Mohamed Ali, une légende ne meurt jamais

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Mohamed Ali
Mohamed Ali

Il avait 74 ans et vivait avec un Parkinson foudroyant depuis plus de 33 ans. Mohamed Ali est mort aujourd’hui, presque sans bruit, dans un silence indécent que lui imposait la maladie. Il faut dire que tout le monde se souvient de cette image bouleversante du géant tremblotant qui s’avançait dignement pour allumer la flamme olympique d’Atlanta, en 1996.

Mohamed Ali, qui s’écrivait en fait Muhammad Ali ne fut pas simplement le plus grand boxer de tous les temps avec ses 61 combats dont 56 victoires (6 par KO), ses 8 titres de champion du monde poids lourds WBA et ses 9 années de règne en tant que champion du monde WBC, don titre de champion olympique de 1960 et sa victoire des Golden Gloves 1959 et 1960.

Plus qu’un athlète, Ali demeure une icône culturelle, une force sociale et politique.

Mohamed Ali alors Cassius Clay
Mohamed Ali alors Cassius Clay

La légende veut qu’il vienne à la boxe alors qu’il s’appelait encore Cassius Clay après le vol de son vélo quand il avait 12 ans. 5 ans plus tard il est la nouvelle étoile de la boxe américaine. Fort de ses succès, Cassius Clay annonce sa conversion à l’islam et prend le nom de Mohamed Ali. Il s’affiche au coté de Malcom X et Elijah Muhammad, les chefs de file de la Nation de l’Islam, Dès lors Ali est le symbole des divisions de la société américaine et cristallise les peurs de l’Amérique blanche. En pleine guerre du Vietnam il lâche une petite bombe médiatique en déclarant «je n’ai rien contre le Vietcong, aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nègre» et en 1967 il refuse de répondre à l’ordre d’incorporation dans l’armée, il est déchu de son titre et doit fuir les Etats-Unis pour trois ans.

Mohamed Ali
Mohamed Ali

Blanchi par la Cour suprême en 1970, il perd quatorze kilos, revient sur le ring et découvre son véritable rival, l’homme qui a pris sa place sur les rings : Joe Frazier qui lui inflige en 1971, 12 après son émergence, sa première défaite. Pour Ali, la reconquête passera par le Zaïre, à  Kinshasa, où en 1974, il fait tomber George Foreman. Le sommet de sa gloire, mais aussi le seuil de son déclin. Un an plus tard, dans un des combats les plus violents de l’histoire, Ali scelle par une victoire l’épilogue de sa trilogie avec Joe Frazier. «J’ai vraiment eu le sentiment que j’approchais de la mort», confiait-il à L’Equipe en 2001.

Devenu à compter de 1984 le visage des malades de Parkinson, il n’a cessé de s’engager pour la recherche contre la maladie. Triste ironie, l’homme qui se battait autant avec ses poings qu’avec sa répartie, probablement le plus grand hâbleur de l’histoire du sport est réduit au silence par la maladie. Insupportable prétentieux et vantard dans un monde qui aime la simplicité et la modestie de ses héros Ali répète inlassablement, même d’un simple regards sa phrase fétiche : «Les gens humbles ne vont jamais très loin.» 
Elle résonne d’autant plus fort maintenant que sa vie s’achève et que sa légende resplendit plus que jamais.

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