statue du commandeur du socialisme français s’est éteint

  1. Pierre Mauroy restera comme l’un des grands artisans de l’union de la gauche. Aux côtés de François Mitterrand, il participa à la construction du Parti Socialiste et du programme commun, et c’est à ce titre qu’il fut le premier homme de gauche à diriger un Gouvernement sous la cinquième République. En tant que Premier ministre, il rassembla dans son Gouvernement l’ensemble des forces de gauche, pour accomplir plusieurs changements majeurs dans la société française : les 39 heures, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux sur le droit du travail, la création d’un impôt sur la fortune, l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité et tant d’autres réformes décisives. Enseignant de formation, il a également joué un rôle décisif dans le développement des organisations de jeunesse après-guerre. En fondant la Fédération Léo-Lagrange, il a doté notre pays d’un de ses plus beaux réseaux d’éducation populaire. C’est un esprit de solidarité et de justice qui l’anima toute sa vie, et qui lui permit de porter haut la voix du socialisme français au sein de l’Internationale socialiste, dont il fut le président. Toujours passionné par le débat d’idées, il a contribué à former intellectuellement, au sein de la Fondation Jean Jaurès, qu’il présidait, les jeunes générations de progressistes. Sa voix, inoubliable, nous manquera. Elle me manquera tout particulièrement. Nous devons aujourd’hui garder de lui ce souci constant de juger notre action à l’aune du progrès de justice qu’elle aura apporté. J’adresse à son épouse, à ses enfants, à toute sa famille ainsi qu’à ses proches, une pensée très amicale et très fidèle.

  2. via g+
    Un grand humaniste Français nous a quitté je me rappellerais de ses grandes réformes!!!!!!!!

      1. via G+
        Jean Luc scrignac un peu de respect ce n’est pas un chien uni est mort c’est une grande personnalité de la vie publique qui est décédé paix à son âme 

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