Les étoiles de la natation française : retour sur des dieux ephémères

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Les jeux olympiques de Paris en 1924 pour oublier le fiasco de 1900

La victoire de Yannick Agnel aux championnats du monde de natation organisés à Barcelone me donne une nouvelle occasion de revenir sur la natation française et ses succès. Pas seulement parce que c’est vendeur pour ce blog mais aussi parce que ce sport fut à peu près le seul que j’ai aimé pratiquer il y a de cela de nombreuses années. C’est peut être là l’un de mes seuls regrets dans la catégorie : si c’était à refaire, je le ferais autrement mais c’est une autre histoire…

Surtout, la célébrité sportive est une chose assez fugace. On découvre, on célèbre et l’on oublie. La star d’un jour, héros olympique disparait dans les limbes de l’histoire sportive et finalement les plus chanceux ne sont plus connus que pour être des « commentateurs » appréciés… Quel âge faut-il avoir pour se souvenir que Bernard Thévenet qui analyse le Tour de France sur France 2 n’est pas journaliste mais coureur cycliste qui a non seulement remporté le Tour de France en 1975 et en 1977 ; mais qu’il est aussi le « tombeur » d’ lors de l’étape de Pra Loup du Tour 1975.

C’est parce que nous avons la mémoire qui flanche que j’aimerais remettre sur le devant de la scène les stars françaises de la natation. Commençons dans ce 1er article par les champions olympiques, celles et ceux qui depuis 1900 ont reçu la médaille d’or aux jeux olympiques et qui ont fait résonner la marseillaise dans les stades du monde entier :

Il y a Charles Devendeville, médaille d’or au 60 m nage sous l’eau lors des Jeux de Paris en 1900. Je n’ai pas retrouvé sa photo donc si une âme charitable en a une je l’ajouterai à l’article. Ce champion enrôlé au 1er régiment d’infanterie va mourir de blessures de guerre le 19 septembre 1914 à 32 ans.

Jean Boiteux rejoint par son père dans la piscine olympique en 1952

Il faudra attendre 52 ans avant qu’un jeune homme au regard bleu face basculer le cœur des français et chavirer de bonheur son père dans la piscine olympique d’Helsinki où Jean Boiteux emporte la médaille d’or sur 400 m nage libre. Champion des champions de l’année 1952, Jean Boiteux deviendra Conseiller technique régional (CTR) auprès de la Fédération française en région Aquitaine jusqu’à sa retraite sportive. Il décède en 2010 d’un accident domestique dans la région bordelaise.

Laure Manaudou, une femme en or massif

Là encore l’attente fut longue et douloureuse… Imaginez donc qu’une fois encore la médaille d’or suivante ne viendra que 52 ans plus tard mais marquera cette fois le début d’un âge d’or de la natation française grâce à son icône : Laure Manaudou qui emporte le 400 m nage libre aux Jeux d’Athènes en 2004. A 18 ans à peine Laure s’impose comme le visage du renouveau de la natation française dont les bonheurs olympiques se résumaient à des médailles de bronze et d’argent. Médaille d’or olympique sur 400 m en 2004, Laure emportera, nous y reviendrons, deux titres mondiaux sur la même distance en 2005 et 2007 et un autre sur 200 m en 2007. Elle ouvre la voie aux stars actuelles de la natation française, à commencer par Alain Bernard.

C’est en 2008, aux Jeux de Pékin qu’Alain Bernard emporte la consécration sur 100 m nage libre en 47 s 21 devant Eamon Sullivan. Il est le premier nageur de l’histoire à couvrir la distance en moins de 47 s, avec un temps de 46 s 94 réalisé le 23 avril 2009 à Montpellier. A la retraite depuis 2012 il va réapparaitre immédiatement dans notre classement car le gaillard s’impose une seconde fois 4 ans plus tard en 2012 à Londres cette fois dans le relais 4 X 100 m nage libre avec ses camarades de jeux Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert, Yannick Agnel, et Jérémy Stravius. Parmi eux, comment ne pas s’arrêter une seconde sur Yannick Agnel qui double ce succès avec la même année la médaille d’or sur 200 m nage libre. Agnel en haut de l’affiche, Agnel super star depuis lors mais il n’est pas seul cette année là à faire vibrer la marseillaise aux oreilles de la perfide Albion. C’est aussi le cas de l’incroyable Camille Muffat, médaille d’or sur 400 m nage libre et le frère de l’autre, un homme qui en un sourire et 21 s 34 donne un nouveau prénom au nom Manaudou : Florent, médaille d’or sur 50 m nage libre.

 

A suivre les Français champions et championnes du monde de natation

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