le 25 mai aux élections européennes : jour de pêche ou de colère

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revolutionTous les 5 ans c’est la même histoire : les Français boudent les urnes européennes ou s’en servent de défouloir pour toutes les frustrations de citoyens auxquels on a confisqué la République.  La France se morfond et dans quelques semaines elle va probablement envoyer un énième mais pas ultime avertissement à ses élites inconscientes.

Tous les 5 ans c’est la même histoire : la droite et la gauche se lamentent de ce que les Français ne votent pas pour eux, les partis institutionnels, majoritaires, sérieux, ceux qui se succèdent à la tête de l’Etat et de l’Europe depuis 50 ans faisant varier, juste autant que nécessaire, le degré de malhonnêteté au prorata du degré d’incompétence. Il y en a pourtant des différences entre le Parti populaire européen (de droite), le Parti socialiste européen (de gauche) et l’Alliance des libéraux et des démocrates (du centre)… ou plutôt des degrés d’indifférence et d’inutilité.

Tous les 5 ans on y a droit : la grande alliance de la droite, de la gauche et même parfois du centre pour se partager les postes et les rémunérations qui s’y affèrent ! Vous pensez que j’exagère mais pour bien comprendre comment cela se passe, il suffit d’étudier attentivement la liste des présidents du Parlement européens depuis qu’ils sont élus, c’est à dire depuis 1979. A chaque mandature il y a 2 présidents successifs qui représentent … les deux partis arrivés en tête à l’assemblée :

– de 1979 à 1984 : Simone Veil (centre), elle démissionne en 1982 et laisse la place à Piet Dankert, (gauche) ;

– de 1984 à 1989 : Pierre Pflimlin (centre) qui démissionne en 1987 et laisse la place à  Henry Plumb (droite) ;

– de 1989 à 1994 : Enrique Barón Crespo (gauche) qui démissionne en 1992 au profit de Egon Klepsch (droite) ;

– de 1994 à 1999 : Klaus Hänsch (gauche) qui démissionne en 1997 et laisse la place à José María Gil-Robles (droite) ;

– de 1999 à 2004 : Nicole Fontaine (droite). Elle démissionne en 2002 au profit de Pat Cox (centre) ;

– de 2004 à 2009 : Josep Borrell Fontelles  (gauche) qui laisse sa place à Hans-Gert Pöttering (droite) en 2007 ;

Jerzy Buzek elu président du Parlement par la droite en 2009, il démissionne pour laisser la place à un président de gauche 3 ans plus tard
Jerzy Buzek elu président du Parlement par la droite en 2009, il démissionne pour laisser la place à un président de gauche 3 ans plus tard

Alors pendant la campagne de 2009 face aux accusations des Verts, des nationalistes, de l’extrême gauche et même du centre de Bayrou, tous les candidats de l’UMP et du PS l’ont juré le cœur sur la main … aucun accord, aucune entente, la démocratie et juste la démocratie … conclusion Jerzy Buzek (droite) est élu Président du Parlement en 2009 … et vous le savez déjà, il démissionne en 2012 et bizarrement c’est Martin Schulz (gauche) qui est élu pour lui succéder … pas d’entente  nous promettaient-ils !

En 2014 on recommence mais plus personne ne s’intéresse au poste de Président du Parlement(en tout cas pour le moment), non tous les regards sont tournées vers la présidence de la commission européenne car, pour la première fois, dans un souci vertueux de démocratie c’est le Parlement qui devrait désigner le Président de la commission qui n’est autre que le chef de l’exécutif européen … sauf que la démocratie nos politiciens ne semblent l’aimer qu’à leur bottes ! En effet, selon Jean-Luc Mélenchon, “le 3 avril dernier, les groupes de droite (PPE), centriste (ALDE) et sociaux-démocrates (S&D) du Parlement européen ont adopté une déclaration commune qui prévoit que les trois groupes se concerteront dès les élections passées pour « soumettre conjointement » au Conseil européen une proposition de nom pour la présidence de la Commission européenne. ” 

Ce n’est pas une énième provocation de Mélenchon mais une vraie info et le texte de l’accord peut être consulté sur le site du groupe PPEsur celui du S&D ou celui de l’ADLE.Les présidents de ces groupes  Joseph Daul, Hannes Swoboda et Guy Verhofstadt, « s’y engagent à dialoguer et à se consulter dès que possible après les élections européennes » sur le nom du futur président de la Commission européenne…

Ce qui est finalement drôle dans tout ça, c’est la manière dont les politiciens en question nous prennent pour des crétins. Ils commencent par nous expliquer que  “Conformément à la lettre et à l’esprit du traité, et tenant pleinement compte des résultats des élections européennes, nous nous engageons à lancer aussi vite que possible après les élections européennes un dialogue et des consultations, qui viseront à désigner, au sein de la famille politique capable de constituer la majorité qualifiée requise au Parlement européen, le candidat européen à la présidence de la prochaine Commission.” Merci à nos princes de bien vouloir préciser “tenant pleinement compte des résultats des élections européennes” car à nos yeux de citoyens habitués à élire au suffrage universel direct leur chef de l’Etat, c’est une tradition que de “tenir compte des résultats” d’une élection ! Et le plus beau dans tout ça c’est qu’ils osent “tout” en concluant (sans rire) « Le prochain président de la Commission devra être élu dans le cadre d’un processus transparent et non de manœuvres en coulisse »

Comme disait Godfrey Bloom :” quand les gens se seront vraiment rendu compte de qui vous êtes, il ne leur faudra pas longtemps pour prendre cette chambre d’assaut et vous pendre et ils auront raison »…

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