Cette peau tatouée qui nous intrigue – 2ème partie

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première partie

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au delà de la réalité

La femme tatouée, c’était en 1982 que Yoichi Takabayashi se décide à raconter  une histoire d’amour passion entre un homme et une femme, Fujieda et Akane, épris d’absolu.

Fujieda est fasciné par le grain exceptionnel de sa peau et pense que son amour sera décuplé à la vue de cette peau savamment tatouée par un maître en la matière. Elle accepte donc de se soumettre aux mains expertes d’un tatoueur …

Le couple part pour Kyoto où Akane rend visite à Kyogoro, un célèbre grand maître qui, quoique retiré du métier, se résout à graver sur son dos la plus magnifique des œuvres d’art. La technique de Kyogoro consiste en une véritable cérémonie, étrange mélange de cuisante douleur et de sensualité débordante. En effet, il charge son apprenti, Harutsune, de maintenir dans ses bras la jeune femme tandis que celle-ci souffre sous le scalpel qui déchire sa peau délicate. Les longues séances de tatouage deviennent dès lors des scènes d’amour …

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La peau habillée

Fujieda, de plus en plus amoureux, assiste, non sans inquiétude, à la transformation physique et intérieure de Akane. Enfin, un beau jour, l’oeuvre est terminée. Kyogoro fait promettre à Akane de revenir afin de lui administrer la dernière incision dans sa chair : geste qu’il croit capable de le délivrer à tout jamais du péché après la mort qu’il sent proche. Kyogoro meurt. Katsuko, sa fille adoptive, est à son chevet. Akane, reconnaissante, retourne à Kyoto saluer une dernière fois la dépouille du vieillard. Elle apprend, par la bouche de Katsuko, le suicide du jeune Harutsune. Celui-ci ayant su que Kyogoro était son père qui autrefois quitta sa mère, Haruna, s’est donné la mort. Kyogoro ne survécut que quelques semaines à son fils. Katsuko reste donc la seule personne au monde capable d’inciser une dernière fois la chair tendre de Akane. Le geste accompli, Akane retourne à Tokyo … (vous suivez encore ?)

Dans le train qui la ramène dans sa ville, on la voit porter, pensive, la main à son aisselle ; c’est là que quelque temps plus tôt, Harutsune lui tatoua l’image symbolique d’un flocon de neige en hommage à la beauté resplendissante de sa peau …

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Les courbes du corps sublimées

La tatouage, on le voit n’est pas simplement de l’encre jetée par hasard sur la peau d’un homme ou d’une femme. Popularisé, il s’est transformé en objet éternel de mode. Originellement c’est une porte sur le mystique, sur l’âme que l’on retrouve dans toutes les civilisations, sur toutes les peaux. Peu importe finalement qu’il soit utilisé comme habillage de la peau et donc montré où comme coffre fort de l’intimité. Souvenons nous par exemple de Jean-Baptiste Bernadotte, roi de Suède et de Norvège à partir de 1818 qui, en souvenir de la révolution et de sa dévotion à Napoléon Ier, portait sur le bras gauche un bonnet phrygien, ainsi que la devise française Liberté Égalité Liberté Fraternité. Son tibia affichait quant à lui la sentence infligée à Louis XVI : La mort du roi.  Le tatouage était alors comme une marque indélébile et cachée des véritables sentiments, cachés par les habits d’apparat et les devoirs de souverains.

Le tatouage féminin réapparaît sur la scène esthétique du 21ème siècle. Contrairement au tatouage masculin il n’est pas là pour glorifier la forme d’un muscle mais les courbes du corps. Il en prend d’autant un caractère sexuel qu’il tend peu à peu à devenir un sous-vêtement coquin permanent.

à suivre

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