Et à la fin de la partie, ce sont toujours les anglais qui l’emportent

Share

Le tsunami n’a donc pas eu lieu. Le Royaume Uni a bien voté pour quitter l’Union européenne et pourtant, j’ai beau garder mes yeux grands ouverts : les parlementaires anglais siègent encore au Parlement européen, un nouveau commissaire britannique va être nommé dans les jours qui viennent à la Commission européenne, nos amis anglais siègent encore dans toutes les institutions et ne se montrent pas particulièrement pressés d’activer le fameux article 50 qui est nécessaire pour entamer des discussions de sortie de l’UE.

brexitMieux encore les grandes compagnies financières comme les banques qui menaçaient de fuir avec armes, bagages, emplois et capitaux ne bougent pas plus que le Gouvernement britannique … et pour cause. Les taux d’intérêts baissent, la valeur de la Livre Sterling est au plus bas ce qui est mauvais pour les importations mais excellent pour les exportations et ni les Ecossais, ni les Irlandais ne disposent des relais politiques suffisants pour enclencher des procédures institutionnelles afin de gagner leur propre indépendance.

Et si finalement le Brexit ne changeait rien pour les britanniques ?

C’est là le pari de Theresa May, la nouvelle locataire du 10 Downing Street. Celle qui fut jusqu’au bout la loyale Ministre de l’Intérieur de David Cameron a bien l’intention d’entrer dans l’histoire comme le Premier ministre qui aura gagner le Brexit et “gagner le Brexit” nécessite d’abord de battre à leur propre jeux les autres dirigeants européens.

Theresa May a gagné la première manche en jouant sur l’antipathie personnelle et politique entre Angela Merkel et François Hollande. Alors que la France réclamait une sortie immédiate, rapide et totale de l’UE, ce qui va dans le sens de l’intérêt des Etats-membres, May a obtenu le soutien de Mme Merkel pour une sortie en douceur et en longueur. La chancelière allemande qui peu à peu gagne toutes les récompenses de pire dirigeant européen de l’histoire la joue multilatérale contre un rapport de force bilatéral Bruxelles-Londres.

On le sait pourtant, les négociateurs britanniques sont de tout temps les plus retors et les plus talentueux et cette fois ci encore, ils espèrent obtenir, le beurre, l’argent du beurre et assurément une place de choix dans le lit de la crémière. Ce qu’ils veulent, c’est l’UE telle que rêvée par David Cameron : bénéficier de tous ces avantages mais à crédit. Sur la question des réfugiés par exemple les britanniques ont déjà montré leur jeux : ils veulent le maintien des accords du Touquet avec la France ce qui place de facto la frontière britannique à Calais, ils souhaitent également être associés au règlement Eurodac qui permet d’identifier les Etats par où passent chaque demandeur d’asile mais par contre, ils veulent quitter le monde ardue du Règlement Dublin qui les obligerait à reprendre en charge depuis la Grèce et l’Italie des milliers de demandeurs d’asile en déshérence. Le beurre … et l’argent du beurre !

Ce n’est bien sur qu’un exemple parmi des milliers. En fait, grâce à l’incurie politique profonde de l’administration européenne et les divisions entre les Etats-membres  le Royaume-Uni devrait sortir vainqueur de chaque round de négociation et faire du cauchemar du Brexit une perspective réjouissante pour tous les eurosceptiques du continent …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *