La vérité sur les résultats des élections départementales

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élections départementales les vrais résultats
élections départementales les vrais résultats

Hier soir, comme jamais auparavant, profitant de la déroute des analystes médiatiques face à un nouveau mode de scrutin, les différents chefs de partis politiques ont joué, l’espace d’une soirée, à l’école des fans … Tout le monde il a gagné et quand ça ne se ne voit pas assez c’est seulement la faute au Ministère de l’Intérieur qui fait tout pour compliquer les choses …

Et pourtant les choses sont relativement simples : les 22 et 29 mars 2015, les français élisent leurs conseillers départementaux par binômes paritaires dans tous les départements sauf à Paris, Lyon, en Guyane et en Martinique. Les chiffres que je donnerai ci-dessous ne traitent, par souci de compréhension que des départements de métropole.

Une participation relativement faible : Depuis des semaines on nous prévenait que la participation serait faible voir absolument ridicule alors bien sur quand on a annoncé 50,28 % de votant c’était une divine surprise … C’est en effet une augmentation de 6 points par rapport à 2011 mais aussi 10,3 points de moins que la participation moyenne aux élections départementales depuis 1961 …

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l’essentiel

La fausse victoire de la droite : Vous avez tous entendu Nicolas Sarkozy annoncer sa première victoire électorale depuis 2007… le début de la reconquête qu’il disait hier soir … En fait, le bloc de droite rassemblant UMP, UDI, Modem, Debout la France et autres candidats Divers droite a obtenu 36,41 % des suffrages. Cette alliance arrive juste derrière le bloc de gauche (36,47 %). Pour une grande victoire c’est étonnant de ne pas arriver en tête ! Par ailleurs, alors que le nombre de votant n’a diminué que de 5 % par rapport aux élections municipales de 2014, la droite a perdu 25,7 % des ses électeurs de mars 2014 soit presque 2,5 millions d’électeurs … Par rapport aux élections cantonales de 2011, alors que la droite y avait reculé de 12,4 points par rapport à 2008, elle ne progresse que de 3 points… elle est donc toujours 9 points derrière son score de 2008… C’est flagrant quand on parle d’élus… Lors des scrutins partiels de 2008 et 2011, la droite et le centre obtenaient en cumulé 711 élus dès le 1er tour. Hier soir ils ne furent que 218 soit 3 fois moins… Non, la droite n’a pas gagné le scrutin d’hier soir, elle a juste démontré son incapacité à tirer bénéfice des divisions de la gauche.

La gauche quant à elle résiste mieux que prévu mais va perdre du fait de ses divisions : Là encore, depuis des semaines on annonçait la bérézina pour la gauche et il n’est pas faux de dire que rien ne fut fait pour que cette défaite apparaisse clairement aux yeux des français. Si l’on parle de « la gauche » dans son ensemble, on constate qu’elle arrive en tête du scrutin avec 36,47 % des suffrages. Ce n’est donc clairement pas une déroute en termes de voix. Pour autant, la gauche est tellement divisée entre la majorité présidentielle, les Verts et le Front de Gauche que la déroute viendra bien dimanche prochain en termes de sièges et de majorité départementale.

A la gauche de la gauche, on a les communistes et le Front de Gauche, parfois alliés aux Verts. Leurs vrais résultats sont les suivants : Le Front de Gauche et les communistes quand ils se sont présentés seuls totalisent 6,17 % des suffrages contre 8,9 % en 2008 et 8,74 % en 2011. Les Verts quand ils se sont présentés seuls ont obtenu 2,05 % des voix contre 4,3 en 2008 et 8,5 en 2011 (alors soutenus par le PS). A ces résultats, il faut ajouter les voix obtenues par les candidats d’union entre les Verts, Nouvelle Donne et les communistes dans quelques cantons soit 3,23 % des voix. Le total de ce Syriza français est de 11,45 % à comparer à un total de 13 % en 2008 et 17 % en 2011 (avec le soutien du PS cette année là). En d’autres termes, l’alliance Rouge Verte n’est pas une alternative suffisamment puissante à la majorité présidentielle. Cette majorité là qui rassemble les socialistes, les radicaux et les « divers gauche » non investis par les verts et les communistes représente 25,01 % des suffrages contre 31,5 % en 2011 et 34,5 % en 2008. Elle a perdu 10 points en 7 ans … comme la droite

Le Front national est il le premier parti de France ?

Il est impossible de répondre à cette question à l’occasion d’une élection départementale, contrairement à ce que tous les médias voulaient nous faire croire avant le vote. Ce que l’on sait par contre c’est qu’au soir du premier tour, le FN a obtenu 6 sièges pour la première fois de son histoire. Ce que l’on sait c’est qu’il a obtenu presque 5 150 000 suffrages à lui tout seul. Il y a 7 partis politiques derrière les 7 280 000 voix de la gauche et 4 partis derrière les 7 270 000 de la droite.

Ce que l’on sait c’est que le FN est arrivé seul en tête dans l’Oise, l’Aisne, la Somme et le Vaucluse devant non pas l’UMP ou le PS mais devant le bloc de droite et le bloc de gauche. On sait aussi qu’il progresse de presque un demi-million de voix par rapport aux élections européennes où il était apparu comme le premier parti de France.

C’est à la fin de la partie qu’on compte les points et cette partie là se terminera dimanche prochain… J’ai le vague pressentiment que ce jour là je pourrai écrire : « le FN sème des voix et l’UMP récolte des sièges » …

A suivre !

3 thoughts on “La vérité sur les résultats des élections départementales

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