J’ai rencontré Vanessa Paradis au Casino de Paris

Vanessa Paradis au Casino de Paris le 7 novembre 2013
Share

C’est une chanson, une chanson
Pour les vieux cons
Comme moi, petite conne d’autrefois
C’est une chanson, une chanson,
Qui vient du fond, de moi
Comme un puit sombre et froid

Vanessa Paradis au Casino de Paris le 7 novembre 2013
Vanessa Paradis au Casino de Paris le 7 novembre 2013

C’était le 7 novembre 2013. Nous étions blottis à quelques mètres de la scène du Casino de Paris, entourés de quelques centaines de trentenaires parisiens, un verre à la main. Au loin sur le balcon s’était installée Line Renaud sous l’œil attendri d’un public attaché à ses icônes. La première partie passe comme se déroulent ces moments qui en annoncent d’autres plus intenses et sur les coups de 21h00 une ombre se détache sur fond de musique multicolore, se déhanche langoureusement telle une ombre chinoise du XXIème siècle. Vanessa Paradis entre en scène, plus menue et fragile que jamais, dotée d’une énergie qu’on ne lui a jamais vu que sur scène.

Ah je dois vous l’avouer maintenant : J’ai toujours porté un regard dubitatif sur la chanteuse. Nous avons presque le même âge et j’ai grandi au rythme de sa musique, de ses chansons, de ses amours et de ses tristesses. Alors que Joe le taxi me laissait froid, il y eut Gainsbourg et  l’émergence de cette femme enfant capable de renverser le cœur des plus grands artistes. Vanessa Paradis est devenue à son tour une icone au travers des merveilleuses rencontres artistiques et parfois amoureuses qui jalonnent sa carrière.  Ce sont les meilleurs paroliers et musiciens qui lui rendent hommage et se mettent à écrire et composer pour la muse. C’est bien cela, Vanessa Paradis : d’abord et avant tout une muse d’artistes.

Gainsbourg avait il donc tout compris dès la première rencontre quand il mettait dans la bouche de la jeune fille ces vers : “Dans le mot je t´aime, trop de M, Et jamais jamais un seul N, Dans amour toujours, C´est le pour, Ou le contre c´est souvent la haine, On m´dévisage, On m´envisage, Comme une fille que je ne suis pas, Je m´exile, Trop fragile …

Trop fragile Vanessa, comme une plume d’énergie, de sourires et une voix … un filet devenant torrent, une boite à rythmes hésitant perpétuellement entre lascivité et exubérance.  Oui chers lecteurs j’ai mis le temps mais là où les albums me charmait parfois, la scène a été comme une révélation : j’aime Vanessa Paradis. J’aime son ton tout en retenu, ses mots comptés, ses sourires sincères, ses fuites qui vous donnent envie de la rattraper.

En 2013, entourée et parfois encadrée par un Benjamin Biolay protecteur Vanessa Paradis chante ses vérités, ses malheurs et ses renaissances. Le couple artistique qu’elle forme sur scène avec l’auteur compositeur révèle sa vrai nature, un moment petite fille cherchant le regard approbateur, un autre mère poule qui du coin de l’œil vérifie que son poussin est toujours alerte.

Sophie Delassein résume bien dans le nouvel observateur le spectacle auquel nous assistons : Une “silhouette de lolita qui bouge bien et incarne à merveille, forcément, ce répertoire dont elle est la muse et qui est la bande son de l’essentiel de sa vie. De 14 ans à 40 ans. De l’adolescence mouvementée à la quarantaine épanouie – semble-t-il. De “Joe le taxi” à “La chanson des vieux cons”. D’Etienne Roda-Gil à Benjamin Biolay.”

Une soirée de plaisirs qui me confirme à nouveau qu’on ne connait vraiment un artiste qu’une fois qu’on le découvre dans son élément : sur scène !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *