Le testament du dernier des Capétiens : «Je ne vous laisserai que la haine et des larmes pour pleurer.»

Henri d'Orléans, conte de Paris 1908 - 1999
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Henri d'Orléans, conte de Paris 1908 - 1999
Henri d’Orléans, comte de Paris 1908 – 1999

Le tribunal de grande instance de Paris a rendu vendredi dernier un jugement définitif cassant le testament de feu Henri d’Orléans, comte de Paris qui se considérait comme le dernier prétendant à la couronne de France et cela au terme de douze très longues années de procédures judiciaires.

Henri d’Orléans reste dans la mémoire collective comme Monsieur le Comte de Paris, l’homme qui a frôlé la couronne de France. Né en 1908 dans la branche orléaniste des prétendants à la couronne, il mène grand train pendant toute sa vie qui s’achève en 1999 à 91 ans.

Il méprisait tous les membres de sa famille et tout particulièrement ses enfants ne cessant de répéter qu’il était le « dernier des capétiens » dans une sorte d’inexorable hommage au « après moi le déluge » de Louis XV. Partant de ce principe, notre vieux monsieur était bien décidé (je cite) à ne rien leur laisser du colossal héritage de la monarchie française. « J’ai prévenu les enfants. De l’héritage il ne leur restera que des miettes »… Sur ce point, le fils « des quarante rois qui en mille ans firent la France » aura tenu parole. De son héritage il ne reste que des miettes, néanmoins  substantielles 6 millions d’euros à partager entre les neuf enfants… c’est bien mais c’est dix fois moins que ce que la maison d’Orléans possédait dans les années 50.

Monsieur le comte a donc été particulièrement dépensier. L’administrateur judiciaire chargé de la succession de l’héritier des rois de France avait ainsi découvert qu’Henri d’Orléans retirait pas moins de 25 000 € par mois en espèces. Les retraits en liquide sur les dix dernières années de la vie du prince s’élèvent ainsi à 1 634 560 €. Ces sommes auraient notamment servies à financer l’avenir de la « maitresse gouvernante princière » Monique Friese qui était aussi la seule bénéficiaire d’une assurance vie de 500 000 €.

Pour autant la vraie question posée par le testament du Comte de Paris est surtout celle de l’absence d’une quantité énorme de biens mobiliers et immobiliers qui ont fait l’objet d’une énorme donation en 1976 à la Fondation Saint Louis qu’il a lui-même créé en 1972.

Vendredi c’est justement cette donation qui a été cassée par le tribunal qui a considéré qu’elle était frappée d’une “nullité absolue, faute d’autorisation administrative d’une part et d’acte passé devant un notaire d’autre part“. Ainsi, les membres de la famille d’Orléans a vu réapparaitre comme par miracle un lot de “plusieurs dizaines de millions d’euros” composé notamment de tableaux – comme “les portraits de Louis XIII et de Louis XIV enfant par Philippe de Champaigne, le carnet de croquis que Louis XIV a réalisé à l’âge de sept ans, le portrait de la duchesse d’Orléans, ou encore le manuscrit des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel datant de la fin du XVe siècle“.  La Presse raconte que selon leur avocat, l’actuel comte de Paris et les siens rentrent également en possession d’un “abrégé des finances de Louis XIV datant de 1682 en velours calligraphié, des aquarelles de Carmontelle et du prince de Joinville, et du service de porcelaine de Sèvres livré en 1840 à la reine Marie-Amélie”, l’épouse du roi Louis-Philippe. En revanche, les biens immobiliers contestés dans la succession resteront la propriété de la Fondation. Il s’agit “des châteaux d’Amboise et de Bourbon-l’Archambault, de la chapelle royale de Dreux et de la chapelle expiatoire de Paris”. Ces donations ont en effet été faites plus de 30 ans avant qu’elles ne soient contestées devant la justice. (1)

Henri d’Orléans doit donc se retourner dans sa propre tombe en voyant sa vengeance post mortem gâchée par un tribunal de la République et pourtant il aurait dut voir venir le coup, c’est une grande tradition dans la famille royale française où les testaments sont cassés les uns après les autres.

à suivre : Les testaments  brisés de l’histoire monarchique

(1) source Gala

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