J’ai rencontré Peter O’Toole, un lion en plein hiver

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Peter O'Toole
Peter O’Toole
Le vrai Colonel lawrence
Le vrai Colonel Lawrence

L’hiver est donc venu pour l’immense Peter O’Toole. Je ne vous ferai pas l’affront de produire ici un énième éloge funèbre pour l’immense artiste. Je ne retracerai pas non plus en quelques lignes bien senties le parcours de celui qui sut mettre ses désespoirs au service de son art, faire de son alcoolisme chronique une arme d’acteur, faire du cinéma comme s’il brulait les planches d’un vieux théâtre devant des centaines d’yeux ébahis.

Dans toute la presse, une seule image apparaitra, celle du colonel T. E. Lawrence, à jamais associé aux traits de l’acteur irlandais, à ses yeux d’un bleu perçant et perdu, à la blondeur de ses cheveux qui semblait représenter un nouveau panache pour les combattants de l’indépendance arabe. Un génie, amoureux du désert et des hommes qui le peuplaient, un homme traqué tour à tour pantin, héros, général, prince, traitre; un homme plein de génie et de regrets avec lequel O’Toole a fini par partager ses errements et une volonté affichée et assumée d’auto-destruction.

Un homme, un rôle. Si moi aussi je fus fasciné par le personnage de Lawrence, par son histoire et ses cavalcades désertiques, par ses amitiés et sa propre fascination pour l’Arabie; je ne résume pas Peter O’Toole à ce rôle là. Ma rencontre (cinématographique et artistique) avec l’acteur se déroule virtuellement six ans plus tard, en 1968, quand il donne vie à Henri II d’Angleterre dans Un lion en hiver, pièce de théâtre crée en 1966 par James Goldman et adaptée au cinéma par Anthony Harvey. Peter O’Toole y donne la réplique notamment à Katharine Hepburn, Anthony Hopkins et Timothy Dalton et rarement le cinéma sut à ce point retranscrire à l’écran l’émotion du théâtre. Pièce immense aux répliques cultissimes portées par les meilleurs acteurs de l’époque, A Lion in winter est à mes yeux ce qu’incarnait le mieux Peter O’Toole qui passe en un clin d’œil de l’exaltation le plus grande à la plus noire des dépressions.


4 thoughts on “J’ai rencontré Peter O’Toole, un lion en plein hiver

  1. Bruno Rébufie Qui de Peter O’Toole ou de Lawrence d’Arabie a vécu l’ histoire la plus cinématographique?

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