Qui sont les candidats républicains aux primaires 2016 ?

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Rubio, Trump et Cruz
Rubio, Trump et Cruz

 mis à jour le 21/02/2016

Après avoir vu comment fonctionnaient les primaires et vous avoir présenter les candidats démocrates, je vous propose d’aller à la rencontre des candidats républicains à ces primaires. Certains ont déjà disparu dans les affres des défaites électorales … mais d’autres s’accrochent plus ou moins vaillamment dans l’attente du Super Tuesday qui devrait grandement clarifier la situation

Du côté des républicains, ils partîmes 17 au premier jour de la primaire de l’Iowa et ne sont plus à ce jour que 6 à tenter de succéder à Barack Obama .

Je vous l’avais expliqué, statistiquement, le Parti républicain a toutes les chances d’emporter cette élection puisque jamais depuis 1865, un démocrate n’est parvenu à succéder à un autre démocrate dans des conditions « normales ». C’est donc tout naturellement que les candidats sont nombreux voir très nombreux. 17 déclarés mais en comptant ceux qui ont « exprimé un interet » on part de 23 … Et il n’en restera qu’un !

Ils ont renoncé à se présenter : Jon Huntsman, Jr., mormon, gouverneur de l’Utah de 2005 à 2009, considéré comme un libéral et donc issu de l’aile centriste, il renonce à se présenter considérant que cette campagne est ingagnable par un modéré. Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, candidat à la vice-présidence en 2012, représentant du Wisconsin depuis 1999 … préfère passer son tour, Joe Scarborough, Représentant de Floride à la chambre des représentants de 1995 à 2001 mais surtout animateur de débats télévisés, totalement accroc à la provocation médiatique, Scott Brown, Sénateur du Massachusetts de 2010 à 2013. Celui qui avait momentanément fait basculer le très démocrate Massachusetts du côté républicain est là encore trop modéré pour espérer l’emporter dans son camps et n’officialise pas sa candidature. Peter T. King, représentant de New York à la chambre des représentants depuis 1993, il envisage une candidature de témoignage pour se faire connaitre au niveau du pays. Mike Rogers, représentant du Michigan à la Chambre des représentants depuis 2001, principalement connu pour avoir réclamé la peine de mort pour Snowden.

Ils se sont présentés mais ont abandonné avant même le début des primaires : dans cette catégorie on retrouve Rick Perry, gouverneur du Texas de 2000 à 2015, gaffeur invétéré qui avait déjà échoué en 2012. Il est entré dans la course le 4 juin 2015 et a suspendu sa campagne le 11 septembre 2015 faute de soutiens. Il appuie désormais l’ultra-conservateur Ted Cruz. Il y a aussi Scott Walker, gouverneur du Wisconsin depuis 2011, entré dans la course le 13 juillet 2015, il se retire en septembre … le garçon est un habitué des pré tentative … en cas de défaite des républicains en 2016 il pourrait être un candidat sérieux en 2020. Le troisième de cette catégorie est Bobby Jindal, gouverneur de la Louisiane depuis 2008, qui soutient désormais Marc Rubio tout comme George E. Pataki, gouverneur de New York de 1995 à 2006. Ce dernier aura duré plus longtemps de mai à décembre 2015. Enfin, il y a Lindsey Graham, sénateur de la Caroline du Sud depuis 2003. Conservateur consensuel, il est connu pour ses prises de positions quelque fois peu orthodoxes, sa recherche du compromis et se montre parfois très critique envers la ligne officielle du Parti républicain. Il Entré dans la course le 1er juin 2015 avant de se retirer au profit de Jeb Bush en décembre.

Les deux premières primaires auront achevé six autres candidats qui se retirent faute d’électeurs :

Mike Huckabee, gouverneur de l’Arkansas de 1996 à 2007. Déjà candidat malheureux en 2008, il était parvenu jusqu’au super Tuesday avant de se retirer. Cette fois c’est dès le caucus de l’Iowa qu’il annonce son retrait n’ayant obtenu que 1,8 % des voix. Ancien pasteur baptiste, créationniste, viscéralement opposé à l’immigration et farouche défenseur du droit de porter des armes, Mike Huckabee, 60 ans, fait partie de la frange la plus conservatrice du parti républicain dont l’électorat est aujourd’hui largement capté par Ted Cruz et Donald Trump.

Rand Paul, figure du mouvement Tea Party ; il est élu sénateur du Kentucky le 2 novembre 2010 et prend ses nouvelles fonctions au Sénat le 3 janvier 2011, devenant le premier membre du mouvement des Tea Party à remporter un mandat électif national. Son père Ron Paul, fut le candidat du parti libertarien à l’élection présidentielle américaine de 1988. Rand est entré dans la course le 7 avril 2015 mais se retire des primaires après le caucus de l’Iowa où il obtient 4.5 % des voix.

