Derrière l’injuste et tout relatif échec de Terminator Genisys

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Terminator-Movie-Timeline-ExplaiTerminator est un mythe … en tout cas pour celles et ceux qui comme votre serviteur ont grandi dans les années 80. Du premier opus ayant, comme la plupart des films de Scharzi, assez mal vieilli jusqu’au troisième épisode qui annonce l’ère incroyable des blockbusters technologiques enfin réussis (que les fans de Star wars et Star Trek veuillent bien me pardonner).

Terminator appartient à cette catégorie presque magique des « classiques du cinéma » dans les catégories « action » mais surtout « cinéma d’anticipation des années 1980 ». Il ouvre la voie à la thématique du voyage dans le temps qui avait été si souvent désastreuse dans l’histoire du cinéma et cela un an avant le génial Back to the Future de Robert Zemeckis. Plus encore il est le premier (dans le cinéma grand public) à lever le voile sur ce qui sera peut-être la plus grande thématique des années 2000 et 2010, celle de la menace que pourraient faire naître les robots intelligents et de manière plus large « l’intelligence artificielle ». Là encore on pourrait citer 2001, l’odyssée de l’espace de Kubrick mais clairement on est pas dans le même type de cinéma. Si Kubrick obtient bien un grand succès commercial avec un film d’auteur soit presque 57 millions de dollars de recettes au box-office mondial, Terminator (1) emporte sans aucun budget publicitaire plus de 78 millions de dollars.

273923-1a5a29e0-18af-11e5-b043-03fbbcadf4e0Ce qu’on oublie souvent c’est que le film n’a pas été conçu à la base pour être un succès commercial ou critique et qu’il faisait une peur bleu aux producteurs. Une habitude que son réalisateur transformera en marque de fabrique avec le temps, James Cameron va créer les plus grands films annoncés comme des désastres et se transformant en mines d’or : Titanic, Avatar… Bref, malgré tout, Terminator fut en tête du box-office américain pendant deux semaines et a aidé à lancer la carrière cinématographique de Cameron et à consolider celle de Schwarzenegger, confortant son statut de star du film d’action acquis en 1982 avec Conan le Barbare.

En 2008, le film a été sélectionné par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour y être conservé, comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement important »… Cameron réalisa le deuxième opus Terminator 2 : Le Jugement dernier en 1991 mais il ne s’associe pas à Terminator 3 : Le Soulèvement des machines (2003) ni à Terminator Renaissance (2009) qui alternent réussite et échec. Il ne revient aux sources de son succès qu’en 2015 avec l’objet de ce post : Terminator: Genisys (2015), première étape de ce qui devait être une nouvelle trilogie …

Le film est pourtant un véritable échec critique allant de très mitigées à négatives dans presque tous les pays. Phalène de la Valette du Point écrit ainsi qu’il y a « quelque chose de touchant dans le spectacle de cette machine humaine désormais ridée et grisonnante » et ajoute « Terminator: Genisys est à Terminator ce que Jurassic World est à Jurassic Park : une madeleine de Proust bon marché, moyennement goûteuse, mais néanmoins comestible »…

C’est bien là que réside l’incompréhension entre ceux qui découvrent un monde qui n’est plus si nouveau que cela et les autres … Ceux qui comme moi entretiennent une véritable histoire d’amour cinématographique avec la saga. Madeleine de Proust ou pas, Arnold Schwarzenegger, l’autrichien grillé à la mode californienne est comme d’habitude là où on l’attend, au rendez vous de la vieille machine toujours parfaitement huilée qui joue plus que jamais sur son âge. Le revival est juste parfait et cela même si le scénario souffre d’un peu de complexité pour un public habitué à ce qu’on lui mâche et remâche les histoires pour une régurgitation plus aisée …

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Et oui chers amis du XXIème siècle, même le cinéma populaire nécessite parfois de ne pas simplement être bercé par le son des popcorns engloutis par votre voisine …

Une image d’échec commercial colle à la peau du film dès les premiers jours. En effet, resté onze semaines à l’affiche, Terminator Genisys n’engrange « que » 90 millions de dollars sur le territoire américain. L’échec est réel si l’on estime que le budget du film était de 155 millions… pour autant, si les Français ont le nez collés sur leur nombril, c’est également le cas de nos amis américains. Parce que voyez vous, au box office mondial, Terminator Genisys rapporte plus de 440 millions de dollars de recettes, ce qui le classe à la seconde place des meilleures recettes de la saga Terminator derrière Terminator 2 : le jugement dernier. Cameron peut dire merci au public chinois qui a lui seul rapporte 113 millions de recettes au film.

Ce résultat, jugé mauvais par les producteurs, mine le projet de suite et pourtant on est comme les chinois, on dit encore, encore et encore ….

再次,一次又一次

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