House of cards : comment réinventer la série politique

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Kevin Spacey dans House of cards
Kevin Spacey dans House of cards

Il y avait la bible de la série politique : The West Wing où comment fonctionne le cabinet d’un président démocrate aux Etats-Unis. De ce point de départ qui commence malgré tout à dater un peu puisque le modèle initial n’est autre que Bill Clinton qui présida aux destinées nord américaines de 1992 à 2000. La série avait donné son clap de fin sur l’élection d’un nouveau président issu des minorités visibles qui promettait ni plus ni moins de changer le monde, en tout cas la vie de ses concitoyens. C’était le 14 mai 2006, 1 an et demi après que le modèle de ce président de fiction ait été élu sénateur de l’Illinois, il s’agissait d’un certain Barack Obama qui deviendrait, pour de vrai, le Président en 2008.

Depuis The West Wing (A la Maison Blanche en VF) toutes les fictions politiques américaines tournaient plus ou moins autour de ce personnage central qu’est le Président des Etats-Unis. Peu à peu, à force de répétition, les intrigues sont devenues un peu tièdes et parfois franchement ennuyeuses jusqu’à l’émergence de l’incroyable série Scandal dont nous avons déjà parlé ici même et qui a totalement renouveler le style de la série politique présidentielle autour d’un modèle de Président cette fois républicain mélangeant un peu de Bush (junior) et d’Obama.

De l’ensemble de ces fictions politiques et avec l’influence de ce que nous connaissons de notre propres modèle politique et institutionnel, nous pourrions croire que la vie politique américaine tourne entièrement autour d’un souverain républicain (ou démocratique) trônant plus ou moins crânement dans une Maison Blanche aux allures de Versailles. Seul le 4ème pouvoir, médiatique, pourrait de temps en temps, au gré d’écoutes téléphoniques abusives (Nixon, Obama) ou de petite gâteries reçues hors mariage dans le bureau ovale (Clinton)  remettre en cause la toute puissance présidentielle. C’est là méconnaître totalement le système politique américain qui s’est entièrement construit sur l’idée qu’il fallait à tout prix limiter la toute puissance du souverain et la contrebalancer par une puissance égale : celle du Parlement, en l’occurrence le Congrès. Aux Etats-Unis, c’est dans cette maison là que réside la réalité du pouvoir. Une réalité si prégnante que sans le Congrès le Président américain est un roi sans couronne, il siège pour reprendre l’expression de Louis Philippe sur un fauteuil vide.

House of cards
House of cards

C’est cette réalité que vient nous rappeler House of Cards. Cette House là est la chambre des représentants, équivalent de notre assemblée nationale, où siège Frank Underwood interprété par Kevin Spacey. Franck est un élu démocrate influent qui a été un artisan de la victoire du candidat démocrate à l’élection présidentielle Garrett Walker en échange du poste de Secrétaire d’État, c’est à dire Ministre des affaires étrangères. Pour autant, une fois l’élection acquise, la nouvelle secrétaire générale de la Maison Blanche, Linda Vasquez qui doit à Franck Underwood sa nouvelle position lui annonce que le Président n’a pas l’intention d’honorer sa promesse. C’est le point de départ d’une irrémédiable vengeance qui devrait permettre au représentant de briser un à un ceux qui l’ont trahi et de le porter aux plus hautes fonctions politiques des Etats-Unis.

Dans sa croisade, Frank Underwood utilise tous les stratagèmes parlementaires, politiques et médiatiques. David Fincher, réalisateur notamment de Fight Club, de L’Etrange Histoire de Benjamin Button ou de Alien 3 est derrière la caméra. Il nous offre une série haletante mais réfléchie avec de nombreux petits “trucs” de réalisateurs qui viennent moderniser le support comme la retranscription des sms à l’écran ou les apartés de l’acteur principal qui prend constamment les téléspectateurs à témoin… Pas de doute je crains d’être à nouveau totalement accroc !

1 thought on “House of cards : comment réinventer la série politique

  1. j’ai trouvé ca trop long les premiers episodes et puis contrairement a scandale il n’y a que de la politique

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