La vie rêvée de Walter Mitty, un film qui rend heureux

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Une fable moderne pour ré apprivoiser l'humanité en nous
Une fable moderne pour ré apprivoiser l’humanité en nous

Walter Mitty, c’est vous, c’est moi:  un homme ordinaire qui tourne en rond dans un quotidien qui nous semble si cloisonné qu’il se transforme en une prison invisible…

Alors non finalement Walter Mitty, ce n’est pas nous mais ce que nous voyons de nos vies quand elles sont déformées par le miroir de la monotonie. C’est le symbole d’un individu qui combat le ronronnement de son existence par la démultiplication de rêves extravagants et qui en vient finalement à se déconnecter du monde réel, l’espace de quelques instants pour fantasmer ce qu’il n’est pas. New-Yorkais anonyme, il est iconographe au magazine Life alors même  que celui ci va fermer ses portes mythiques pour se transformer en un simple site Internet. Secrètement amoureux d’une de ses collègues, Walter Mitty part à la recherche d’une photo perdue qui doit faire la couverture du dernier numéro de Life. Cette première aventure sera celle de toute une vie, telle une seconde naissance qui permettra la fusion du Walter réel avec le fantasmé.

Avec La Vie rêvée de Walter Mitty, Ben Stiller signe sa cinquième réalisation de long métrage pour le cinéma s’éloignant finalement de l’humour pour favoriser plutôt le côté “fable” sur le sens de la vie. Son personnage vient de basculer dans une quarantaine terne. Il occupe le même poste depuis 16 ans dans le plus prestigieux des news magasines, “Life” (1936 – 2007) dont le film raconte en deuxième niveau la disparition et la violence des plans sociaux dans la presse américaine.

A la fin du film, une spectatrice juste devant moi baillait en disant à son voisin “je n’ai rigolé qu’une seule fois”. Il est vrai que si elle espérait retrouver les blagues potaches et les farces grasses à la “Zoolander“, alors elle ne pouvait qu’être déçue de découvrir un film tout en finesse proche de l’esprit d’un “Forrest Gump” qui aurait grandi dans un monde en crise et en perte de repères.

Deuxième adaptation de la nouvelle The Secret Life of Walter Mitty de James Thurber, parue en 1939(1),La vie rêvée de Walter Mitty est un film qui rend heureux parce qu’il tend à rappeler que même dans ce monde si dépersonnalisé, il y a de la place pour l’humanité, pour peu qu’on se décide à lui sourire.

 

(1) Cette nouvelle avait déjà été portée à l’écran dans La Vie secrète de Walter Mitty, sorti en 1947, écrit par Ken Englund et Everett Freeman.

1 thought on “La vie rêvée de Walter Mitty, un film qui rend heureux

  1. sans même avoir vu le film , je sais que j'aimerai même si je pense que le sujet est relativement casse gueule , car sujet à incompréhension . Néanmoins avec le regard tendre et humouristique de ce superbe acteur /réalisateur qu'est Ben Stiller , j'ai totalement confiance .

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