Comme une histoire de monstres, au delà du terrorisme

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abu abdallah al faransi, fru Maxime H.
abu abdallah al faransi, fru Maxime H.

C’est une sorte d’horreur quotidienne… des barbus, une lame plus ou moins tranchante, un innocent dont le seul crime est d’être occidental et du sang qui vient abreuver la terre et le sable  pour nourrir cette quête infernal et millénaire de toujours plus de haines …

La victime a un visage, un nom, une famille … Peter Kassig, jeune homme de 26 ans qui avait été enlevé à l’automne 2013, alors qu’il effectuait une mission humanitaire en Syrie. Peter Kassig n’est pas n’importe qui, c’est un ancien soldat américain en Irak qui s’était converti à l’islam et avait fondé en 2012 une organisation humanitaire. Dans la vidéo d’une quinzaine de minutes filmant son assassinat, des combattants islamistes décapitent 18 hommes présentés comme des soldats du régime syrien de Bachar al-Assad. Les images montrent des djihadistes et des soldats marchant par deux, les uns derrières les autres. Les djihadistes se saisissent ensuite chacun d’un long couteau avant de plaquer leur victime respective au sol et de la décapiter… L’horreur à l’état pur, une barbarie sans fin qui ne vise qu’à une chose provoquer plus de haine, plus de colère et nous plonger dans un engrenage infernal de guerre totale, de guerre de civilisations.

Peter Kassig, la victime
Peter Kassig, la victime

Ce qui me touche plus encore peut être c’est que parmi les assassins, les ennemis de la société dans laquelle je vis, il y a au moins un français : Abou Abdallah al-Faransi, de son vrai nom Maxime H. C’est Jean-Charles Brisard, spécialiste des questions de terrorisme qui l’a identifié. Agé de 22 ans, le jeune homme  originaire de Normandie est parti en Syrie en août 2013. Il avait témoigné sur BFMTV en juillet dernier. Dans ce reportage, il affirme s’être converti à l’Islam à 17 ans, une religion qu’il aurait découvert et apprise sur Internet, grâce à des vidéos. Il serait parti seul en Syrie, en passant par la Turquie, avant d’être pris en charge à Rakka, le fief de l’Etat islamique. Là, il aurait été en camp d’entraînement et aurait participé à des «opérations». Au moment de l’entretien, il confiait à BFMTV qu’il allait participer à une mission spectaculaire et qu’il était prêt à mourir en martyr.

J’ai beau me dire qu’il ne faut pas céder à la colère, j’ai beau penser que la haine ne peut apporter des solutions à la misère idéologique et intellectuelle de ces jeunes occidentaux qui par crétinisme profond s’engagent dans un conflit comme celui là, il y a quand même quelques vérités bonnes à rappeler … ce sont des assassins, des terroristes et plus que tout ce sont des traitres qui déclarent la guerre à leur propre pays. Maxime H est à mes yeux morts en tant que citoyen français le jour où il a mis un pied en Syrie pour combattre aux côtés des islamistes. Il est fondamental, au moins sur les principes que ces hommes et ces femmes soient déchus de leur nationalité et qu’on les empêchent par tous les moyens de jamais remettre un pied sur le sol européen. Leur patrie est désormais le soi disant Etat islamique au Levant et leur sort lui est à jamais lié. Qu’ils y vivent ou qu’ils y meurent finalement peu m’importe, mais qu’ils y restent ! Il est important d’empêcher nos jeunes de s’y rendre mais il est fondamental de les empêcher d’en revenir …

les assassins
les assassins

Triste constat de l’échec de notre société à s’occuper de sa jeunesse désemparée et cela quelque soit ses origines, sa couleur de peau, sa religion ou ses revenus. Maxime H n’était ni arabe, ni musulman, ni pauvre, ni quoi que ce soit. Il était un petit blanc parfait au regard des simplificateurs d’esprits du FN et pourtant c’est lui qui tient une lame ensanglantée à l’autre bout du monde hurlant sa haine  de ce que nous sommes devenus …  Il nous reviendra à nous les démocrates d’ouvrir ce débat sur ce que cela peut encore vouloir dire d’être Français, d’être Européen dans une société dont l’espoir d’avenir a été banni. Nous n’avons plus de projet, plus de rêves. Nos jours et nos nuits ne sont que de longues litanies de peurs et de craintes parce que notre avenir a été confisqué par une oligarchie aveugle… Vous pourrez peut-être me considérer comme un simple et triste oiseau de mauvaise augure mais je crois que Maxime, le terroriste, n’est qu’une toute petite étincelle d’une explosion politique et sociale dont la férocité ne tardera pas à nous plonger dans la stupeur.

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