La fin des vacances ou le retour à la virtualité quotidienne

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Les téléphones portables sont ils entrain de nous transformer en zombies?
Les téléphones portables sont ils entrain de nous transformer en zombies?

Je me l’étais promis au mois de juin : une fois en vacance j’allais déconnecter, me couper du monde, oublier toutes ces petites virtualités qui pourrissent le quotidien. Ce téléphone, cette tablette qui nous dirigent et parfois nous manipulent. Je me souviens bien de la première fois où sans que je ne demande rien, ma tablette Samsung s’est mise à parler toute seule pour me rappeler non seulement mon prochain rendez vous mais aussi que si je ne partais pas tout de suite de mon bureau j’allais être en retard chez le dentiste… C’est cet instant bizarre où vous oscillez dangereusement entre le “c’est génial” et le “c’est flippant” en repoussant à plus tard votre décision sur la réponse appropriée à cette intrusion dans votre sphère privée.

In fine j’ai décidé que le téléphone était naturellement une part existante de la dite sphère privée. Je le laisse me parler à la condition que peu à peu il ne se substitue pas à ma sphère privée, que cette dernière ne se limite pas subrepticement à une virtualité triste et solitaire. Bon en un mot j’ai cédé.

Pour autant ces vacances n’ont pas été sans victoire dans cette guerre intérieure où s’affrontent virtualité et réalité. Les lecteurs les plus assidus de ce blog ont ainsi noté qu’il ne s’y est rien passé ces 15 derniers jours. Pas d’articles, pas de photo, pas de vidéo, pas de mise à jour …. Oualou ! Sur les réseaux sociaux : présence minimale au travers de 2 ou 3 photos de vacance juste pour dire que je suis bien vivant et que ma peau a pris une couleur dorée alléchante … mieux vaut en garder une trace avant que la grisaille parisienne ne reprenne ses droits.

La virtualité mes amis est notre avenir mais c’est aussi un enfer, une prison dont  nous montons nous mêmes les murs et dont nous sommes les propres gardiens. Qui pouvait ainsi imaginer qu’en si peu de temps nous arriverions à nous livrer corps et âmes et à réclamer encore moins de vie privée, encore plus de surveillance,  de voyeurisme  ?

Charlene deGuzman a écrit un petit film dirigé par Miles Crawford. Elle y tient le rôle principal, le sien, celui d’une jeune femme qui n’a pas son portable sur elle et qui ouvre les yeux sur le monde tel qu’il est devenu : une société d’hommes, de femmes et d’enfants rivés à leurs portables. Toute personne se baladant sur Instagram pourra vérifier qu’il n’y a aucune exagération quand, dans son lit, l’actrice se blottit contre son ami alors que ce dernier n’a d’yeux que pour son smartphone, peut être même est il entrain de prendre une photo pour immortaliser ce moment et le partager avec quelques millions d’autres zombies. J’ai par ailleurs exprimé mon incrédulité devant cette nouvelle habitude qu’on beaucoup de spectateurs de concerts qui passent tout le spectacle à filmer plutôt qu’à regarder et profiter… On repense naturellement à la folle furieuse identifiée dans la fosse du concert de Lady Gaga par l’un de mes espions, qui brandissait, elle, son IPAD, à bout de bras, pour pouvoir probablement assister, une fois rentrée chez elle, au spectacle qu’elle a raté et où disons le elle a emmerdé tous les gens de taille moyenne qui avaient leur champs de vision bloquer par la contre-pub vivante pour les tablettes.Et si c’était là les prémices de World War Z?

2 thoughts on “La fin des vacances ou le retour à la virtualité quotidienne

  1. C'est ce que j'ai fait pendant 3 semaines, ce qui m'a donné un grand sentiment de liberté. Mais plutôt que de décrocher pendant une courte période, il faudrait savoir modérer comme pour toutes les addictions. Selon une récente étude, l’utilisateur moyen consulterait son téléphone près de 150 fois par jour.

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