Quand la Polynésie française se transforme en Tahiti le temps de la coupe des confédérations

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Equipe de football de Tahiti

La Coupe des confédérations présente un intérêt tout relatif pour le public. Quelques brèves dans les journaux télévisés et puis sa passe, ça disparaît de nos écrans comme si de rien n’était.

En fait la compétition a été créée en 1992. Outre l’équipe nationale du pays hôte du tournoi et l’équipe championne du monde, les champions continentaux des six confédérations de football y participent . Il s’agit là des vainqueurs de la Coupe d’Afrique des nations, de la Coupe d’Asie des nations, du Championnat d’Europe, de la Coupe d’Océanie, ainsi que des vainqueurs de la Copa América et de la Gold Cup, qui sont les compétitions continentales de la confédération sud-américaine (CONMEBOL) et de la confédération d’Amérique du Nord et centrale et de la Caraïbe (CONCACAF).

Les deux premières éditions ont lieu en 1992 et 1995 sous la dénomination de championnat intercontinental, ou Coupe du Roi Fahd, et prennent la suite de la Coupe intercontinentale des nations qui oppose en 1985 les sélections championnes d’Europe et d’Amérique du Sud. Le tournoi est organisé à partir de 1997 par la Fédération internationale de football association (FIFA), qui le renomme à compter de cette année-là en Coupe des confédérations.

L’équipe du Brésil est la meilleure nation au palmarès de la Coupe des confédérations puisqu’elle remporte en 1997, 2005 et 2009 trois des huit titres mis en jeu. L’équipe de France se classe deuxième avec deux victoires en deux participations en 2001 et 2003, alors que trois autres sélections gagnent au moins un tournoi, il s’agit de l’Argentine en 1992, le Danemark en 1995 et le Mexique en 1999. Sa principale finalité est de permettre un filage au pays hôte du Mondial de football, à un an de l’événement. La 9e édition se déroule actuellement et  jusqu’au 30 juin au cœur d’un Brésil traversé par les émois de manifestations au caractère de plus en plus insurrectionnel, des manifestations qui veulent ramener les dirigeants brésiliens à la réalité d’un peuple en crise qui s’il aime le football souhaiterait tant qu’on s’occupe d’abord du peuple plutôt que de mettre toutes les ressources du pays au service de la prochaine coupe du monde.

Pour ce qui est de la coupe des confédérations, si les équipes participantes ont un niveau disparate, l’épreuve permet aux meilleures équipes de chaque continent de disputer un tournoi de niveau mondial même si elles n’appartiennent pas à l’élite du football. Et c’est exactement ce qui arrive à l’équipe de “Tahiti” qui éveille la curiosité sinon l’étonnement. Y compris celui du nouveau président de la Polynésie française, Gaston Flosse, qui ignorait cette participation. Celle-ci ne doit pourtant rien au hasard. Vainqueur de la Coupe d’Océanie en 2012, l’île a été conviée de plein droit à prendre part pour la première fois à une compétition en dehors de sa zone géographique. Le journal le Monde revient sur cette participation.

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Tahiti

La découverte du plus haut niveau par cette équipe, 138e au classement de la Fédération internationale de football (FIFA), a été brutale. Le 17 juin, à Belo Horizonte, dans le Minas Gerais, les “Toa Aito” (“guerriers de fer”) ont révélé qu’ils ne possédaient pas une défense du même métal en s’inclinant 6-1 devant le Nigeria. Le sélectionneur, Eddy Etaeta, avait fixé deux objectifs. Le premier – ne pas encaisser de but pendant une mi-temps – est vite apparu comme insurmontable surtout face à l’Espagne, jeudi 20 juin, qui lui a infligé un cinglant 10-0, trois jours avant de jouer contre l’Uruguay, demi-finaliste du Mondial 2010. Mais le second – inscrire un but – a bien été rempli et a comblé de joie les Tahitiens. La reprise victorieuse de la tête de Jonathan Tehau dans le but nigérian, à la 54e minute, a été célébrée dans l’euphorie. Sept joueurs, un genou à terre, se sont rassemblés et ont mimé un ballet de pagayeurs, en s’appropriant collectivement un rituel inventé par l’auteur du centre décisif, Marama Vahirua.

ECARTÉS DU MONDIAL 2014

Seul Tahitien à évoluer à l’étranger (à Panthrakikos, en Grèce), Vahirua est aussi le seul professionnel de l’effectif. Il est bien connu des spectateurs de la Ligue 1 pour avoir porté les maillots de Nantes, Nice, Lorient et Nancy. Le natif de Papeete aura pourtant attendu l’âge de 33 ans pour honorer sa première sélection contre le Nigeria. Auparavant, il avait été retenu six fois chez les espoirs tricolores, en 2001 et 2002. Mais à la différence de son cousin Pascal, Bleu à 22 reprises entre 1990 et 1994, il n’avait jamais été convoqué chez les A. Cette virginité lui a ainsi permis de porter les couleurs de Tahiti, qui avait pourtant obtenu son affiliation à la FIFA dès 1990. Officiellement, la sélection représente les cinq archipels de la Polynésie française mais elle ne comporte que des joueurs originaires de l’île du Vent, donc de Tahiti.

Marama Vahirua

Honnête, Marama Vahirua a avoué ne connaître qu’un seul de ses nouveaux coéquipiers, Xavier Samin. Le gardien de l’AS Dragon, club de Papeete et principal pourvoyeur en “guerriers”, fut un des héros de la finale de la Coupe d’Océanie, disputée le 10 juin 2012 à Honiara, capitale des îles Salomon. En battant (1-0) la Nouvelle-Calédonie, Tahiti empêcha pour la première fois ce trophée de revenir à la Nouvelle-Zélande ou à l’Australie – qui a rejoint depuis 2006 la Confédération asiatique. Ce fut la consécration pour une génération qui avait disputé, à la surprise générale, la Coupe du monde des moins de 20 ans en Egypte, en 2009.

Parmi les sept hôtes du Brésil, les Tahitiens sont malheureusement les seuls assurés de ne pas revenir pour le Mondial 2014. Ecartés en phase de qualification par les Néo-Zélandais, ils profitent donc de ce périple qui devait les mener au fameux stade Maracana de Rio puis à l’Arena Pernambuco de Recife. Et tout but inscrit devait être fêté triomphalement, même si l’arrière de la pirogue était voué à couler.

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Il n’y a que le football pour permettre à des nations disparues depuis longtemps, momentanément ou définitivement, de retrouver leurs couleurs. Tahiti comme l’Ecosse ne sont pas des pays indépendants et pourtant quand la coupe du monde débute on peut découvrir les mystère d’un match entre les équipes nationales d’Angleterre et d’Ecosse. La magie du football .

1 thought on “Quand la Polynésie française se transforme en Tahiti le temps de la coupe des confédérations

  1. Aujourd’hui Tahiti est bien préparée pour son rendez-vous historique en tant que pays hôte de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA. Directement qualifiés pour le tournoi qu’ils organisent, les Tahitiens ont multiplié matches amicaux et stages. Tahiti a également organisé et disputé le Championnat de Beach Soccer de l’OFC. Source d’inspiration, l’entraîneur-joueur Teva Zaveron, figure montante du beach soccer, a déjà joué pour la sélection tahitienne de football à onze.

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