Zlatan … “et la tendresse bordel”

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Edinson Cavani et Zlatan Ibrahimovic
C’est Yvon Trotel, psychologue du sport qui l’écrit dans le plus du nouvel Observateur : le PSG pourrait perdre son pari de devenir un grand d’Europe simplement parce que son public et le petit monde français du football ne savent pas apprécier l’immense chance qui est la leur de disposer désormais d’un grand club avec de grands joueurs et un immense entraineur en la personne d’Ancelloti qui a pris très rapidement un aller simple pour Madrid. Alors que le club a officialisé l’arrivée de l’attaquant Uruguayen Edinson Cavani  pour 64 millions d’euros, la rumeur du départ anticipé de la star des star, le suédois Zlatan Ibrahimovic enfle dans des proportions telles qu’elle semble s’appuyer sur du concret. Ainsi, le quotidien espagnol “As” annonçait hier que le Suédois désirerait rejoindre Carlo Ancelotti au Real Madrid.

Mais qu’est ce qui fait qu’on est malheureux en France quand on est un grand footballeur? C’est ce sur quoi revient Yvon Trotel :

On le sait, tout comme le bœuf n’est qu’un vulgaire assemblage de rumstecks, de faux-filets, de tendrons, d’onglets, d’araignées, voire de fraises et de joues pour le plus connaisseurs, le footballeur n’est lui-même qu’un assemblage d’ingrédients de base. On y trouve pêle-mêle des bonnes jambes, un ou deux bon pieds, de la puissance physique et, plus haut, le sens du jeu, le sens du collectif, l’engagement, la motivation et tout un ensemble de bons morceaux ou d’abats selon le cas.

Sur le plan affectif, le footballeur en est réduit à être analysé au travers du prisme de l’opportuniste, de l’appât du gain, de la gloire et de l’appétit plus ou moins gargantuesque de son ego. 

Le footballeur est un être humain comme les autres

Pourtant, je l’ai déjà dit dans ces colonnes – mais il semble parfois utile de répéter cette évidence –, le footballeur est un être humain et il a comme tout un chacun une sensibilité affective dont on fait semblant de ne pas vouloir tenir compte. Comme tout être humain, le footballeur est sensible à des petites choses comme la considération et la reconnaissance qu’on lui porte : en un mot, il veut aussi de la tendresse et de l’amour. S’il est vexé, ce n’est pas toujours parce qu’il est plus susceptible que la moyenne mais parce qu’il est sensible. Lorsque votre future “ex” vous présente votre remplaçant cela ne fait plaisir à personne, mais ce n’est rien à côté de celle qui vous présente (ou vous cache) votre doublure par intermittence, supposée pouvoir répondre avec plus de talent à vos petites pannes d’inspiration (si ce n’est que ces pannes-là…).

Recruter, c’est jongler avec des talents et des millions, plus ou moins multipliables. C’est aussi pour les plus malins gérer ou pressentir des complémentarités. Mais cela ne s’arrête pas là et le reste ne se résume pas à la simple gestion des egos.

 Des joueurs en manque de reconnaissance et de considération

Le PSG 2012

Alors oui, le PSG dispose des moyens de s’offrir et d’offrir à son équipe et à ces supporters ce qui se fait de mieux dans le petit monde du ballon rond. Mais l’arrivée de l’un ne peut-il perturber l’autre ?  Je l’avais dit en fin de saison, le PSG a gagné beaucoup sur le plan sportif l’an passé, mais il lui reste encore des étapes à franchir sur le plan de la popularité.

Les différents éléments de la fin de saison montraient que la direction, le staff et de nombreux membres de l’équipe souffraient du manque de reconnaissance et de considération dont faisaient preuve certains commentateurs et une certaine partie partie du public, y compris celui du PSG. Derrière les incidents et les déclarations se cachait la revendication de recevoir plus de tendresse et d’amour de la part d’une France du foot qui semblait ne pas apprécier à sa juste valeur le bond qualitatif que le PSG a fait faire au foot français.

Les déclarations de Zlatan Ibrahimovic, parfois considérées comme des provocations, ne disaient rien d’autre. Outre l’attrait du Real, le départ d’Ancelotti n’est pas non plus exempt de ce manque de considération et de reconnaissance, donc d’une certaine déception. Cependant, Ibrahimovic reste et la question de son départ ne semble pas se poser pendant ce début d’été. Sa place de meilleur buteur, un fan club important et d’autres zlatanomanies plus ou moins mercantiles semblent devoir compenser les manques et il ne lui paraît sans doute pas impossible, avec une nouvelle saison, de conquérir enfin plus largement les cœurs. Mais voilà, un recrutement de Cavani plus tard, les données peuvent être un peu différentes. C’est une autre question qui peut maintenant se poser : la confiance que lui donne réellement le club pour porter l’équipe en tant que n°1 indiscutable ? Donc, de nouveau des questions de reconnaissance et de considération mais qui portent cette fois directement sur la relation avec son employeur.

Qu’il se pose la question de partir, s’il se la pose, serait finalement assez logique et ne relèverait pas d’un simple ego surdimensionné. Tout être humain a le droit d’être déçu du manque de considération qu’on lui porte, si lui considère qu’il s’agit d’un manque de considération et de reconnaissance. (la suite de l’article en cliquant sur le lien)

Un supporter du PSG, un vrai, du genre “abonné” au Parc, me disait il y a peu, avec plus ou moins d’humour, que gagner n’était pas l’objectif pour les supporter. Finalement bien sur ils sont heureux d’emporter une Ligue des Champions (tu m’étonnes) mais l’essentiel est ailleurs, peut être dans une sorte d’émotion collective. C’est cette émotion qui manque encore au public parisien qui est en plein renouvellement avec des anciens qui se croient propriétaires du club ou du moins de son esprit et des nouveaux pas assez exubérants au yeux des anciens … une alchimie doit naitre et tout cela n’est pas simplifier avec notre bon vieil esprit français qui veut qu’on chouchoute les perdants et les faibles au détriment des vainqueurs et des méchants puissants.

Ah cette France qui aime tant vomir ceux qui réussissent et qui se délecte toujours du spectacle d’une chute et d’une mise à mort… Imaginez un peu les articles dithyrambiques de la presse généraliste et spécialisée si en coupe de France le multi milliardaire PSG devait être éliminé par une équipe d’amateurs … quelle jouissance dans la mise à mort… mais une fois que nous aurons pris notre pied ne nous étonnons pas de voir s’entasser dans les aéroports les joueurs et entraineurs stars qui ont autre chose à faire que de satisfaire nos pulsions maladives d’échec…

Enfin, comme l’écrit Yvon Trotel en conclusion de son article : pour faire plaisir à ceux qui ne sont pas d’accord avec moi et pour leur faire gagner du temps : de toute façon, je n’y connais rien !

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