En vrac mais pas par hasard : l’école des fans de la politique

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C’est fait. Les français ont voté pour la dernière fois avant l’élection présidentielle de 2017 et tout est encore plus flou à la veille (bon 18 mois en fait) du scrutin roi de notre république oligarchique.

Maintenant tu te casses !
Maintenant tu te casses !

1/ La Droite a gagné : je l’écrivais le 9 novembre dernier, “En 2015, dans un climat particulièrement difficile pour le Parti socialiste, la moindre des choses pour la droite est de reconquérir des régions ! Ce qu’elle fera probablement au soir du second tour, la question étant en quelle proportion ?… ainsi donc, probablement écrirons nous : la droite « républicaine » progresse mais moins que prévu” Un peu plus d’un mois plus tard force est de constater que oui la droite progresse mais que sa victoire reste étriquée : 5 régions par ses propres moyens et 2 de plus grâce au retrait républicain des socialistes.

La droite a gagné mais dans des conditions de fractures internes telles que l’avenir est un peu morose pour Les Républicains de Nicolas Sarkozy … ce dernier peut quant à lui remercier grandement François Hollande et Manuel Valls sans lesquels il aurait enregistré une véritable claque républicaine en emportant moins de régions que le Parti socialiste pourtant annoncé exsangue. On est loin du grand chelem dont parlaient certains dirigeants de droite en septembre dernier

comment ils ont achevé Martine
comment ils ont achevé Martine

2/ La gauche a gagné, en tout cas le parti socialiste :  Le Président et le Premier ministre peuvent se targuer d’avoir garder 5 régions représentant un total de 9 anciennes régions. Elle était à deux doigts de préserver également les deux Normandie (fusionnées) et l’Ile de France …. à deux doigts ou à une petite phrase sur la race blanche … Quoi qu’il en soit la résistance est réelle et ce d’autant plus que le bloc de gauche dans son ensemble est supérieur au bloc de droite. Démonstration est faite que si la gauche veut être au second tour de la présidentielle, il faudra s’unir au premier… Alors certes, le Parti socialiste a perdu de nombreux élus et même tous ses élus en PACA et en Nord Pas de Calais Picardie. Pour autant, le Président en tire un double bénéfice, voir un triple : la gauche aura accepté le sacrifice pour faire barrage au FN et F. Hollande pourra dire aux électeurs de droite entre les deux tours de 2017 “souvenez vous PACA et le Nord Pas de Calais”… Nicolas Sarkozy lui ne pourra que ressasser son “ni … ni” car ne soyons pas dupes … aucun électeur de gauche ne l’oubliera ! Deuxième effet positif, le Président s’est débarrassé du PCF, du Parti de Gauche et des Verts dans 3 régions où ils étaient particulièrement forts : PACA ( 27 sortants), Nord Pas de Calais Picardie (45 sortants) et Bretagne (19 sortants). Trois régions où ses mouvements en opposition permanente et frontale au Gouvernement ne disposeront plus d’aucun socle électoral … Mieux encore, le Président a décapité les deux fédérations socialistes les plus frondeuses derrière Martine Aubry : PACA et Nord Pas de Calais … c’est d’une pierre trois coups !

Le FN ne sera pas prêt pour 2017. Par contre 2022 ...
Le FN ne sera pas prêt pour 2017. Par contre 2022 …

3/ Le FN a gagné … : certes et contrairement à ce que je croyais, le FN n’a emporté aucune région lors de ce scrutin grâce à la mobilisation des abstentionnistes et au report des voix de gauche vers la droite ou même (par exemple en Ile de France) des voix du FN sur la droite). Néanmoins force est de constater que le FN atteint pour la première fois le second tour dans toutes les régions de France métropolitaine, que si la carte régionale n’avait été modifiée, le FN l’aurait emporté dans le Languedoc Roussillon avec quelques milliers de voix d’avance sur la candidate socialiste, Louis Alliot s’imposant très largement dans les Pyrénées-Orientales et le Gard.

Plus encore que cela, le FN atteint à deux reprises son plus haut historique en termes de suffrages … 6.018.672 de voix, c’est ce qu’ont obtenu les listes Front national au premier tour des élections régionales, soit 27,73% des suffrages exprimés. C’est 2,5 points et 800 000 voix de plus que lors des départementales de mars dernier ainsi que 3 points et 1 300 000 voix de plus qu’aux européennes de 2014. Le parallèle avec la présidentielle de 2012 est encore plus significatif : Marine Le Pen avait certes obtenu 400.000 voix supplémentaires (6,42 millions) mais les électeurs étaient 14 millions de plus à se rendre aux urnes (30 points d’écart de participation entre les deux scrutins)! Cette petite limite est levée au second tour où certes il n’y a pas de présidence de région mais 6 820 301 suffrages soit 400 000 électeurs de plus que lors du premier tour de l’élection présidentielle avec un taux de participation bien inférieur …. Cela lui permet d’obtenir 358 conseillers régionaux (plus que le parti socialiste avec 339).

La démonstration est faite, le FN progresse mais probablement trop lentement pour permettre à Marine Le Pen de s’imposer en 2017, par contre pour sa nièce … il est probable que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle.

Quand Lucette prend sa revanche sur Lurel
Quand Lucette prend sa revanche sur Lurel

4/ l’Outre-mer a perdu : Le silence n’est plus assourdissant, il est intolérable … Nos concitoyens d’outre-mer ont à peine eut droit à quelques mots durant la soirée électorale sur les grandes chaînes. Rien ou presque dans les journaux si ce n’est silence, oubli, indifférence et mépris. Le Conseil représentatif des Français d’Outre-Mer a saisi le CSA sur le sujet. Et pourtant, il y en avait des choses à dire sur les élections régionales en Outre-mer. D’abord en Guadeloupe où l’ancien ministre des Outre mer le socialiste Victorin Lurel qui dirigeait la région depuis 2004 a été lourdement battu par un autre député de gauche, Ary Chalus à la tête d’une liste hétéroclite qui comprenait notamment Marie-Luce Penchard, ex-ministre de l’Outre-mer de Nicolas Sarkozy  (sérieusement cette histoire là mérite un article à part entière bientôt…)

En Martinique aussi on a assisté à une révolution de Palais avec la défaite du président sortant socialiste, Serge Letchimy face à la liste menée par l’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne qui bien qu’il siège à l’assemblée nationale avec les communistes aura fusionné sa liste avec celle du parti Les Républicains pour construire un front anti Letchimy qui lui permet de reconquérir une région perdue en 2010…

 

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