Les invités de IGTBB : quand Julien va voir “Pas son genre”

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Il a son langage pour le moins fleuri, un regard (un vrai) sur ce qui l’entoure, un moment (fugace) attendri et  le reste du temps carnassier ! Il a été voir le film de Lucas Belvaux “Pas son genre” et finalement… c’était bien ou presque …. c’est l’auteur des lignes qui suivent…

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479126Au départ, tu y vas pour de mauvaises raisons.

Tu t’es tapé l’avant-veille la dernière romcom de Sophie Marceau, sous pression du conseil de vie conjugal. Et c’était pas terrible. Cluzet n’est pas Geere, et en plus (spoiler), il la baise même pas, la MILF. Il s’agit donc, en concédant l’avantage sur le choix du film pour la seconde fois consécutive, d’obtenir la primauté dans la semaine à venir. POINT.

La bande-annonce fait frémir. Un prof de philo rencontre une coiffeuse. Bouh, comment qu’ils sont pas pareils, comment qu’ils vont pas s’entendre. On y va , on a fait des études, on est (presque) parisiens, on pourra se foutre de la gueule de la coiffeuse. Après tout, on regarde bien en loucedé les Anges de la téléréalité pour les mêmes raisons.

Pis peut-être qu’on verra un téton. Quand y a des seins, t’es pas venu pour rien.

Ça commence mal. Dans un appart hausmannien, le prof de philo largue une nénette sans dire un mot, y a des gros plans sur des visages de personnages qui soupirent… Tu te dis que ça va être long, et que tu rates une demi-finale de Champions, faut que ça s’agite.

Deuxième couche, le mec est muté à Arras. Sa mère aurait voulu faire de lui un médecin, son père un sous-préfet, mais lui, il préfère les filles, il est fan de BHL, alors il a été voir à la Sorbonne si la Parisienne est libérée. On va nous refaire le coup des ch’tis. Merde.

Il finit par la rencontrer, la coiffeuse.

Elle s’appelle Jennifer (prononcé à l’anglaise), elle est mère célibataire, a été très déçue par les hommes, kiffe Anna Gavalda et Public, passe ses samedis soirs au karaoké. Merde.

Il finit par la sauter (on voit même un demi-téton), ils vivotent, se chamaillent, sont effectivement pas du même monde. Bref.

Mais.

Le rythme piano t’accroche, Emilie Dequenne dégage une belle énergie, les personnages t’intriguent, les dialogues sont intéressants, c’est bien filmé – le conseil de vie conjugal te glisse à l’oreille que “c’est comme Demy”.

Tu te laisses prendre. Et boum.

ATTENTION ATTENTION SPOILER

Carnaval, ils rencontrent une collègue prof de philo, il la présente pas.
Hôtel, ils font l’amour, elle a un drôle d’air.
Karaoké, elle va faire la fête avec ses copines, elle chante. En pleurant.

Et c’est la dernière scène.
Et en fait, tu piges qu’elle t’a menti la bande-annonce, que le film interroge notre rapport à notre bonheur et à celui des autres.

FIN DU SPOILER

Et comme ce goujat qui présente pas son Aimée à Autrui, même s’il commençait à entrapercevoir que baiser à couilles rabattues fait pas une Vie, tu es nul. Parce qu’à la fin, tu pensais pouvoir dire : “Tu vois, tes films de gonzesse, c’est lourd“. Parce que le lendemain, t’aurais jamais avoué à tes potes avoir vu ce film plutôt que le foot. Alors, tu commences par sécher les larmes du conseil de vie conjugal, tu l’embrasses et tu lui dis que c’était pas mal.

S’agirait pas de perdre l’avantage pour le choix du prochain.

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