Rick Santorum, très conservateur sénateur de la Pennsylvanie de 1995 à 2007, candidat malheureux. en 2012. Il avait gagné la primaire de l’Iowa en 2012 avec 24,54 % des voix. Cette année il n’obtient que 1 % et quitte la course avant d’annoncer son soutien à Marco Rubio.

Chris Christie, gouverneur du New Jersey depuis 2010 s’est lourdement planté dans cette campagne. Dans l’Iowa, premier Etat à voter le 1er février, il était arrivé 10e, avec 1,8 % des voix. Avec ces scores, il était improbable qu’il puisse participer au prochain débat républicain et son financement était condamné à l’assèchement. C’est ainsi que dans le New Hampshire, le candidat qui avait massivement investi dans cet Etat, est arrivé 6e de la primaire avec 7,4 % des suffrages. Il jette l’éponge le soir même.

Carly Fiorina, ancienne CEO de Hewlett-Packard était la seule femme candidate. Elle renonce le 10 février 2016 faute d’électeurs et donc d’argent.

Jim Gilmore, gouverneur de la Virginie de 1998 à 2002 avait été brièvement candidat à la candidature républicaine pour l’élection présidentielle de 2008 … cette fois ci également ce fut bref ! Silencieux pendant de longs mois, M. Gilmore, faute d’organisation et de financement, avait fait l’impasse sur les caucus républicains de l’Iowa, le 1er février. Interrogé par une station de radio de cet Etat, il avait assuré le 29 janvier « qu’y obtenir une seule voix serait une victoire ». Il en avait recueilli 12. L’ancien gouverneur s’était en revanche plus impliqué dans le New Hampshire. Il y avait multiplié par dix son score en obtenant 133 bulletins à son nom le 9 février. Loin derrière, cependant, des candidats qui s’étaient retirés les jours précédents : Rand Paul (1 900 voix), Mike Huckabee (215 voix) et Rick Santorum (155 voix)…

A la suite de cet abandon, il ne reste plus que six candidats en course pour l’investiture républicaine pour la présidentielle du 8 novembre. Il s’agit de Jeb Bush, Ben Carson, Ted Cruz, John Kasich, Donald Trump et Marco Rubio.

Donald Trump
Donald Trump

Donald Trump, on ne le présente malheureusement plus … Trump, qui se présente comme l’incarnation du rêve américain est d’abord et avant tout le “fils de”. En l’occurence, le fils d’un entrepreneur dans le secteur immobilier de New York, cofondateur de la compagnie Elizabeth Trump & Son. Il fait ses stages dans l’entreprise familiales avant de la rejoindre officiellement en 1968 et d’en prendre la tête en 1971. L’entreprise devient alors  The Trump Organization et symbolise la folie immobilière des années 80 en personnifiant à l’extrême le culte de la personnalité de son propriétaire qui lui donne un aspect kitsh qui transparaît dans chaque construction et notamment le grand casino à Atlantic City, sobrement dénommé le Trump Taj Mahal. Après avoir de justesse éviter la banqueroute au début des années 90 du fait de l’implosion de la bulle immobilière, il devient présentateur de l’émission de téléréalité The Apprentice de 2004 à 2015, ce qui contribue largement à sa célébrité dans les couches populaires.

En , à la tête d’une fortune de 4,5 milliards de $, Donald Trump annonce sa candidature aux primaires du Parti républicain pour l’élection présidentielle de 2016. Il fait sourire les médias et ses concurrents qui se disent qu’au moins ca présence allait amuser le public pendant l’été avant que débutent les choses sérieuses et qu’il disparaisse. Pourtant, dès le mois de juillet, il se trouve de manière presque systématique en tête des sondages d’opinion pour la campagne des primaires à l’investiture républicaine. Il mène une campagne raciste, populiste où son langage de vérité (comme dirait la présentatrice du Grand Journal) charme une population qui ne supporte plus l’establishment de Washington. A l’heure où j’écris ces lignes, Donald Trump a toutes les chances d’être désigné comme le candidat du Parti républicain…

