Comme un air de Dolce Vita

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Rome le 11 janvier 2015
Rome le 11 janvier 2015

Chers amis et néanmoins lecteurs, concrètement je suis passé à côté de l’histoire. Croyez le ou non, moi, le fanatique de politique, accroc à l’actualité et à l’histoire, bien que parisien, je n’ai pas marché aux côtés des 4 millions de citoyens en colère. Je n’ai pas marché mais j’ai bien pleuré avec eux. L’émotion ressentie dans nos rues, je l’ai vécue de loin mais bien vécue… en pleine vadrouille sur les terres adoptives du Pape François.

Pour l’histoire je fus gâté mais pour ce qui est de l’actualité historique je ne l’aurais finalement vécu qu’au travers des lunettes déformantes de la presse. Cette déformation me laisse comme un goût d’inquiétude parce que quand on à la certitude de tous croire la même chose, il est certains soit qu’on est dans l’erreur, soit que l’on ne croit plus à rien. Quatre millions de nos concitoyens marchaient côte à côte pour défendre la liberté d’expression, dans un même mouvement d’une beauté incroyable… Cette liberté que certains d’entre eux honnissaient il y a quelques semaines, dénonçant les provocations anti religieuses de Charlie Hebdo, cette liberté que les mêmes recommencent à critiquer 3 jours après avoir brandi des stylos virtuels… Ils entonnaient la marseillaise, ce chant même que nombreux parmi eux honnissaient il y a encore quelques semaines dénonçant son caractère guerrier et agressif … ce chant qu’ils ne peuvent entendre désormais sans lâcher une grosse larme…

1911172_914389011919155_6077163427078551450_oNotre pays s’est laissé submergé par l’émotion poussant ses habitants à aimer ce qu’ils détestent pendant quelques heures. Un pays à l’ivresse amoureuse qui se laisse aller aux plus beaux élans refusant de penser tout de suite à la gueule de bois du jour d’après… Un pays qui passe avec allégresse de Zemmour à Voltaire est d’une volatilité qui ne cesse de me réjouir et de m’inquiéter quand il refuse de poser franchement la question de ce qui nous rassemble, cette fameuse identité.

Ainsi donc vous faisiez l’histoire, ainsi donc je l’observais depuis les rives du Tibre. Je pleurais devant la Fontaine de Trévi à la mémoire d’Anita Ekberg inoubliable dans La Dolce Vita de Federico Fellini qui s’est éteinte dimanche alors même que vos pas faisaient résonner la République. J’avais une pensée pour Francesco Rosi, réalisateur de L’Affaire Mattei et de Main basse sur la ville décédé samedi à Rome. J’affichais enfin une mine presque reconnaissante pour la mission d’apaisement de la vie politique italienne qu’un homme a mené depuis 2006 avec courage, persévérance et désintéressement. Il s’agit de Giorgio Napolitano, président italien depuis 2006 et réélu malgré lui en 2013. Le chef d’Etat, âgé de 89 ans n’en pouvait plus et a finalement rendu les armes et présenté sa démission pour bénéficier d’une retraite bien méritée… Bref, si pendant quelques heures Paris fut bien la capitale du monde, ce dernier a continué à vivre sans nous… Pas de parenthèse enchantée en Palestine, en Israël, en Syrie, en Irak ou au Nigéria…

Reste l’espoir, les peurs, les incertitudes et disons le, une certaine fierté

Mardi 13 janvier les députés ont entonné à l’unisson la Marseillaise, ce qui n’était plus arrivé depuis le 11 novembre 1918.

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