être tué par des cons …

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5931320215770Je n’avais pas envie d’écrire sur l’attentat parisien. J’aurais préféré sourire, m’amuser, penser à autre chose mais le choc s’impose à mes doigts et mon clavier ne peut qu’aligner des mots de douleur. Si l’on m’avais dit un jour que j’en serais à pleurer Charlie Hebdo je ne l’aurais pas cru … En 2012, en plein débat sur l’islamophobie j’écrivais ceci :

“Je ne suis pas un adepte de Charlie Hebdo, loin de là, je ne trouve pas l’insulte « drôle », j’ai en horreur l’irrespect comme seul mode de pensée et de réaction et il m’arrive de me complaire dans un respect conservateur assumé. Pour autant je défends pis que pendre le droit qu’ont les auteurs de Charlie Hebdo d’être, pour ainsi dire, des gros cons… Je revendique pour les autres le droit d’avoir des idées extrémistes et cela même quand elles atteignent un niveau de bêtise inégalé… et je regretterais même les lois qui dans notre pays viennent limiter le droit d’expression des racistes, des homophobes et autres penseurs de l’ignoble car si l’on a le droit d’être religionophobe, papophobe, islamophobe et même dalailamaphobe (comme Jean Luc Mélenchon) pourquoi d’autres crétins ne peuvent ils défendre les opinions inverses? Pourquoi nous priver du plaisir de lutter contre ces idéologies ?

John Stuart Mill écrivait en plein milieu du XIXème siècle :  « ce qu’il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l’expression d’une opinion, c’est que cela revient à voler l’humanité : tant la postérité que la génération présente, les détracteurs de cette opinion davantage encore que ses détenteurs. Si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur. »

Quand on a plus d’argument, on prend les armes. Quand on est une bête on assassine ceux qui pensent, écrivent, dessinent, bref ceux qui sont des êtres humains.

Chérif Kouachi, 32 ans, à gauche, et Saïd Kouachi, 34 ans
Chérif Kouachi, 32 ans, à gauche, et Saïd Kouachi, 34 ans

Hier des bêtes sont venues au cœur de Paris pour tenter de soumettre les journalistes les plus insoumis de France. Ils les ont abattu non comme des chiens mais comme des combattants de la liberté et de la démocratie. Ils se sont acharnés sur eux. Ils ont assassiné des policiers même Ahmed, 40 ans, policier du 11ème arrondissement allongé sur le trottoir les mains en l’air et abattu froidement d’une balle dans la tête… Dans leur fuite l’un d’eux a laissé sa carte d’identité dans la voiture … des cons je vous dis …

Ils sont ce matin les hommes les plus recherchés de France : Cherif et Saïd Kouachi, deux frères de 32 et 34 ans, nés à Paris, dans le 10e arrondissement, non loin des locaux de Charlie Hebdo. Tous deux avaient été repérés par les services de renseignement et avaient fait l’objet d’une surveillance, mais les éléments recueillis alors n’avaient pas permis d’ouvrir une enquête judiciaire contre eux… parce qu’en démocratie on ne peut condamner des gens sur un sentiment ou une présomption… c’est notre faiblesse, c’est notre honneur.

Cherif Kouachi est un jihadiste condamné une première fois en 2008 pour avoir participé à une filière d’envoi de combattants en Irak. Né en novembre 1982 dans le Xe arrondissement et surnommé Abou Issen, Chérif Kouachi a fait partie de ce que l’on a appelé «la filière des Buttes-Chaumont» qui visait sous l’autorité de «l’émir» Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d’Al-Qaïda, dirigée à l’époque par Abou Moussab al Zarkaoui. Il avait été Interpellé juste avant de s’envoler à destination de la Syrie, puis de l’Irak. Un billet d’avion pour Damas avait été retrouvé lors des perquisitions ainsi que des documents détaillant le fonctionnement d’une kalachnikov. Aujourd’hui on regrette que notre pays ne laisse pas ce gibier de potence allez se faire tuer en Irak ou en Syrie… d’autant plus que condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, sa peine avait été couverte par la détention provisoire et il retrouverait la liberté le jour même du jugement … no comment…

Crâne rasé et ovale, bouc clairsemé sur la photographie diffusée par la police, Chérif Kouachi est susceptible d’être «armé et dangereux», tout comme son frère Said, né en septembre 1980 également dans le Xe arrondissement parisien. Ces deux bêtes sauvages seront retrouvés et on peut l’espérer mis hors d’état de nuire pour autant une question me taraude … combien d’autres héritiers de Mohamed Merah vont apparaitre dans les mois et les années qui viennent ? Comment allons nous les combattre et surtout quand donc les démocrates vont ils enfin se saisir de ce problème vital pour l’avenir ? Nos dirigeants le répètent depuis 24h, nous sommes en guerre ! Bien je comprend ce message mais ce qu’ils ne peuvent reconnaitre c’est l’évidence : nous sommes en guerre contre nous même puisque nos ennemis sont parmi nous. C’est là que le piège politique pensé et voulu par les éleveurs de bêtes immondes se referme sur notre démocratie. Alain Juppé avertit avertit : “Nous savions que nos démocraties étaient engagées dans un affrontement avec le fanatisme, la barbarie, le terrorisme. Elles mènent déjà ce combat sur le terrain du Moyen-Orient. Le voici qui s’installe chez nous. L’affrontement sera sans merci, de longue haleine, mais nous le gagnerons parce que c’est notre « être » même qui est en cause.” et peut être aussi parce que nous n’avons plus le choix.

Dans cet affrontement nous, français, avons une chance indéniable, un allié indéfectible, nos compatriotes musulmans qui sont les premières victimes collatérales du terrorisme islamiste. Ce terrorisme les agresse et les insulte, gardons nous à jamais de les y associer d’une manière ou d’une autre.

 

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