Ce foutu lapin de Pâques, espion de l’industrie agro-alimentaire anglaise !

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On t'a reconnu le british !
On t’a reconnu le british !

Chacun le sait, à Pâques, des cloches et des lapins déposent  sur vos pelouses humides de jolis œufs en chocolat qui permettront à vos chères têtes blondes ou brunes de se gaver en toute quiétude de sucreries sans avoir la moindre idée du pourquoi ou du comment on en est arrivé là, à se goinfrer d’une pâte marron qui n’a de chocolat que le nom …

Bref, pourquoi trouve t’on des œufs en chocolat dans nos jardin le jour de Pâques?

C’est directement le site de l’Eglise catholique qui nous explique que, la coutume d’offrir des œufs décorés, teints ou travaillés, existait bien avant l’ère chrétienne. Comme le printemps est la saison de l’éclosion de la nature, l’oeuf, représentant la vie et la renaissance, a été probablement le premier symbole utilisé lors de rituels qui datent de la nuit des temps.

Au printemps, les Égyptiens et les Perses avaient pour habitude de teindre des œufs et de les offrir pour symboliser le renouveau de la vie. Dans l’antiquité gauloise, les druides teignaient les œufs en rouge en l’honneur du soleil. Dans les rituels païens anglo-saxons, on offrait des œufs colorés à la déesse Eostre. Plusieurs cultures païennes disposaient des œufs dans les tombes ou les sépultures pour demander la renaissance de la personne décédée.

Pour les Juifs, l’oeuf est le symbole de la vie mais aussi de la mort. La libération du peuple hébreu a coûté la vie à de nombreuses personnes, et le bonheur n’est jamais absolu pour les eux. A Pessa’h les Juifs trempent un œuf dans de l’eau salée en souvenir de toutes les larmes versées suite à la perte de leur indépendance.

Oeuf Fabergé, à l'époque où l'on savait vivre
Oeuf Fabergé, à l’époque où l’on savait vivre

Quand il fallut trouver une date pour fêter la résurrection du Christ sacrifié sur la croix, vous pensez bien que Rome n’a pas hésité plus d’une seconde pour reprendre à son compte les fêtes “païennes” du printemps et donc de la renaissance. Ce fut donc une OPA sur le package : la date et les symboles dont celui de l’œuf et cela dès le IV ème siècle après Jésus Christ. Bien plus tard, le roi Louis XIV exigeait qu’on lui apporte chaque année le plus gros oeuf pondu en France. En échange il distribuait à ses courtisans et valets des œufs peints à la feuille d’or. La surprise contenue dans l’oeuf est quant à elle une tradition qui remonte au XVIème siècle, et certaines sont même passées à l’histoire tant elles étaient exceptionnelles comme la statuette de Cupidon renfermée dans un énorme œuf de Pâques offert par Louis XV à Madame du Barry.

Ainsi donc, jusqu’au XIXème  siècle, les œufs étaient naturels et décorés parfois avec extravagance. À partir du XVIIIème siècle les œufs frais commencent à être  vidés puis remplis de chocolat liquide. Ce n’est finalement qu’en 1847  que les frères Fry inventent un mélange « sucre, beurre de cacao, chocolat en poudre » qui permet d’obtenir une pâte molle que l’on peut verser dans des moules. Le chocolat qui n’était jusque là consommé que comme boisson peut désormais être croqué, et façonné sous de multiples formes par les confiseurs. La démocratisation du chocolat date en France de la fin du Second Empire. Voici donc venu le temps des confiseurs …

Mais le lapin alors?

la déesse Eostre et son lièvre
la déesse Eostre et son lièvre

C’est un peu comme le Père Noel et Saint Nicolas. Dans les pays “latins” on sait que ce sont les cloches (qui ne sonnent pas le dimanche de Pâques) qui distribuent du chocolat… Dans les pays à tradition germanophone ce sont des lapins qui font le tour des jardins … L’origine de ce symbole se trouve dans la déesse saxonne Eostre dont nous avions parlé précédemment. C’est elle qui donne son nom à Pâques en anglais (easter) et surtout elle donne le symbole animalier puisque le lièvre est l’animal emblématique de la déesse…

Voici donc pourquoi nous nous gavons de mauvais chocolat sournoisement déposé dans nos jardins par un lapin anglais (d’où le sournoisement) ! Alors bien sur vous allez me dire … pourquoi “mauvais”?

 Le bon chocolat c’est quoi?

Le chocolat, c’est un mélange de pâte de cacao, dégraissée ou non, additionnée ou non de beurre de cacao, de sucres et selon les cas de lait, crème, arômes et autres saloperies industrielles… Le très bon site Le Diet  nous l’explique : la qualité d’un chocolat ne dépend pas de sa teneur en cacao. Trop souvent, les fabricants de chocolats profitent de la naïveté des consommateurs en mettant en avant le pourcentage de cacao contenu dans leurs produits. Une teneur importante en fèves de mauvaise qualité donnera un chocolat de mauvaise qualité, et inversement, moins de cacao n’implique pas nécessairement un mauvais chocolat. Il en va de même pour le chocolat au lait ou aux fruits secs, qui dépendent au moins autant de la nature du cacao que de la qualité des produits laitiers ou des noisettes utilisés. 

Une directive européenne de juin 2003 autorise l’ajout de 5 % de graisses végétales autres que le beurre de cacao (comme l’huile de palme) dans le chocolat. Plus rentables, ces graisses sont néanmoins beaucoup moins intéressantes d’un point de vue gustatif. C’est pourquoi, la France a créé une mention spéciale “chocolat pur beurre de cacao” afin de distinguer les produits de qualité et les autres.

Le lapin se garde bien de lire les étiquettes avant de choisir ses chocolats et c’est pour ça qu’afin de faire des économies il distribue du mauvais chocolats aux têtes blondes et brunes qui, à force de se gaver de nutella sous forme de bonbons finiront en haloufs et haloufas disgracieux …

Alors vous l’aimez toujours ce satané lapin british?

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