Cette bourgeoisie écolo qui va dans le mur

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Un peu à l’image des Lib Dem britanniques, les Verts français ont réussi à obtenir en 2012 ce dont ils rêvaient depuis bien longtemps sans jamais en avoir les moyens : une place au soleil avec des ministres et des groupes parlementaires tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Ils se sont transformés l’espace de quelques années en “parti de gouvernement” un peu comme un adolescent vit une parenthèse enchantée de juillet à aout avant de rentrer tout penaud à son collège aux premières lueurs de l’automne.

Contrairement aux Lib Dem britanniques, les Verts ne doivent rien à leur propres résultats. Tout ce qu’ils ont leur a été donné par François Hollande et Martine Aubry suite au résultat enregistré par Daniel Cohn-Bendit et Europe Ecologie aux élections européennes de 2009. Comprenez moi bien : les 17 députés Verts ont été élus seulement parce qu’ils disposaient de l’investiture du Parti socialiste dès le 1er tour de scrutin. Même chose pour les 12 sénateurs élus dans des listes d’union avec le même Parti socialiste.

Ces sièges ainsi que les 3 portefeuilles de ministres dans le Gouvernement Ayrault ont été négociés, selon la bonne vieille méthode de la IVème République sur la base du poids électoral constaté lors des élections européennes de 2009 alors que Daniel Cohn-Bendit emporte sur son nom un succès national portant le rassemblement écologiste à 16,28% à juste 0,2% du Parti socialiste.

Depuis lors Europe Ecologie a été avalée par Les Verts, Cohn-Bendit écarté et le nouvel ensemble a obtenu 2,31 % des voix à l’élection présidentielle et 5,46 % aux élections législatives. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études politiques pour comprendre que le cycle des dérouillées électorales n’est pas encore clôt pour la bande à Cécile Duflot et Jean Vincent Placé. Pour ne rien arranger à leurs affaires, nos amis écologistes ont purement et simplement été contraints de renoncer à l’ensemble de leurs engagements électoraux notamment sur l’épineuse question de l’énergie Nucléaire ou encore sur l’avenir de la filière automobile. Illisibles ils le sont jusqu’à l’indigestion en soutenant un Premier ministre en semaine avant de manifester le dimanche venu dans ses terres nantaises contre un aéroport stupide aux cris de “Ayrault assassin” …

un fantasme pour Jean-Vincent Placé ?

Que reste t’il de l’écologie politique ?

Un immense désert peuplé de l’égo surdimensionné de pachydermes électoraux qui nient l’essence même de la démocratie républicaine : le suffrage universel direct. Ils sont opposés aux referendums et à l’élection du Président de la République par le peuple parce qu’ils sont convaincus que ce peuple est ignare. Le mépris profond qu’ils ressentent pour les gens les portent à s’imaginer en une nouvelle élite intellectuelle qui à l’image de Marx et Lénine doit accompagner la masse laborieuse sur les chemins d’une rééducation sociale et économique avant d’établir la démocratie idéale, celle où nous serions tous d’accord avec leur idéologie modernisatrice qui deviendrait la pierre angulaire de la démocratie. Le modèle institutionnel et politique est bien connu, il s’agit de celui de la République populaire de Chine où le parti a remplacé l’État.

Grâce à Jean Vincent Placé le masque de l’écologie politique tombe

On me trouvera dur à l’égard des Verts mais derrière l’apparente violence du propos il n’y a qu’une analyse et une retranscription des déclarations et idées du patron des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé qui dit les choses avec une cohérence et une franchise qui lui font honneur: « Je suis opposé à l’élection du président au suffrage universel direct, je suis opposé aux référendums » déclare t’il sur LCP en septembre 2012. “Les citoyens disposent de représentants qui sont élus justement pour se prononcer sur ces questions [en l’occurrence le droit de vote des étrangers aux élections locales] des représentants qui disposent des compétences et des informations quand les électeurs, eux, ne répondent jamais à la question posée“…

On retrouve cette version magique de Chirac avouant à des étudiants en direct à la télévision “je ne vous comprend pas“; cette fracture béante qui divise le peuple français et ses élite, cette fracture mortelle qui nous mène petit à petit sur le chemin de la révolte électorale et plus tard à celle de la rue. Parce que c’est là que se termine le chemin de croix tracé par l’aveuglement de nos élites politiques, culturelles, sociales et économiques. Cette bourgeoisie aveugle enfermée dans les faubourgs de Paris et déconnectée de la France réelle, cette bourgeoisie moderne et libérale qui refuse de comprendre que dans les plaines ardéchoises, sans voiture et donc sans essence on n’a plus de travail et que sans travail et bien on meurt.Cette bourgeoisie aveugle et repue qui refuse de comprendre que l’école n’a pas pour vocation d’enseigner la peinture et le libre arbitre mais qu’elle est censée former des citoyens et des travailleurs qui plus tard auront le loisir de trouver un emploi, participer à la croissance nationale et nourrir leur famille.

Cette bourgeoisie écolo parisienne  qui croit que le sud c’est Marrakech et qui rêve d’un New York idéalisé, construit un programme électoral où une salle de shoot est un outil de sécurisation des riverains, où le ciel de Paris doit accueillir un télésiège reliant les gares entre elles… cette bourgeoisie écolo gaucho,  elle va dans le mur et nous entraine avec elle.

 

5 thoughts on “Cette bourgeoisie écolo qui va dans le mur

  1. via fb
    Décidément ce type me plait beaucoup …. Qui ? itsgoodtobeback bien sûr ! sauf qu’à sa place j’aurai commencé par la conclusion,—-« Cette bourgeoisie écolo parisienne qui croit que le sud c’est Marrakech et qui rêve d’un New York idéalisé, construit un programme électoral où une salle de shoot est un outil de sécurisation des riverains, où le ciel de Paris doit accueillir un télésiège reliant les gares entre elles… cette bourgeoisie écolo gaucho, elle va dans le mur et nous entraine avec elle. »—– mais c’est un détail puisque je pense comme lui du début à la fin 😉

    1. via fb
      Bizarre … je pense immédiatement à une candidate aux élections municipales .. j’ai juste ?

  2. C’est marrant… a lire cet article… j’ai le sentiment que son auteur a suivi la même école de communication que Marine Le Pen: postulat de base instrumentalisé pour amener le lecteur là ou on veut a coup de grandes references societales et historiques pas toujours bien maitrisees….
    les verts ne sont pas la parce que hollande leur a fait ce cadeau… il s’en serait bien passé… mais ils sont bel et bien la en raison de leurs bons resultats precedents… le ps ayant parfaitement analysé la notion de pote tiel électoral et la specificité de leurs résultats presidentiels… m’enfin….

    1. Yazan la méthode de communication est éprouvée … on commence par comparer l’auteur à Marine le Pen et la messe est dite… lire ce blog vous apprendrait qu’on est ici à des années lumières du FN mais qu’importe puisque l’accusation était justement une simple pirouette de communication.
      pour le reste c’est à dire l’argument “potentiel électoral des Verts” c’est une blague … si les Verts n’avaient pas d’alliance avec le Ps ils n’auraient aucun député … les Verts sans Daniel Cohn Bendit sont systématiquement sous la barre des 5 %

  3. Bonne analyse! Ils st en grande partie responsables de la coupure de la gauche avec les classes populaires en contaminant le ps

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