François Baroin, le recours de la droite républicaine

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François Baroin
François Baroin

On l’imagine en éternel adolescent, bien propre sur lui, garçon de bonne famille, toujours un mètre derrière son mentor corrézien.  Dans les années 90 les Guignols de l’info le présentait d’ailleurs en jeune homme en pleine mue avec cette voix grave et rocailleuse qui parfois se perd dans des aiguës depuis longtemps oubliés. Un enfant, François Baroin ne l’est plus depuis bien longtemps. La mèche un rien gendre idéal cache aux non initiés le caractère bien trempé de cet homme qui fêtera dans quelques jours son 49ème anniversaire. François Baroin n’a rien d’un débutant inexpérimenté. Il est issu d’une famille éminemment politique et assurément de droite conservatrice.

Il est le fils de Michel Baroin, ami personnel de Jacques Chirac, ancien du renseignement intérieur et chef de cabinet de deux présidents de l’Assemblée nationale : Achille Peretti et Edgar Faure avant d’être successivement Président de la GMF puis de la FNAC. François Baroin perd son père dans un accident d’avion au Cameroun en 1987. Il a  22 ans et devient alors le protégé de Jacques Chirac. Un an plus tard il est recruté par Jean-Pierre Elkabbach au service politique d’Europe 1, prémices d’une carrière journalistique bien vite abandonnée pour répondre aux sirènes de la politique. A compter de 1989 et jusqu’à maintenant, François Baroin ne vivra pas une seule journée sans occuper un mandat électoral. Conseiller municipal de Nogent sur Seine de 1989 à 1995, député de la 3e circonscription de l’Aube depuis 1993, Maire de Troyes depuis 1995; porte parole du 1er gouvernement Juppé en 1995, Ministre de l’outre-mer de 2005 à 2007, Ministre de l’Intérieur en 2007, Ministre du Budget de 2010 à 2011 puis de l’économie de 2011 à 2012; François Baroin se complait dans le rôle du recours, du remplaçant de luxe, exigeant et surtout libre.

Le “garçon sage” de la droite fume comme un pompier et les cendriers pleins se perdent dans les moindres recoins de ses bureaux ministériels. Les femmes et le foot sont ses vraies grandes passions,  il est d’ailleurs réputé en faire un usage parfois inconsidéré. Charmeurs et talentueux il ne court pas après les maroquins ministériels même s’il ne les dédaigne pas, tel Mozart avec les honneurs. Il semble plus à son aise dans la vie de parlementaire et de maire à la rencontre de la réalité de l’action politique, là où l’amour est foison et surtout bien loin des emmerdes des cabinets feutrés où les petits s’écharpent pour un bout d’assiette dorée.

D’une certaine manière Baroin pourrait être un héros malgré lui, contre sa propre nature, il est l’archétype du mec à qui tout peut sourire et surtout une carrière dont il n’aimerait que les agréments sans les longues litanies d’obligations publiques. Il le dit et le répète au micro de son ancien employeur : la tête de l’UMP, il n’en veut pas, surtout pas et c’est bien ce qui peut amener tous ses “amis” à lui donner cette présidence dont ils veulent tous, à lui ce remplaçant perpétuel, ce plus petit dénominateur commun qui leur permet de croire que tout est encore possible… Parce que je sais que cela le ferait sourire et qu’il n’a probablement pas encore d’inquiétudes concernant sa prostate je dirais finalement que François Baroin aurait pu être à la présidence de l’UMP ce que René Coty fut à la présidence de la République; la dernière d’une époque, le fruit du hasard qui met tout le monde d’accord !

Seulement, derrière ces apparences trompeuses, Baroin n’est pas Coty. Son air étonné, calme et dénué d’ambitions trahi parfois la réalité du cheminement intellectuel qui est le sien : comment parvenir le plus haut possible à la faveur du destin sans jamais rompre avec qui que ce soit pour être justement le rassembleur au moment opportun. A l’âge auquel nous autres citoyens lambda commençons à faire les premiers calculs pour la vie d’après le travail, François Baroin a toujours l’image d’un jeune loup aux dents longues …. il a pourtant bientôt l’age qu’avait Bill Clinton l’année de sa réélection à la présidence des États-Unis !

Et si le moment était venu ?

Il continue son chemin … bientôt sénateur puis président des maires de France, Baroin tisse sa toile et ses réseaux attendant le bon moment, son moment.

 

 

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