Grand Paris le temps d’une révolution institutionnelle est il enfin venu ?

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Le nouveau Grand Paris
Le nouveau Grand Paris

Que personne ne s’y méprenne, depuis Napoléon III et le Baron Haussmann personne ne s’est vraiment mis les mains dans le cambouis pour faire de Paris une grande métropole internationale. Ville musée, ville fantôme abandonnée aux hordes non pas de touristes en goguette mais de familles de la nouvelle bourgeoisie de gauche Paris s’endort au rythme des recours d’associations de riverains, les unes contre les bars, les autres contre les fêtes et les dernières contre les tours. Chaque projet, chaque travaux, chaque rue est soumis à cette insupportable pression du « laissez nous en paix et surtout ne changez rien ».

Aujourd’hui Paris est une ville et un département. Ses élus exercent les deux compétences ou du moins une partie de ces deux compétences selon un mode de fonctionnement qui est à la fois complexe et couteux en énergie, en personnel et en crédits, donc en impôts. Marielle de Sarnez, candidate du Modem à la Mairie de Paris l’affirmait hier « on créé le Grand Paris, ce qui est très bien, mais on va garder les strates précédentes : communes, intercommunalités, départements…  Tout cela n’est pas sérieux ». Pensez donc que l’électeur de Saint Denis va voter une fois pour élire des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, puis une autre pour des conseillers départementaux, encore une fois pour des conseillers régionaux et enfin une dernière fois pour des conseillers au Grand Paris. Tous ces élus, toutes ces élections, tout cet argent public dépensé pour que ces politiques exercent finalement des compétences quasiment identiques…

Que ce soit pour Nicolas Sarkozy ou François Hollande, le Grand Paris n’a jamais été vu que sous l’angle “projets de transports” ce qui en soit n’est pas mauvais mais derrière ce qui fut l’obsession maladive de Bertrand Delanoë se cache la réalité d’une coquille vide car sans organisation institutionnelle il n’y a pas de compétence et sans compétence il n’y a pas de collectivité.

La solution défendue depuis longtemps par votre serviteur et que je retrouve en partie sous la plume de la candidate du Modem est la suivante : « Je propose de supprimer le département à Paris, je propose que la commune de Paris forme, avec les départements qui l’entourent (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) une commune de plein exercice ». L’idée est bien de reprendre la formule napoléonienne mais de façon moderne et démocratique. L’idée est bien d’étendre les frontières de Paris en fusionnant les collectivités et en réduisant le nombre total d’élus. L’idée est bien de reconnaitre que quand on habite Saint Denis ou Puteaux, on est pas moins parisien que l’habitant de Belleville ou de Montparnasse, qu’on bénéficie des mêmes services de transports en commun ou d’accès à la culture, qu’on subit les mêmes désagréments du fait du statut de « mégalopole » d’une capitale européenne.

Allons plus loin : rendons leur existence aux communes constituant le grand Paris et respectons leurs compétences de proximité : que le maire de l’arrondissement de Saint Denis s’occupe des cantines scolaires et de la politique sociale, c’est légitime mais que la question des transports relève du Président du grand Paris, c’est efficace.

Dans ce nouvel ensemble, une question subsiste : quelle place pour la région ile de France ?

C’est donc qu’il y aura une suite …

1 thought on “Grand Paris le temps d’une révolution institutionnelle est il enfin venu ?

  1. via fb
    C’est anecdotique mais plutôt que le “Baron” Haussmann, notre auteur préféré aurait peut être pu écrire le “Préfet” Haussmann . On en oublierait vite qu’il a été préfet de la Seine de 1853 à 1870.

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