Le délicieux Ted Cruz
Le délicieux Ted Cruz

A côté de Trump, on retrouve Ted Cruz qui semble avoir le vent en poupe. Nous pouvons être nombreux à penser que la meilleure solution serait de défendre un “tout sauf Trump” mais c’est parce que nous ne connaissons pas bien Ted Cruz ! Sénateur du Texas depuis 2013, il est soutenu par le Tea Party et le  Republican Liberty Caucus, l’aile libertarienne du Parti républicain. Les gays n’ont aucun droit, l’avortement est un meurtre, les écoles doivent pouvoir choisir d’enseigner la parole divine, la peine de mort c’est génial, le port des armes un must des libertés individuelles … bref il fut le conseiller de Georges Bush pour la politique intérieure et pour la forme, si Trump ne ressemble à rien, Cruz a ce petit regard visqueux qui vous donne envie de ne pas rester dans la même pièce en tête à tête …

Rubio
Rubio

Face à ces deux personnages qui pourraient presque rendre Marine le Pen sympathique, il y a le latino sexy  Marco Rubio. L’homme qui est Sénateur de Floride depuis 2011 a inspiré un personnage de la série Alpha House qui suit le quotidien de quatre sénateurs républicains, partageant une maison dans la capitale américaine – leurs épouses vivent dans leurs états respectifs – et qui sont sur le point de devoir entrer en campagne pour leur réélection. On trouve le fainéant John Biggs (Goodman), l’ambitieux Robert Bettencourt (Clark Johnson), l’anti-mariage pour tous Louis Laffer (Matt Malloy) et le séducteur Andy Guzman (Mark Consuelos). C’est ce dernier qui prend pour modèle un Marc Rubio, obsédé par l’idée de devenir le premier latino à la tête des Etats-Unis. Bref Rubio est un personnage de fiction qui se rêve en personnage historique plutôt modéré idéologiquement … pour ne fâcher personne !

MAJ du 21/02 : Marco Rubio termine deuxième en Caroline du Sud le 20 février. Dix points derrière Donald Trump, certes, mais juste devant Ted Cruz.«Nous sommes maintenant engagés dans une course à trois, et nous allons gagner», a martelé le jeune sénateur de Floride, manifestement satisfait. Face au populiste Donald Trump et à l’ultraconservateur Ted Cruz, Marco Rubio répète qu’il est le candidat le plus à même d’unifier le parti. Une certitude : l’abandon de son ancien mentor Jeb Bush va lui permettre de récupérer des voix et des riches donateurs.

Pour ce qui est de Jeb Bush … 62 ans, était gouverneur de Floride en 2000, l’année où son frère est élu président grâce à des erreurs de comptage dans les bureaux … de Floride … Contrairement à George Bush (fils), il représente l’aile progressiste du Parti républicain. En juin dernier il se lance dans la course avec comme slogan : « Jeb ! »

Jeb Bush et son frère
Jeb Bush et son frère

Sa principale crainte était apparaître comme le fils ou le frère de …  « Moi, c’est moi », revendique Jeb, qui a gommé jusqu’à son nom de famille de ses affiches. Pourtant, la réussite de sa carrière politique est pour beaucoup due à ses origines familiales. Sans les réseaux construits par son grand-père, Prescott Bush, sénateur du Connecticut, puis par les deux George Bush, Jeb n’aurait pas l’envergure politique qu’il a aujourd’hui. « Tout le monde dans le Parti républicain leur doit quelque chose, résume Nicole Bacharan, historienne et politologue spécialiste des Etats-Unis. Et Jeb Bush bénéficie de fait d’une notoriété immense chez les Américains, ce qui est loin d’être le cas de ses adversaires à l’investiture. » Le problème de Jeb, c’est qu’il est la personnification de l’establishment politique … et donc le cauchemar de l’électeur lambda de 2016 …

MAJ du 21/02/16 :  il était destiné à affronter Hillary Clinton dans un duel de dynastie qui faisait couler tant d’encre. Le 20 février, après une nouvelle contre-performance en Caroline du sud (8 %), l’ancien gouverneur de Floride a mis fin les larmes aux yeux à une campagne aux allures de chemin de croix. Une campagne qui n’a jamais décollé malgré 150 millions de dollars dépensés, un record dans le camp républicain.

John Kasich
John Kasich

Il nous reste  John Richard Kasich, 63 ans et  gouverneur de l’Ohio depuis 2011, l’Ohio, un Etat incontournable pour battre les démocrates en novembre. C’est le seul républicain qui peut être considéré comme un éventuel “bon président”, modéré, rassembleur et expérimenté. Il devra espérer la chute des populismes pour l’emporter à la grande surprise de la base électorale républicaine !

Je sais, j’ai oublié la pasteur Ben Carson … tout simplement parce qu’il a la seule personne à ne pas encore avoir compris qu’il avait déjà perdu … tournons la page !

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