Richard III de l’avanie à l’éternité : La chute ! (5ème partie)

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La fin de Richard III
La fin de Richard III

Bien que victorieux face aux rebellions et aux ambitions d’Henri Tudor, Richard III est inquiet (4ème partie). Il ne parvient pas à remplir les caisses du royaume, vidées par les expéditions écossaises de la fin du règne de son frère. Tous les observateurs et même les pire détracteurs du souverain reconnaissent qu’il gouverne avec énergie, compétence et disons le, talent. Il est à tous points de vue l’un des meilleurs dirigeants de l’Angleterre depuis bien longtemps, s’acharnant à rétablir la justice et à relancer l’économie anglaise en abaissant la pression fiscale.

Il doit faire face à des révoltes et à des complots incessants que mènent de grands aristocrates, soucieux de protéger leurs droits et leurs biens contre un souverain réformateur et par conséquent aisément accusé de tyrannie et d’abus de pouvoir. N’oublions pas que ceux qui l’accusent sont, comme d’habitude, les principaux bénéficiaires du système politique et social et pas le peuple qui lui bénéficie des réformes royales … mais d’aucun poids dans les querelles dynastiques.

En avril 1484 le roi est touché au cœur de son pouvoir : son fils unique et seul héritier Édouard de Middleham, meurt. Il perd un an plus tard son épouse Anne ce qui compromet durement sa succession et donc son poids politique. La légende noire du souverain refait alors surface, la rumeur courant l’Angleterre selon laquelle il aurait fait empoisonner sa femme afin d’épouser sa nièce Élisabeth…

bataille de Bosworth
bataille de Bosworth

C’est le moment que choisi Henri Tudor pour débarquer au pays de Galles, le 7 août 1485, à la tête de son armée. Richard apprend la nouvelle quatre jours plus tard, mobilise en hâte ses troupes et se porte à sa rencontre. Les deux armées se rencontrent le 22 août dans le Leicestershire, au sud du village de Market Bosworth.

En dépit de son importance dans l’histoire britannique, la bataille de Bosworth est mal documentée, mais toutes les sources s’accordent à souligner la bravoure de Richard sur le terrain. Au sein de la mêlée, il conduit une charge directe contre Henri afin de l’éliminer. Le plus fidèle partisan de Richard, John Howard, duc de Norfolk, est tué au début de l’engagement. Bien qu’alliés également au roi, lord Thomas Stanley (futur comte de Derby) et Henry Percy, comte de Northumberland, s’abstiennent alors d’appuyer les yorkistes de leurs 3 000 hommes d’armes dans ce moment décisif de la bataille. Lorsque Richard charge à son tour avec ses chevaliers contre Henri Tudor, William Stanley, frère de lord Stanley, qui a secrètement promis son soutien à Henri, attaque le flanc gauche de Richard. L’armée des York se disperse, tandis que Richard, préférant la mort, est désarçonné et tué dans un marais.

Henri VII et Elizabeth d'York
Henri VII et Elizabeth d’York

Henri est proclamé roi le soir même sous le nom d’Henri VII : c’est la fin de la guerre des Deux-Roses et le début de la période Tudor. Le corps de Richard, dénudé, est emporté à Leicester pour y être exposé à la vue de tous, avant d’être inhumé dans une chapelle franciscaine. Quelques années plus tard, vers 1494 ou 1495, Henri VII lui fait ériger une tombe, probablement détruite durant la Dissolution des monastères.

En 1486 Henri VII épouse Elisabeth d’York, la nièce de Richard III dont nous parlions plus haut. Henri Tudor était l’héritier de la maison des Lancastre. Élisabeth était de la maison d’York. Mais elle était aussi et surtout la première dans l’ordre de succession en droit et donc la seule à pouvoir prétendre à la couronne selon les Yorkistes. Ses frères et ses oncles étaient morts sans descendance. C’est le jour de ce mariage que prit réellement fin la guerre des deux roses, celle des Lancastre et celle des York dont les deux derniers représentants s’unissaient pour fonder une nouvelle dynastie : Les Tudors !

à suivre 6ème et dernière partie

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