Independence Day : Resurgence est il un nanar ?

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On l’attendait depuis 20 ans, certains d’entre nous l’espérait, d’autres le craignait. N’écoutant que mon courage, je me suis rendu dans l’une de nos très nombreuses salles obscures et fraîches de l’été pour aller me confronter à cette résurgence de ma jeunesse…

Liam Hemsworth usher
Liam Hemsworth, Jessie Usher et Travis Tope (independence day 2016)

Permettez moi néanmoins de revenir 20 ans plus tôt quand sortait ce film, Independence Day (ID4), le 4 juillet 1996. C’est bien LE film qui a transformé Will Smith en star internationale incontestée du cinéma, bien plus que Bad Boys, sorti un an plus tôt mais au succès commercial mitigé. Pas de contestation en 1996 : le film se place comme le second plus gros succès commercial mondial de l’histoire du cinéma derrière Jurassic Park. Avec 800 millions de recettes au box-office, c’est toujours à ce jour le plus grand succès de Will Smith.

Alors, vous vous en doutez bien, le film a été étrillé par les journaux français. Ainsi, Vincent Remy, dans sa critique de l’inénarrable  Télérama, voit dans le film « une monumentale connerie, recyclage ranci d’Alien, Rencontres du troisième type, et autre Croisière du Poséidon. » Jean-Luc Wachthausen dans Le Figaro, résumait le film en « deux heures vingt minutes de trucages, d’images de synthèse, de combats gigantesques qui renvoient La Guerre des étoiles ou Top Gun au rang de charmants gadgets » et Yann Tobin dans Positif jugeait que « La niaiserie du scénario n’a d’égale que sa valeur symbolique et sociologique, dans sa culture du politiquement correct. »

Comme d’habitude, aux yeux des cinéphiles français, le monde est peuplé de crétins ignares qui commettent bien trop souvent le crime de vouloir un cinéma de divertissement qui ne fait pas réfléchir. Peut être ont ils raison, et sur la dernière partie de la phrase, je m’y retrouve pleinement.

Pour autant, ils auraient pu aussi distinguer deux publics :

ID4 (1996)
ID4 (1996)

Tout d’abord, pour grossir le trait, le public américain qui en ce jour de fête nationale d’il y a 20 ans prenait très au sérieux cette menace extra terrestre dont allait les débarrasser un génial président US ancien militaire et qui (expérience vécue) participait à la bataille en jetant du pop corn à la tête des aliens qui apparaissaient à l’écran, les huait et applaudissait fermement les héros qui in fine sauvaient la planète.

De l’autre côté de l’Atlantique (là aussi expérience vécue) on retrouve un public européen hilare qui savoure dans ce film l’humour corrosif de Will Smith, des dialogues ciselés pour transformer ce film SF en l’une des comédies les mieux réussies des années 90. Du premier au second degré, il suffit parfois de se contenter de traverser un Océan d’incompréhensions cinématographiques.

Alors qu’en est il de ce deuxième opus ? Sans l’avoir vu ni m’être renseigné, j’aurais déjà pu vous dire que Télérama et ses amis n’aiment toujours pas. En sortant de la salle, j’avais pourtant comme un doute affreux … Est ce que je venais de découvrir un nouveau Nanar en annonçant bien d’autres et à ce titre, est ce que Will Smith avait eu raison de refuser de reprendre son rôle?

Attardons-nous quelques instants sur la définition du nanar. Nanarland, la bible de tout nanarophile, nous propose la définition suivante : « un film tellement mauvais, qu’il en devient sympathique » … Ainsi, selon Télérama, la nullité du second opus parviendrait à faire du premier film un nanar … C’est Nicolas Didier qui l’écrit : “Après une réjouissante série B (White House Down), le bourrin Emmerich reprend ses vieilles habitudes, avec cette suite de son film de 1996, ou plutôt un auto-remake, tant il reprend la plupart des scènes marquantes. Triste constat : l’original, nanar à la gloire des Etats-Unis, fait, en comparaison, figure de chef-d’oeuvre.” 

Soyons honnêtes : le film n’est pas une réussite et cela tient d’abord à un scénario mal ficelé et à certains acteurs qui sont bien en dessous de leurs capacités. En gros on peut en effet s’interroger sur le travail du réalisateur Roland Emmerich qui semble ne pas avoir su par quel bout tirer la grosse ficelle. Le problème se fait sentir dans la première partie du film et l’on sait tous que c’est le premier sentiment qui compte : l’ennui se fait sentir. Après 20 ans on a un peu de mal à savoir qui est qui et qui fait quoi or Emerich passe totalement à côté de cet aspect de son travail : poser l’histoire et présenter ses personnages afin que l’on puisse ne serait ce qu’un instant s’y attacher.

Il essaye assez désespérément de répéter les qualités humoristiques de ID4 sans vraiment y parvenir. Même Jeff Goldblum, en général hilarant, fait peine à voir  tant il surjoue et parfois, diablement mal. Liam Hemsworth fait son possible pour essayer d’être enfin le héros mais ses répliques sont tellement prévisibles qu’on préfèrerait presque qu’il soit lui aussi cantonné au premier degré comme Jessie Usher. Seuls peut être Maika Monroe et Travis Tope parviennent à faire quelque chose de leurs texte. L’ensemble est donc fragile et n’est sauvé in extremis que par la seconde partie du film et quelques scènes d’action relativement bien menées. ON sort satisfait d’avoir bénéficié d’un peu de fraîcheur et attristé que finalement ID4 ne soit pas resté un simple très bon souvenir cinématographique.

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