L’avènement des Yorks : Richard III de l’avanie à l’éternité (2ème partie)

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Nous nous sommes quittés sur la victoire de Richard d’York proclamé Lord Protecteur et héritier d’Henri VI de Lancastre au détriment du jeune prince Edouard banni de Londres avec sa mère, la reine Marguerite (1ère partie).

Edouard IV
Edouard IV

Cette dernière n’a pourtant pas dit son dernier mot ! Chassée de la capitale elle rassemble les derniers soutiens de sa famille et forme de toutes pièces une grande armée du Nord. Richard d’York doit quitter Londres à la tête de son armée pour aller affronter la reine. Le 30 décembre 1460 le Régent passe à l’attaque près de Wakefield alors même qu’il dispose d’une armée nettement moins imposante que celle des Lancastre. Cette erreur stratégique ne lui coute pas seulement la victoire. C’est une défaite catastrophique pour les York. Le régent Richard est tué. Son principal conseiller Salisbury et son deuxième fils Edmond, âgé de dix-sept ans, sont faits prisonniers par les soldats de la reine et décapités.

En l’espace d’une journée c’est le fils de Richard, Édouard comte de la Marche, 18 ans, qui devient le nouveau duc d’York et surtout l’héritier du trône aux yeux des yorkistes. La reine Marguerite a vaincu mais elle est ruinée et n’a toujours pas retrouvé son royal époux ! Elle passe alliance avec la reine d’Écosse et remonte une armée qu’elle ne pourra payer qu’à coups de pillages.

Édouard, le jeune duc d’York prend la tête des troupes de son père et inflige une sévère défaite au comte de Pembroke, Jasper Tudor, qui arrivait du Pays de Galles pour soutenir la reine. Pendant ce temps, cette dernière se dirige vers le Sud, en saccageant tout sur son passage. À Londres, Warwick, plus fervent soutien des York, utilise ces pillages pour faire basculer Coventry dans son camp mais ses troupes sont mises en déroutes lors de la seconde bataille de Saint-Albans, où la reine retrouve enfin son roi assis tranquillement sous un arbre. La victoire des Lancastre emplit Londres de terreur. La ville décide de fermer ses portes au roi.

Pendant ce temps, Édouard a réussi sa jonction avec ce qui restait des troupes de Warwick et rentre dans la capitale en liesse. Le jeune duc ne fait pas preuve des mêmes fausses pudeurs de son père et revendique immédiatement la couronne. C’est le peuple de Londres qui l’accueille lui-même aux cris de « King Edward ! ». Le Parlement, dont le courage juridique a des limites, s’empresse de confirmer la déchéance du roi Henri VI et d’organiser, à la hate une sorte de cérémonie à l’abbaye de Westminster.

Une fois l’autorité politique affirmée Édouard et Warwick marchent vers le nord à la tête d’une armée impressionnante, vers Towton où doit se dérouler le 29 mars 1461 la plus sanglante bataille de la guerre des Deux-Roses, celle qui pour tous les belligérants fatigués devait être décisive. Entre 40 000 et 80 000 hommes environ y prennent part et plus de 20 000 y perdent la vie. Ces chiffres sont une première pour une bataille sur le sol anglais. Le soir venu, les Lancastriens sont en déroute, et la plupart de leurs chefs tués. Le roi Henri, le reine Marguerite et le prince Édouard s’enfuient vers l’écosse.

Le 28 juin 1461 à Londres au milieu des acclamations enthousiastes de ses partisans, anciens et nouveaux, Édouard IV est officiellement couronné roi d’Angleterre. A ses côtés se tiennent ses deux frères George, duc de Clarence, et Richard, duc de Gloucester, futur Richard III.

Troisième partie : La fin des Lancastres

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