J’ai rencontré une icône : Lauryn Hill

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Lauryn Hill en concert au Zénith de Paris 2014
Lauryn Hill en concert au Zénith de Paris 2014

Dans le domaine de la soul, il y a des étoiles filantes et les icônes ; assurément Lauryn Hill appartient à cette seconde catégorie. Secrète, mystique, enjouée, autoritaire, l’ex leader des Fugees à qui elle doit sa célébrité sait se faire désirer…

Dans la vie d’abord avec 2 albums seulement en 16 ans : The Miseducation of Lauryn Hill en 1998 qui lui permet d’emporter l’année suivante 5 grammy awards (album de l’année, meilleur nouvel artiste, meilleure performance vocale féminine R&B, meilleure chanson R&B et meilleur album R&B) , en 2001, le MTV Unplugged No. 2.0., album live acoustique avec de nouveaux titres très marqués politiquement. Il n’est pas anodins de rappeler que The Miseducation of Lauryn Hill s’est quand même écoulé à plus de 18 millions d’exemplaires ! Depuis lors … plus rien si ce n’est quelques apparitions remarquées dans des bandes originales de films et des titres non commercialisés mais interprétés lors de rares et éphémères concerts. Alors, quand la belle icône de 39 ans annonce sa tournée mondiale et sa venue à Paris, ni une ni deux, moitié et moi même nous nous sommes jetés sur nos cartes de crédit et billets en poche nous nous sommes présentés le 13 septembre dernier aux portes du Zénith de Paris … là encore Miss Hill sait se faire désirer…

Nous étions nombreux dans une salle presque pleine à attendre, trépignant d’impatience l’icône de la soul… les plus malins, dont nous ne faisions pas partis avaient pris leur temps pour venir … nous non : à 20h00 tapantes nous étions en position, ready for the show, prêts à en prendre pleins les yeux et les tympans en pensant émus à celles et ceux qui s’étaient entassés quelques heures plus tôt dans le Stade de France pour apercevoir l’ombre de Beyoncé et de son époux. C’est l’ex-Saïan Supa Crew Sly Johnson qui assure avec un talent indéniable la première partie devant un public encore parsemé mais communicatif. Lentement la fosse et les gradins se remplissent jusqu’à 21h et quelques. Comme l’écrit Stéphane Rousset dans TLC : “tous les ados de 98 sont là, trentenaires ou presque, prêts à accueillir l’idole.”

Pourtant, au bout d’une demi-heure d’attente supplémentaire, les sifflets se font de plus en plus nourris… certains, comme nous attendent depuis 1h30 désormais et c’est vrai … je dois l’avouer, à 21h30 je commençais à être sérieusement agacé par le DJ qu’on nous balance pour attendre … On se demande presque en voyant le public accroché et jouant le jeu en se déhanchant sur tout ce que le Hip Hop a produit comme tube depuis les années 90 si finalement on ne s’est pas trompé de salle ! L’attente nous aura néanmoins permis de découvrir le charmant ballet des “handicapés” des salles de concert : celles et ceux qui équipés de la carte magique d’invalidité obtiennent des places assises au 1er rang alors qu’ils ont acheté des places en fosses… ça se chamaille, ça se montre plus éclopé que l’autre pour savoir lequel pourra s’asseoir … le côté marrant c’est, pendant le concert, de découvrir nos chers invalides se trémousser avec délectation pendant des heures et sautant bien plus haut que le plus valide des jeunes de 20 ans !

Quoi qu’il en soit, à 22h15 (oui, oui ça fait 2h15 qu’on a les fesses écrasées sur des sièges en plastique), les musiciens arrivent enfin sur scène avec les choristes … c’est le moment de l’intro … enfin de la longue intro de 5 ou 10 minutes précédant l’entrée de la star… c’est d’ailleurs pendant cette intro que ma moitié a trouvé judicieux de réclamer des bouchons d’oreille (ce qui était en effet judicieux) et c’est en les cherchant dans l’arrière cour du Zénith que j’entendis enfin la clameur de la foule … Ok j’ai raté l’entrée de l’icône !

Miss Hill ne caresse pas le public dans le sens du poil. Elle se lance dans une reprise ferme de Soul Rebel avant d’enchainer avec Everything Is Everything. Les douceurs des orchestrations d’origine laissent place à une beat box qui fait trembler les murs du Zénith et électrise un public acquis. Je vous avoue que je préfère être à ma place de spectateur qu’à celle de musicien de la tigresse qui lance à son équipe des regards carnassiers d’impératrice du genre Game of Thrones… Tout le long du show sa main vient virevolter dans l’air en direction des musiciens, des choristes et des techniciens. Elle dirige tout et l’on se dit que décidément la princesse n’est pas franchement commode. Après 40 minutes de rythmes endiablés la scène se vide. Elle revient sur scène avec la certitude des généraux en territoire conquis : Guitare sèche sur les genoux comme un miroir de la pochette de son album de 2001. Elle aligne alors ses tubes dans une parenthèse enchantée d’intimité. On s’installe confortablement et on admire l’artiste. Quand les musiciens reviennent sur scène on en vient presque à regretter notre tête à tête avec l’artiste. Voici venue l’heure des tubes éternels, des frissons d’une foule de 6000 âmes entonnant à gorge déployée Ready Or Not, Killing Me Softly ou Fugee-la.

La miss n’a qu’un album et demi à son actif alors, pour tenir l’heure et demie d’un concert normal elle n’hésite pas à se plonger dans l’univers de Bob Marley qui fait se trémousser le Zénith … clin d’œil appuyé et marque de respect, au même moment, à quelques kilomètres de là, au Stade de France Beyoncé entonne le tube de Lauryn Hill “Ex-Factor” devant 70 000 spectateurs… Hommage d’une Diva à une étoile.

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