Comme une histoire de Grace et de République triomphante

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L’année 2016 s’achève donc sur une grâce présidentielle, comme un coup de tonnerre dans la société bien pensante, celle qui croit que chaque chose doit être à sa place pour les castes modernes fondées par l’idéologie du savoir et du sachant où la légitimité ne peut surgir que de la formation, du diplôme et de la connaissance.

C’est un peu le discours du syndicat de la magistrature. Cette décision est « consternante et lamentable », déclare Virginie Duval, présidente de ce syndicat majoritaire. A l’USM, on s’indigne d’une grâce qui « remet en cause des décisions de justice », celles des jurys populaires d’assises sur la condamnation comme celles des magistrats professionnels sur la libération conditionnelle. Et de dénoncer « une nouvelle atteinte à l’indépendance de la justice par l’exécutif »… Les juges se prononcent “en droit” et sur la base d’un dossier auquel n’a pas accès le Président de la République, renvoyé au rôle, peu glorieux aux yeux des magistrats, de “politique” …

©PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE ; ©PHOTOPQR/ LA NOUVELLE REPUBLIQUE / JEROME DUTAC
JACQUELINE SAUVAGE

Ils sont les “sachant” et leur décision, par essence éclairée, ne supporte pas la contradiction des “pensant”, c’est à dire les décideurs politiques. Pour autant ils en oublie rapidement le mot fondamental, celui de “décideur”. Le Président de la République, qu’on l’apprécie ou pas est le Chef de l’Etat, le “Premier en France” selon l’expression de René Coty. Plus encore, Frédéric Sicard, le bâtonnier de Paris remet les choses à leur place en rappelant que « le propre de la justice est d’être humaine, elle peut se tromper,   Il n’est pas anormal que le premier magistrat de France, élu par le peuple au nom de qui la justice est rendue, décide pour des raisons humaines de mettre fin à une situation, même si la méthode est un peu brouillonne. »

C’est bien cela le sujet qui irrite les magistrats : ils ne sont pas (encore) au dessus de la République et du Peuple. Ils en sont (encore) les serviteurs et sont soumis à la Constitution qui, en son article 17 fixe la règle suivante : « Le président de la République a le droit de faire grâce à titre individuel. »

Il s’agit de dire qu’en dernier ressort, il revient au Peuple, plus précisément à son plus éminent et direct représentant, de corriger à la marge les situations les plus inhumaines issue d’une juste et exacte application des lois. Loin de se sentir humiliés ou remis en cause, les magistrats devraient être reconnaissants de pouvoir juger en toute quiétude quand une autorité par essence supérieure car démocratique et non administrative pourra venir faire oeuvre de salut public.

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