Abdication du roi Albert II, la Belgique face à son destin

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Le Roi des Belges, Albert II

Nous sommes bien loin des Sissi et autre Victoria mais l’époque est aussi celle où les trônes chancellent face à la montée des nationalismes. Les souverains européens du XXIème siècle sont à l’image de leurs peuples, vieillissants.  Pour faire face à cette situation qui allonge sans cesse les règnes et coupe les souverains de la jeunesse, les rois et reines d’Europe ont trouvé la parade : l’abdication !

L’Union Européenne compte 28 Etats membres et  sept d’entre eux sont des monarchies constitutionnelles. En 2000 le Grand Duc Jean du Luxembourg âgé de 79 ans abdiquait en faveur de son fils, le Grand Duc Henri, aujourd’hui âgé de 58 ans.  Aux Pays Bas, c’est le 30 avril 2013 que la reine Beatrix (75 ans) a abdiqué en faveur de son fils Willem-Alexander (46 ans). D’autres monarques s’accrochent un peu plus à leurs trônes comme au Royaume-Uni où Elisabeth II fête son 87ème anniversaire la couronne bien visée sur sa tête et ce au grand désespoir du Prince Charles, jeune héritier de 65 ans… De même à Madrid règne Juan Carlos Ier, vigoureux souverain de 75 ans. A 67 ans, le roi Carl XVI Gustaf de Suède n’entend pas non plus lâcher l’affaire au profit de Victoria Bernadotte, sa fille qui fait office de gamine à tout juste 36 ans …

On pouvait croire qu’il en était de même en Belgique où le Roi des belges, Albert II (79 ans), semblait à bien des égards le dernier rempart du plat pays contre la division et à terme la scission. Ce rôle de symbole de la nation et de protecteur de l’unité de ce jeune et beau pays reviendra en fait à son fils, le Prince Philippe.

En effet, c’est à 18 heures que le Roi Albert II s’adressera à la population sur les quatre grandes chaînes de télévision du pays et leurs stations de radio pour annoncer son abdication, probablement au lendemain des célébration du vingtième anniversaire de son accession au Trône qui devraient s’achever pour la fête nationale le 21 juillet.

Le roi Albert II était devenu roi des Belges le 9 août 1993 après le décès inopiné de son frère Baudoin Ier en Espagne, frère qui n’avait pas eu d’enfant. Il est le sixième roi des Belges depuis la création du pays en 1831. Partisan d’une société multiculturelle, il dénonce régulièrement dans ses discours le racisme et la xénophobie et soutient activement le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Européen convaincu il a soutenu toutes les initiatives en faveur de la construction européenne, comme le passage du franc belge à l’euro ou la création d’une future armée commune. Croyant et pratiquant, il s’est toujours gardé d’afficher ses convictions religieuses et contrairement à son frère et prédécesseur a apposé sa signature sur tous les textes sociétaux tels que la loi dépénalisant l’euthanasie et celle autorisant les mariages homosexuels.

 Décrit comme un possible « roi de transition », il est désormais une figure consensuelle et sa popularité s’est considérablement accrue pendant la grande crise politique et institutionnelle de 2010-2011 qui dura 541 jours. C’est Albert II lui-même qui dut s’impliquer pour trouver une solution qui préserve l’unité belge contre les velléités séparatiste  de l’extrême droite flamande.

Moderne et respecté Albert II laisse le trône des Belges à son fils Philippe, un prince lui aussi jugé quelque peu effacé notamment en comparaison de sa sœur la très populaire princesse Astrid.

4 thoughts on “Abdication du roi Albert II, la Belgique face à son destin

  1. g+

    Beau geste noble respect votre altesse et plein de belles choses à votre fils Philippe 1 er

  2. g+
    Une place a prendre je me met sur la liste
    Je ne suis pas son fils aîné Hélas ou heureusement Lucwars 

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