en vrac mais avec tristesse … you are so beautiful to me

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James Avery et Will Smith dans le Prince de Bel-Air

On pourrait presque s’habituer à ces longues et tristes litanies de celles et ceux qui au détour de leurs vies nous quittent plus ou moins subrepticement. On pourrait presque s’y habituer mais avec le temps qui passe on découvre avec une pointe de désenchantement que que non, finalement, on ne peut s’y habituer.

Je me souviens ainsi parfaitement de mes très jeunes années alors que mes parents ou mes grand-parents s’attristaient à l’annonce de la disparition de je ne sais quel personnage public qui me semblait déjà d’un âge canonique. Je ne comprenais pas alors le sens de ces regrets pour une personne qui en tout état de cause ne participait pas à notre vie mais que probablement nous avions croisé, un moment, au détour d’un film, d’une chanson fredonnée, d’une lecture universitaire ou plus prosaïquement d’une soirée télé.

Aujourd’hui, alors que des poils à la douceur controversée ont poussé sur mes joues je comprends plus que mieux. Je comprends le temps qui passe, les mythes qui s’effritent et le basculement lent mais définitif vers l’autre moitié d’une vie.

Philip Seymour Hoffman
Philip Seymour Hoffman
Jacques Chancel
Jacques Chancel

2014, une foutue année en la matière. J’en ai tiré quelques lignes griffonnées à la hâte sur ce blog mais je ne pouvais non plus transformer ces quelques pages en un vibrant hommage aux cortèges funèbres et funestes de mes jeunes années. Quelle parait incongrue cette tristesse d’un 1er janvier 2014 quand s’éloigne l’ombre imposante de James Avery alias l’oncle Phil dans le Prince de Bel Air… L’oncle Phil qui devait gérer les incongruités d’un adolescent incarné par Will Smith aujourd’hui star internationale à mes yeux d’une jeunesse éternelle et pourtant plus âgé que le dit oncle à l’époque où était tournée la série  … Une tristesse intergénérationnelle, un mois plus tard quand s’éteint dans un souffle de coke Philip Seymour Hoffman, éternel Truman Capote pour les uns et pour les autres, ô combien plus jeunes, inachevé Plutarch Heavensbee, Haut Juge des troisièmes Jeux de l’Expiation, dans Hunger Games.

Mon attrait pour la vie politique et publique ne peut que vibrer aux noms de Dominique Baudis (10 avril), Marc Blondel (17 mars) ou Jean-Luc Dehaene (15 mai), mes souvenirs d’enfant de la guerre froide et surtout de sa fin sont éveillés aux souvenirs d’une paire de lunettes fumées cachant le regard du général Wojciech Jaruzelski mais aussi toutes les horreurs du communisme. C’est un peu l’histoire, la politique, le cinéma et le rêve qui s’éteint avec Karlheinz Böhm, le Franz Joseph de Sissi impératrice qui eut la chance de tenir au même instant dans ses bras une impératrice légendaire et la plus belle femme de sa génération Romy Schneider … pour cela, juste ainsi, il fut, à sa façon une légende.

Il y a des années ainsi, on ne sait pourquoi, ou ne le sait que trop bien, bons et mauvais, garnements et génies, parfois les deux ensemble, ils partent jour après jour…  … ah Maurice Duverger… l’homme fut discret et eut le bon gout de mourir un 22 décembre en même temps que deux stars l’une nationale et cathodique (Jacques Chancel) et l’autre universelle et musicale… Duverger n’est pas une star, ni même une icône, c’est un monstre … le Pape de la science politique selon Le Monde… un cauchemar pour certains étudiants, un messie pour votre serviteur durant ses années sciences poesques…

Et puis bien sur il y a le rescapé des années 60, l’homme dont la voix est reconnaissable parmi toutes les autres… rocailleuse, vibrante … juste un monstre qui vous arrache des larmes et fait de vos nuits d’angoisse des cathédrales de sentiments : Joe Cocker, mille fois morts, mille fois revenu d’outre-tombe. Il ne mérite aucun hommage, rien d’autre que sa musique et notre écoute attentive, subjuguée et éternelle …

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