En vrac mais pas par hasard, les combats de la nudité

Share
Nona Segura, cette inconnue star de Meerkat
Nona Segura, cette inconnue star de Meerkat

Une guerre sans nom est menée sur les ondes et plus spécifiquement sur les réseaux sociaux, cette guerre vise à réguler ce que les utilisateurs affichent sur internet. Comment réglementer, comment gérer un outil qui est né de l’esprit de liberté? Comment trouver le juste compromis entre cette liberté et l’anarchie?

Parce que nous sommes au XXIème siècle, la réponse des autorités politiques et étatiques aura été de laisser cette charge aux entreprises privées qui ont investi et fait grandir l’Internet. C’est ainsi à Facebook, Apple, Google, Microsoft ou Twitter d’assumer la police de leurs réseaux, telles des autorités policières virtuelles. C’est là, la première défaite de l’Etat en tant que démocratie : un abandon de souveraineté.

Toutes ces entreprises étant américaines, c’est un puritanisme bon teint qui s’est abattu sur la toile … cachez ce sein que Facebook ne saurait voir…. Pour autant, si surveiller les réseaux sociaux aura été un challenge pour ces entreprises elles tendent à atteindre leurs limites de surveillance en ce qui concerne les réseaux de diffusion en temps réel comme Périscope ou Meerkat. Des heures et des heures de film diffusés en temps réel à travers le monde. Des heures et des heures de pornographies orchestrée par des particuliers avides de partager avec des centaines d’inconnus un sein, un sexe, une fesse. Qu’ils le veuillent ou non, le destin d’Internet reste intimement lié à la sexualité  fugace et débridée de ces internautes qui aiment à se perdre dans la volupté des interdits.

Sur Meerkat, la personnalité la plus regardée est Madonna mais la seconde est une inconnue, Nora Segura, dont les vidéos se resument a une paire de sein répondant à une paire de fesses… clairement la jeune femme semble avoir quelques difficultés à supporter du tissu sur sa peau. Ryan Cooley, gestionnaire de communauté pour  Meerkat, avait estimé : “Il est de notre devoir d’avoir des mécanismes en place pour organiser le contenu d’une manière qui protège les mineurs …  nous gardons un œil très attentif sur le contenu de Meerkat.”

Seulement voilà,  cette responsabilité de protéger les mineurs afin qu’ils ne tombent pas sur des contenus “inappropriés ou offensants” n’incombe pas ou ne devrait pas incomber aux entreprises du net. C’est la responsabilité des parents et non d’internet ! La question qui se pose n’est pas de savoir comment censurer un contenu libre sur Meerkat ou Périscope mais plutôt de savoir pourquoi et comment des enfants de 12 ou 13 ans peuvent passer des heures connectés sur internet, et pire sur les réseaux sociaux sans aucun contrôle parental. Limiter le flux d’information pour protéger les enfants c’est contrôler l’information selon le bon vouloir des firmes au lieu d’éduquer nos chères têtes blondes …

Le sexe fait il vendre ?

Certains vont me dire que les entreprises du net sont faux cul puisque le sexe est ce qui amène les utilisateurs sur un réseau ou un site … on me répète souvent que je balance ici ou là des articles avec une paire de fesses quand l’audience de Itsgoodtobeback fléchie et pourtant … sur les articles les plus lus de 2015, la première paire de fesses n’arrive que dans le 6ème ou 7ème article … En fait, au delà des sites exclusivement spécialisés sur ces sujets, le sexe aurait tendance à faire fuir les utilisateurs “utiles” à un site … ceux qui s’abonnent et partagent. Ils ne veulent pas associer leur nom ou leur profil à un site avec du contenu explicite et sexuel. Le sexe peut accroître la visibilité d’un site sur le court terme mais il détruit sa crédibilité à long terme.

Pour autant il ne faut pas céder à la censure

Felippe e Marlon
Felippe e Marlon

L’affichage du sexe sur le net a aussi un rôle artistique, revendicatif et politique. Bien au delà des selfies de qualités douteuses de snapchat et autres, l’affichage du sexe est un combat. Les Femen se battent avec leurs seins exhibés en public pour les causes qu’elles défendent. Au Brésil, ce sont les Chicos ! Les méthodes ne sont pas les mêmes sur le fonds mais sur la forme, le principe est identique. Fábio Lamounier et Rodrigo Ladeira, photographient des hommes nus pour dénoncer l’homophobie et pour prôner un retour à des valeurs plus respectueuses vis à vis des uns et des autres. Ils ont entrepris leur mission de rassembler  différentes expériences, identités, sexualités et corps dans un espace où tous peuvent exister sans tabou et sans norme sociale. Une liberté poussée à outrance qui ressemble au combat des peintres parisiens du début du XXème siècle qui voulaient briser les tabous du siècle précédant …

Des photos pour la liberté d’être et de vivre comme bon leur semble, cela peut paraître ridicule, inutile et pourtant nous voici dans une société où l’on supporte et glorifie les corps seulement quand ils sont cachés mais pas la réalité de ces corps exprimés par photo ou vidéo.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *