La fin des Lancastre ? : Richard III de l’avanie à l’éternité (3ème partie)

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Richard Neville, comte de Warwick
Richard Neville, comte de Warwick

Nous nous sommes quittés sur le sacre du roi Edouard IV le 28 juin 1461 accompagné de ses deux frères George, duc de Clarence, et Richard, duc de Gloucester, futur Richard III. Cela semblait marquer la victoire définitive de la maison York sur celle de Lancastre. Il faudra quatre ans au nouveau souverain pour pacifier son royaume et éliminer toutes les poches de résistance. En 1465, il parvient à faire prisonnier le roi déchu Henri VI qui n’a plus que de très rares moments de lucidité. Il le fait enfermé à la Tour de Londres pendant que le frère de Richard Neville, comte de Warwick (puissant allié de la dynastie) réprime les derniers soubresauts de révolte.

Ce dernier s’éloigne pourtant peu à peu de son champion royal. Alors que Warwick misait toute la politique britannique sur une alliance avec la France au travers d’un mariage entre le souverain et Bonne de Savoie, belle-sœur de Louis XI, Edouard IV tombe lui amoureux d’Élisabeth Woodville qu’il épouse en secret en 1464, annonçant la noce aux courtisans a posteriori et mettant ce faisant Warwick dans un embarras considérable. Cela ne s’arrange pas quand la nouvelle reine, utilisant son ascendant sur son époux installe des hommes à elle aux principaux postes de gouvernement, écartant ce faisant peu à peu les amis du puissant Warwick qui se voit même refuser le mariage entre les deux frères du roi et ses filles.

En 1469, la rupture est consommée. Alors que des révoltes contre l’augmentation des impôts éclatent dans le nord du pays et que le roi est contraint de se rendre sur place pour calmer les esprits, des agents de Neville en profitent pour répandre des rumeurs comme quoi Édouard IV est un enfant illégitime et que le duc de Clarence, son premier frère, est par conséquent le véritable héritier du trône. Dans le nord, l’un des lieutenants de Neville déclenche une nouvelle révolte. Quand Édouard IV apprend la nouvelle, il pense que cette rébellion peut être aisément matée et ne rassemble que peu d’hommes. Il apprend vite que les rebelles sont beaucoup plus nombreux que prévu et bat alors en retraite sur Nottingham pour lever de nouvelles troupes. Mais le roi n’est plus aussi populaire qu’auparavant et les renforts sont maigres. Il décide alors d’attendre à Nottingham les comtes de Pembroke et de Devon, qui doivent arriver du sud avec une armée.

Le 12 juillet, Neville et le duc de Clarence déclarent leur soutien officiel aux rebelles et Neville quitte Londres à la tête de son armée pour leur apporter son aide. Les rebelles se dirigent à marche forcée vers le sud pour faire leur jonction avec Neville. Les deux armées s’affrontent le 26 juillet près d’Edgecote Moor au bénéfice des rebelles. Édouard IV est capturé et emprisonné au château de Middleham par Neville, qui fait exécuter le père et l’un des frères de la reine mais ne prend aucune mesure immédiate pour déposer le roi et le remplacer par le duc de Clarence. En effet, l’autre frère d’Édouard IV, le duc de Gloucester, lève une forte armée. Devant cette menace, Neville libère Édouard IV et les deux hommes font mine de se réconcilier publiquement pour sauver les apparences.

Édouard de Westminster, dernier des Lancastre, 3 ans avant sa mort à la bataille de Tewkesbury
Édouard de Westminster, dernier des Lancastre, 3 ans avant sa mort à la bataille de Tewkesbury

Dès l’année suivante Warwick et Clarence se révoltent à nouveau mais cette fois ci Edouard IV était préparé et écrase les rebelles qui sont déclarés traîtres et qui doivent fuir en France. Louis XI de France les accueille à bras ouverts et les mets en présence de Marguerite d’Anjou. C’est ce jour là que se joue le destin de la dynastie des Yorks et de l’Angleterre. Marguerite d’Anjou ne vous est pas inconnue … il s’agit de l’épouse d’Henri VI de Lancastre, le roi fou, déchu et prisonnier à la Tour de Londres ; l’ennemie jurée des Yorks… Louis XI, jamais avare d’idées saugrenues pour pourrir la vie des anglais suggère alors une alliance entre Warwick et Marguerite et c’est ainsi qu’est célébré le mariage entre Anne Neville, la fille de Warwick, et le fils de Marguerite, Édouard de Westminster, l’ancien héritier de la couronne. C’est l’alliance d’une couronne et de la plus grosse fortune d’Angleterre. Fort de cette nouvelle légitimité Warwick envahit l’Angleterre à l’automne 1470.

Neville envahit donc l’Angleterre à la tête d’une armée lancastrienne et, en octobre, il est rejoint par son frère jusqu’alors général fidèle à Édouard IV qui est obligé de fuir le pays pour se réfugier en Bourgogne. Se sachant en position défavorable, le roi se réfugie en Bourgogne. Warwick libère Henri VI de la Tour de Londres et le rétablit sur le trône. En octobre, il le fait défiler dans les rues de Londres comme le roi restauré, tandis qu’Édouard et Richard sont déclarés traîtres. Pour respecter ses accords avec Louis XI, il déclare la guerre à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne qui en réponse fournit à Édouard IV de l’argent, des hommes et des navires lui permettant d’envahir à son tour l’Angleterre en 1471 … Vous suivez toujours ?

Édouard débarque avec une petite armée à Ravenspurn et rejoint rapidement la ville d’York où il rassemble ses partisans. Son frère Clarence change à nouveau de camp et abandonne Warwick puisque ce dernier a rétabli les Lancastre. L’armée d’Édouard rencontre celle de Warwick à la bataille de Barnet durant laquelle à cause d’un brouillard épais, certains des hommes de Warwick s’attaquent entre eux par erreur… Ca ne s’invente pas … immédiatement, les hommes de Warwick croient avoir été trahis et s’enfuient. Warwick lui-même est arrêté et immédiatement exécuté. Marguerite et son fils Édouard tentent de rejoindre les partisans des Lancastre au Pays de Galles mais son armée est à son tour anéantie à la bataille de Tewkesbury où est tué le prince Édouard de Westminster, fils d’Henri VI et dernier des Lancastre. Le roi Henri est finalement assassiné le 21 mai 1471 pour couper court à toute tentative de réinstallation sur le trône.

La dynastie York semble désormais solidement installée sur le trône d’Angleterre. Le pays vit dans une paix restaurée qui semble marquer la fin de la guerre des deux roses … mais c’est sans compter le décès prématuré d’Édouard IV en 1483 qui laisse la couronne à son fils ainé Édouard V âgé d’à peine 12 ans. Sur son lit de mort Édouard appelle auprès lui son plus fidèle frère Richard, duc de Gloucester, pour faire de lui le Lord, Protecteur de l’Angleterre et donc régent du royaume. Le futur Richard III entre en scène.

à suivre

Première Partie : à l’origine de la Guerre des deux roses

Deuxième partie : l’avènement des York

1 thought on “La fin des Lancastre ? : Richard III de l’avanie à l’éternité (3ème partie)

  1. Des analyses ADN ont mis au jour des “irrégularités” dans la généalogie de Richard III. Des adultères dans l’air!! Le royaume d’Angleterre composé de bâtards? Shocking! Lol

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