Le dernier silence de Claudio Abbado

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Claudio Abbado en 2007
Claudio Abbado en 2007

Il est des hommes dont le décès ne fait l’objet que d’un entrefilet, une phrase au milieu des malheurs du monde, une citation entre deux reportages sur nos campagnes et traditions au journal de TF1. Il est pourtant des hommes qui enchantent nos sens, nourrissent notre âme par leur seul génie qui savent transcender l’interprétation pour en faire une re création. Il est Claudio Abbado, un homme au geste sur et élégant qui de sa baguette savait rendre vie aux plus grands musiciens et compositeur.

Le Monde nous raconte : “Le 25 janvier 2001, à la tête de l’Orchestre philharmonique de Berlin, dont il avait pris les commandes en 1990, Abbado dirigeait le Requiem de Verdi en commémoration du centenaire de la mort du compositeur. En coulisses, quelques heures plus tôt, beaucoup de membres de son entourage professionnel ne cachaient pas leur inquiétude et certains émettaient même des pronostics négatifs sur la capacité d’Abbado à diriger le concert, voire à « tenir » jusque là. En dépit de cette ambiance mortifère, il dirigea superbement. Mais ce fut un choc pour le public présent ce soir-là – puis, le surlendemain, pour les spectateurs d’Arte qui diffusait le programme – que de voir le juvénile et séduisant sexagénaire transformé en vieillard au visage émacié.

Alors qu’il gravissait lentement et difficilement la rampe qui mène des coulisses au podium, il était impossible de ne pas penser à Herbert von Karajan, son prédécesseur à ce poste, dont les dernières années avaient montré, dans les mêmes lieux, un homme luttant contre la tyrannie d’un corps débilitant. Mais Abbado se remit et reprit de plus belle ses activités. Et le chef passa à autre chose, qui fut l’exercice d’une liberté souveraine : après avoir quitté en 2002 son poste berlinois, laissant la baguette à Simon Rattle, Claudio Abbado allait se délester des obligations liées à des institutions aussi prenantes que celles dont il avait eu la charge au cours de sa belle carrière (il avait auparavant été directeur musical de la Scala de Milan de 1971 à 1988 ; de l’Orchestre symphonique de Londres de 1979 à 1988 ; de l’Opéra de Vienne de 1986 à 1991).

Aujourd’hui le génie s’est éteint. Reste la magie.

 

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