J’ai rencontré un Don Quichotte en tutu

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13920.jpgNe soyez pas si fébrile en arrivant sur cette page car j’ai bien rencontré Don Quichotte mais pas celui que l’on a lu, ou que l’on feint d’avoir lu dans les dîners en ville … avouons finalement peu sont ceux qui parmi nous ont réellement lu ou se souviennent d’avoir lu le chef d’œuvre de Cervantès…

Non, le Don Quichotte que j’ai rencontré, c’est celui revisité par Marius Petipa et Léon Minkus qui firent ce pari fou de transposer la littérature du début du XVII ème siècle sur une scène dansante … un ballet ! Autant vous dire que j’étais quelque peu dubitatif, dans mon inculture de la chose, sur la transposition de cette histoire en pas de danse … Souvenez vous, Don Quichotte voit dans la moindre auberge un château enchanté, prend les filles de paysans pour de belles princesses et les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens…. Pour les moulins je vois bien mais pour les géants j’étais plus perplexe et je craignais que l’ensemble ne fut bien long …

C’était sans compter le talent du compositeur Minkus et surtout sans le manque total de retenue de Petipa qui n’hésita pas à appeler son ballet “Don Quichotte” ce qui dut faire se retourner Cervantès dans sa tombe tant son héros n’est qu’une ligne de narration au sein d’une histoire qui ne ferait pas rougir Plus belle la vie

Ainsi donc, ce soir de février où je m’aventurais au Palais des Congrès de Paris, j’allais réussir l’impensable à mes yeux : oublier la pauvreté d’une histoire pour focaliser mon contentement sur la beauté de la danse et l’incroyable talent des artistes sur scène. Croyez moi, le pari fut réussi !

L’histoire, car il faut bien en parler est celle de Quitterie, une fille d’aubergiste, amoureuse du barbier Basile, charmant mais sans le sou. Son père, Lorenzo, remarque les tourtereaux et repousse Basile alors qu’arrive alors le riche et noble Gamache, qui, également amoureux de Quitterie, se rapproche de Lorenzo et lui demande la main de sa fille. L’aubergiste accepte avec beaucoup d’enthousiasme, mais Quitterie, horrifiée à l’idée de se marier avec un tel dandy, s’échappe…

D’une quête chevaleresque il est bien question mais cette fois c’est la quête de l’idéal féminin poursuivi par Don Quichotte, lui aussi amoureux de la belle Quitterie. Elle s’accompagne des rythmes endiablés de danses gitanes, espagnoles qui parfois, dans le détail ne sont pas sans rappelées que l’auteur est certes autrichien mais que c’est pour le grand Bolchoï de Moscou qu’il compose.

Point de Russie, au Palais des Congrès mais des Ukrainiens ! La représentation est offerte par l’Opéra National de Lviv. Il y a 11 ans, il était proclamé «Théâtre National» et sa compagnie est unanimement reconnue pour la qualité de ses réalisations et le haut niveau de performance des artistes du ballet, de l’orchestre et des chœurs. Que vous dire, pour le profane que je suis en tout cas, la soirée fut parfaitement onirique. On en ressort les yeux pleins d’étoiles, de fanfreluches, de tutus et d’un soupçon de kitsch assumé … Et si le bonheur c’était cela ? une histoire d’amour qui fini bien, une quête de perfection dont on reconnait l’inutilité … une soirée merveilleuse où tout semble évident, surtout l’impossible !

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